Après celui des Landes, les préfets des départements du Lot-et-Garonne, de la Charente Maritime et du Pas-de-Calais ont décidé, début février, que les conducteurs interceptés pour usage du téléphone recevront non seulement un avis de contravention, mais aussi un arrêté préfectoral de suspension du permis de conduire.
Vous avez probablement lu ou entendu que certains préfets avaient récemment pris des décisions drastiques en matière de lutte contre l’insécurité routière, en réaction au mauvais bilan de l’année 2025. En effet, l’Observatoire National de la Sécurité Routière (ONISR) déplore 3 513 tués (+ 2,4 %) sur les routes de France en 2025, et 244 000 blessés, dont 16 600 gravement. L’association Prévention Routière s’inquiète : l’objectif de réduction de 50 % des tués et des blessés graves sur la décennie est sérieusement menacé. Pour l’atteindre, il serait nécessaire de diminuer ce bilan de 13 % par an jusqu’en 2030…
Les principales causes d’accident mortel sont la vitesse, l’alcool, la drogue, et ce que les professionnels de la prévention appellent les « distracteurs », autrement dit, le téléphone au volant. Si la consommation d’alcool est un facteur présent dans 25 % des cas, le téléphone l’est, lui, dans 15 % des accidents corporels.
Renforcement du dispositif légal et réglementaire
Le dispositif légal et réglementaire visant à réprimer ce comportement dangereux a été renforcé il y a six ans.
En effet, depuis le 27 décembre 2019, les officiers et agents de police judiciaire procèdent à la rétention immédiate du permis de conduire du conducteur intercepté, pour une infraction en matière d’usage du téléphone tenu en main constatée simultanément avec une des infractions en matière de respect des règles de conduite des véhicules, de vitesse, de croisement, de dépassement, d’intersection et de priorités de passage (article L 224-1 du Code de la route). Le préfet, informé de la rétention fondée sur le cumul d’infractions, peut alors prendre un arrêté de suspension du permis de conduire dans les 72 heures, dans le cadre de la procédure d’urgence prévue à l’article L 224-2 du Code de la route.
Le 22 mai 2020 est entré en vigueur le décret ayant ajouté la possibilité, pour le tribunal, de prononcer une peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour les infractions d’usage du téléphone au volant (article R 412-6-1 du Code de la route). Nous rappelons ici que l’infraction n’est pas circonscrite à l’usage du téléphone tenu en main. En effet, y est assimilé le port à l’oreille de tout dispositif susceptible d’émettre du son, à l’exception des appareils électroniques correcteurs de surdité. Remarque : l’usage du dispositif intégré au véhicule, ou intégré au casque, est autorisé.
Concrètement, le conducteur arrêté pour simple usage du téléphone (ou port d’une oreillette) se voit remettre un avis de contravention lui permettant de s’acquitter d’une amende 135 €, minorée à 90 €, ce qui entraîne un retrait de 3 points du permis de conduire. Ce n’est qu’en cas de renvoi devant le tribunal de police, notamment en cas de contestation de cet avis, que le conducteur s’expose à la peine complémentaire de suspension du permis de conduire. Notons que le texte prévoit la possibilité pour le juge d’aménager la suspension pour raisons professionnelles.
Une expérimentation landaise imitée dans trois autres départements
En octobre 2025, le préfet des Landes a lancé une expérimentation visant à sanctionner plus radicalement l’usage du téléphone au volant, en s’appuyant sur la procédure dite « de droit commun » de l’article L 224-7 du Code de la route, qui prévoit que « Saisi d’un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l’État dans le département où cette infraction a été commise peut […] prononcer à titre provisoire […] la suspension du permis de conduire ou l’interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n’en est pas titulaire. » Les préfets des départements du Lot-et-Garonne, de la Charente-Maritime et du Pas-de-Calais lui ont emboîté le pas début février.
