Comment s’inspirer du PST5 dans son entreprise ?

Le Plan santé au travail 2026-2030 n’impose aucune nouvelle obligation aux entreprises. En revanche, il constitue une excellente grille de lecture pour faire évoluer sa démarche de prévention.

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Quelques questions peuvent utilement guider la réflexion :

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Mon DUERP reflète-t-il bien les évolutions de mon entreprise ?

Introduction de nouveaux équipements ou logiciels, recours à l’intelligence artificielle, évolution des procédés, réorganisation des équipes, vieillissement des effectifs ou exposition aux fortes chaleurs… Autant de changements qui peuvent justifier une actualisation de l’évaluation des risques.

Mes actions de prévention agissent-elles suffisamment en amont ?

Le PST5 rappelle que la priorité doit être donnée à la prévention primaire : supprimer ou réduire les risques avant qu’ils ne produisent leurs effets, plutôt que gérer uniquement leurs conséquences.

Certains publics méritent-ils une attention particulière ?

L’accueil des nouveaux embauchés, l’accompagnement des jeunes salariés, la prévention de l’usure professionnelle, la santé des femmes ou le maintien dans l’emploi peuvent constituer des axes de progrès dans de nombreuses entreprises.

Les nouveaux risques sont-ils pris en compte ?

Santé mentale, changement climatique, évolution des organisations du travail, transformations numériques… Le PST5 invite les entreprises à intégrer ces enjeux dans leur réflexion, même lorsqu’ils ne sont pas encore à l’origine d’accidents ou de difficultés identifiées.

Une véritable culture de prévention est-elle installée dans l’entreprise ?

Au-delà du respect des obligations réglementaires, le PST5 encourage les entreprises à développer une véritable culture de prévention, partagée par la direction, l’encadrement et les salariés. L’objectif est de faire de la prévention un réflexe collectif et un véritable outil de management et de pilotage de l’entreprise.

Malaises mortels au travail : former au secourisme peut sauver des vies !

« La grande majorité des accidents du travail mortels ne sont ni liés à une chute, ni à une machine, ni à un choc électrique mais à des « malaises » dépourvus de cause apparente ».

En 2024, sur les 760 décès accidentels reconnus en lien avec le travail, près de 60 % correspondent à un malaise mortel, généralement assimilé à une mort subite cardiaque.
Une étude de l’INRS permet de cerner le profil des victimes. Les hommes représentent 88 % des cas et l’âge médian est de 53 ans. Les conducteurs de poids lourds sont les plus touchés (15 %), devant les cadres et dirigeants (8 %). Enfin, 83 % des victimes exerçaient une activité habituelle au moment du malaise et 73 % étaient seules, sans être pour autant des travailleurs isolés au sens réglementaire.

Rôle déterminant des Secouristes sauveteurs du travail (SST)

L’analyse met aussi en évidence plusieurs facteurs susceptibles d’accroître le risque cardiovasculaire : les activités physiques soutenues, le travail de nuit et les horaires atypiques, l’exposition au froid ou à la chaleur, mais aussi les risques psychosociaux et la sédentarité.
Autant de facteurs sur lesquels les entreprises peuvent agir par des démarches de prévention.

Mais la prévention ne s’arrête pas à la réduction des facteurs de risque. Lorsqu’un arrêt cardiaque survient, les premières minutes sont déterminantes. C’est pourquoi l’INRS appelle les entreprises à former davantage de Sauveteurs secouristes du travail (SST). Présents au plus près des salariés, ils sont en mesure de reconnaître rapidement une urgence vitale, d’alerter les secours et de prodiguer les premiers gestes qui peuvent faire la différence avant l’arrivée des équipes médicales. Les SST sauvent des vies et constituent un maillon essentiel de la chaîne des secours.

Enfin, l’étude rappelle l’importance du suivi médical. La visite de mi-carrière, réalisée par les services de prévention et de santé au travail, constitue un moment privilégié pour évaluer le risque cardiovasculaire et informer les salariés des symptômes qui doivent les alerter.
De nombreuses victimes avaient en effet ressenti, dans les heures ou les jours précédant le malaise, des signes précurseurs qu’ils n’ont pas pris suffisamment au sérieux.
Toutes les morts subites ne peuvent être évitées, mais une entreprise qui agit sur les facteurs de risque, organise efficacement les secours et dispose d’un nombre suffisant de Sauveteurs secouristes du travail met toutes les chances de son côté pour sauver des vies.

(1) Malaises mortels au travail : analyse de la base Epicea et pistes de prévention in Références en santé au travail, n°186, juin 2026.

DOCUMENT UNIQUE – Durcissement sans précédent des sanctions

« cette nouvelle procédure, plus rapide que la voie pénale, renforce considérablement l’obligation, pour toutes les entreprises, d’évaluer et de mettre à jour leurs risques professionnels dès le premier salarié »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’État entend désormais frapper très fort les employeurs qui ne respectent pas leurs obligations en matière de prévention des risques professionnels. La loi de lutte contre les fraudes, récemment adoptée, crée en effet une amende administrative permettant à l’Inspection du travail de sanctionner directement l’absence de Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ou son défaut de mise à jour (1).

Des amendes colossales

Et les montants annoncés ont de quoi marquer les esprits : jusqu’à 4 000 euros par salarié concerné, et le double en cas de récidive ! Pour une entreprise de cinq salariés, la sanction initiale pourrait donc atteindre d’emblée 20 000 euros. Comme le soulignent les juristes des Éditions Tissot, « cette nouvelle procédure, plus rapide que la voie pénale, renforce considérablement l’obligation, pour toutes les entreprises, d’évaluer et de mettre à jour leurs risques professionnels dès le premier salarié ». Il est vrai que, près de vingt-cinq ans après le décret de novembre 2001 ayant instauré le document unique, la situation reste très insatisfaisante. Selon les dernières données officielles disponibles, seules 46 % des entreprises françaises disposent d’un DUERP à jour. Ce taux tombe même à 41 % dans les structures de moins de dix salariés. Ce constat est regrettable. Car, au fil des milliers de missions d’accompagnement que nous avons menées depuis plus de vingt ans auprès d’entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, nous avons pu mesurer combien le DUERP constitue le socle indispensable d’une prévention efficace. Lorsqu’il est sérieusement construit, il permet à l’entreprise d’identifier ses risques réels, de hiérarchiser ses priorités et d’engager des actions cohérentes, concrètes et adaptées à son activité.
En tant que professionnels de la prévention, nous sommes donc des défenseurs convaincus du document unique. Nous souhaitons sincèrement qu’un nombre croissant d’entreprises se l’approprient et découvrent qu’il ne s’agit pas d’une formalité administrative supplémentaire, mais bien d’un outil opérationnel au service de la sécurité, de la santé au travail et, plus largement, de la performance de l’entreprise.

Préférer l’adhésion

C’est précisément pour cette raison que le nouveau dispositif nous inquiète. Car le risque existe que certaines entreprises, sous la pression de sanctions désormais très lourdes, ne réalisent leur DUERP qu’à contrecœur, dans le seul objectif d’éviter l’amende. Ce serait un paradoxe regrettable : en faisant du document unique un objet de contraintes et de sanctions, on risque de valider l’idée qu’il ne serait qu’un papier de plus à produire pour être en règle.
Or le DUERP ne devrait jamais être perçu comme une vulgaire formalité bureaucratique. Il devrait être vu comme ce qu’il est réellement : un outil de performance globale, bénéfique à la santé des salariés et à celle de l’entreprise. Tel est, en tout cas, l’esprit dans lequel nous continuerons, pour notre part, à accompagner nos clients dans leur démarche d’évaluation et de prévention des risques professionnels. Plus que jamais, la culture de prévention doit miser prioritairement sur l’adhésion.

(1) Projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, définitivement adopté le 11 mai 2026, article 48, II.