Dans ces départements, les conducteurs interceptés pour usage du téléphone recevront non seulement un avis de contravention, mais aussi un arrêté préfectoral de suspension du permis de conduire. Les barèmes (qui sont fixés librement par chaque préfecture à l’intérieur des durées maximales définies par la loi et les règlements) prévoient une durée de suspension de principe de deux mois. Nous soulignons ici que même si la peine de suspension complémentaire prévue par l’article R 412-6-1 du code de la route est aménageable par le tribunal de police, ce n’est pas le cas des suspensions administratives. Lire la suite →
Consensus croissant sur les enjeux de santé et sécurité au travail
/dans Mutations du travail, Qualité de vie au travail /par la rédaction et les intervenants de Point Org Sécurité ©La 8e édition du baromètre Syndex47 réalisée avec l’Ifop à l’automne 2025, confirme une évolution majeure du dialogue social en France : la santé, la sécurité et les conditions de travail s’imposent comme la priorité absolue, partagée par l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Représentants du personnel, salariés et dirigeants s’accordent désormais sur cette hiérarchie des préoccupations, signe d’un rapprochement progressif des perceptions.
Convergences des perceptions
Sans surprise, ce sont les représentants du personnel qui expriment la sensibilité la plus forte à ces enjeux. Pour 94 % d’entre eux, la santé physique et mentale, les conditions de travail et la sécurité constituent des sujets prioritaires du dialogue social. Mais cette préoccupation est également majoritaire chez les salariés (65 % à 76 % selon les dimensions) et s’impose aussi chez les dirigeants, où elle progresse nettement. Dans le détail, 75 % (+ 5 points) des dirigeants estiment que la sécurité au travail est un sujet prioritaire.
Et la même dynamique s’observe s’agissant des conditions de travail, jugées prioritaires par 60 % d’entre eux (+ 7 points), et dans une moindre mesure pour la santé et les risques psychosociaux, (57 %, + 1 point).
Cette convergence s’explique en partie par la persistance de situations jugées préoccupantes sur le terrain. Plus de quatre représentants du personnel sur dix estiment que le risque d’accident du travail est élevé dans leur entreprise, avec des niveaux particulièrement marqués dans certains secteurs comme l’agriculture, l’industrie ou le BTP. Dans le même temps, une majorité d’acteurs considère que les entreprises n’ont pas encore pleinement conscience de la pénibilité et de l’usure professionnelle : 75 % des représentants du personnel et 49 % des salariés partagent ce constat.
Socle commun de priorités
Pour autant, le fait nouveau réside dans l’évolution du regard des directions qui apparaissent de plus en plus conscientes de leur importance stratégique. Bien sûr, ce mouvement n’efface pas les tensions qui traversent encore le dialogue social.
Dans un contexte économique jugé morose, 58 % des représentants du personnel perçoivent leur direction comme « tendue », et déplorent que l’influence des instances représentatives demeure limitée. Mais l’existence d’un socle commun de priorités, centré sur la santé et les conditions de travail, constitue un point d’appui solide pour lancer des actions concrètes soutenues par l’ensemble des acteurs de l’entreprise.
Cette 8e édition du baromètre Syndex confirme ainsi que la santé au travail s’impose de plus en plus comme un enjeu partagé, au cœur des préoccupations collectives, et dont la prise en compte améliore aussi bien au climat social que la performance économique.
8e Baromètre Syndex sur l’état du dialogue social en France, réalisé par l’Ifop pour le Syndex, janvier 2026.
Santé mentale au travail – Une amélioration à consolider
/dans Mutations du travail, Prévention des risques, Risques psychosociaux /par la rédaction et les intervenants de Point Org Sécurité ©Alors que la santé mentale a été érigée en Grande Cause nationale, la nouvelle édition de la « Grande enquête sur la santé mentale au travail » menée par l’Ifop pour Moka Care, le BCG et le GHU Paris psychiatrie & neurosciences dresse un constat nuancé. Si les indicateurs s’améliorent légèrement en 2026, les fragilités restent profondes et les perceptions se durcissent. Pour les employeurs, cette enquête constitue une incitation à envisager la santé mentale comme un enjeu stratégique à inscrire au cœur de leur politique managériale.