(2) editions-tissot.fr

Smartphone au volant – le risque que tout le monde sous-estime

Le risque routier professionnel demeure l’une des premières causes de mortalité au travail. À ce titre, les employeurs ont une responsabilité juridique.

Téléphoner en conduisant est devenu un geste banal. Or, comme cela a été souligné lors des récentes Journées de la sécurité routière au travail, le cerveau humain est pourtant incapable d’assurer correctement ces deux tâches en même temps. Si bien que cette habitude est désormais l’un des principaux facteurs de distraction et d’accident sur la route.

À l’occasion des Journées de la sécurité routière au travail, organisée du 18 au 22 mai 2026, la question du téléphone au volant s’est imposée comme l’un des thèmes centraux des campagnes de prévention menées auprès des entreprises et des salariés (1). Et pour cause : malgré des années de sensibilisation, l’usage du smartphone au volant continue de progresser, au point de devenir l’un des comportements à risque les plus banalisés sur les routes françaises.

Une pratique banalisée

Les chiffres publiés par la Fondation VINCI Autoroutes dans son Baromètre 2026 de la conduite responsable sont révélateurs (1). Quelque 77 % des conducteurs français déclarent utiliser leur smartphone ou programmer leur GPS au volant, tandis que 62 % téléphonent en conduisant via un système Bluetooth ou un kit mains libres. Plus inquiétant encore : 29 % reconnaissent lire ou envoyer des SMS ou des mails en roulant.

Cette banalisation est d’autant plus préoccupante que le téléphone au volant reste largement sous-estimé dans ses conséquences réelles. Beaucoup d’automobilistes continuent de penser qu’un appel « rapide », surtout avec un kit mains libres, présenterait peu de danger. Or cette idée est fausse.

Un problème cognitif

Le problème ne réside pas uniquement dans le fait de tenir un appareil en main. Le risque principal est cognitif : téléphoner mobilise une partie de l’attention du conducteur et réduit sa capacité à analyser son environnement. Les données de la Sécurité routière rappellent qu’avec ou sans kit mains libres, une personne qui téléphone en conduisant enregistre environ 30 % d’informations en moins qu’un conducteur pleinement attentif. Les conséquences sur la conduite sont très concrètes : elles débouchent en effet sur une augmentation très significative du temps de réaction et de la distance de freinage, réduction du champ de vision, difficulté à maintenir sa trajectoire. À 50 km/h, le simple fait de téléphoner fait passer la distance d’arrêt d’environ 28 à 35 mètres. Quant à la lecture d’un message, elle multiplie par 23 le risque d’accident et détourne les yeux de la route pendant plusieurs secondes.

La fausse solution du kit mains libres

Le kit mains libres Bluetooth, souvent perçu comme une solution sécurisée, entretient donc une illusion de sécurité. Certes, il évite de manipuler physiquement le téléphone, mais il ne supprime pas la distraction mentale provoquée par la conversation. Plusieurs études montrent même que le cerveau du conducteur continue à « décrocher » partiellement de la conduite lorsqu’il échange au téléphone, en particulier lors de discussions émotionnelles, complexes ou liées au travail.
Le danger est d’autant plus insidieux que cette conversation téléphonique donne au conducteur un sentiment de maîtrise. Or le cerveau humain ne sait pas réellement conduire et gérer simultanément une conversation exigeante sans dégrader sa vigilance. Et cette perte d’attention survient souvent sans que le conducteur en ait pleinement conscience.

Un risque professionnel à prévenir

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Formation en ligne aux risques routiers.

Afin de sensibiliser ses collaborateurs aux risques routiers et favoriser l’adoption d’une solide culture de prévention, il est aussi possible de les inscrire à des formations dédiées au risque routier.

Le groupe Pôle Prévention propose notamment une formation interactive en ligne que chaque salarié peut suivre au fil de ses disponibilités via un ordinateur, une tablette ou un smartphone. Pour en savoir plus : www.pole-prevention.com/formation/e-learning/