La santé mentale des salariés français s’améliore, mais modestement. Le score moyen de bien être atteint 62,8/100 en 2026, contre 59,8 un an plus tôt. Au total, 74 % des salariés sont considérés en état de bien-être mental.
Une amélioration réelle mais encore fragile
Cette évolution ne doit cependant pas masquer l’ampleur des difficultés persistantes. Un salarié sur quatre reste en situation de mal-être, et 7 % présentent un niveau de détresse psychologique comparable à une dépression. Surtout, près de sept salariés sur dix déclarent avoir déjà ressenti un trouble de santé mentale lié au travail au cours de leur carrière. Autrement dit, l’amélioration est bien réelle, mais elle repose sur une dynamique encore très fragile.
Signe incontournable, le burn-out s’installe désormais dans le paysage professionnel comme un phénomène durable. Près d’un quart des salariés déclare avoir connu un épisode d’épuisement professionnel au cours des cinq dernières années. Parmi eux, seuls 36 % ont été arrêtés, tandis que 26 % ont continué à travailler malgré un diagnostic médical.
Ce phénomène de « présentéisme pathologique » constitue un enjeu majeur pour les entreprises. Il traduit à la fois une difficulté à détecter les situations de fragilité et une pression implicite à rester en activité, qui ne vient pas tant de la hiérarchie que des collectifs de travail.
Propension inquiétante au déni voire à la stigmatisation
En effet, alors que la santé mentale s’impose dans le débat public et que les entreprises s’emparent du sujet, les représentations individuelles semblent évoluer en sens inverse. L’enquête met ainsi en évidence un net durcissement des perceptions à l’égard des fragilités psychologiques. Ainsi, 32 % des salariés considèrent désormais les troubles psychiques comme un signe de faiblesse (+ 10 points en un an), et 29 % estiment que consulter un psychologue constitue un échec (+ 12 points).
Ce retour des tabous constitue un signal d’alerte pour les entreprises. Comme le souligne le BCG, « la banalisation du sujet ne signifie pas sa déstigmatisation ». Au contraire, une partie des salariés semble intérioriser davantage la difficulté, au risque de retarder les démarches de prise en charge. Pour les employeurs, cela renforce l’importance de créer un environnement de travail où la parole peut circuler sans crainte de jugement ni de sanction implicite.
Le travail peut “faire la santé”
C’est un enjeu crucial, car il détermine pour une large part l’impact du travail sur la santé. L’enquête confirme en effet que le travail a des effets ambivalents : il peut être une source de fragilisation, mais aussi un puissant facteur de protection face à d’autres facteurs de vulnérabilité.
Dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques, économiques et climatiques, 7 salariés sur 10 déclarent que ces facteurs externes ont un impact négatif sur leur santé mentale. Dans ce contexte, le travail apparaît comme un stabilisateur : 70 % des salariés estiment qu’il a un effet positif sur leur équilibre psychique. Ce résultat est essentiel pour les employeurs. Il rappelle que l’entreprise n’est pas seulement un lieu d’exposition aux risques psychosociaux : elle peut aussi constituer un espace structurant, protecteur, voire réparateur.
Mais encore faut-il que certaines conditions soient réunies. L’étude montre en effet que la qualité de vie au travail dépend fortement de facteurs organisationnels : équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, adéquation des valeurs, charge de travail maîtrisée.
Un enjeu de performance
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IA et télétravail – Entre promesses et nouvelles fragilités
/dans Intelligence Artificielle, Mutations du travail, Prévention des risques /par la rédaction et les intervenants de Point Org Sécurité ©Si l’enquête met principalement en lumière les déterminants classiques de la santé mentale au travail, elle apporte également des enseignements éclairants sur deux transformations majeures du monde professionnel : l’essor de l’intelligence artificielle et la généralisation du télétravail.
Du côté de l’IA, les perceptions apparaissent nettement ambivalentes. Près d’un salarié sur deux considère que ces outils peuvent améliorer son efficacité au quotidien, notamment en automatisant certaines tâches répétitives. Mais, dans le même temps, 41 % des salariés expriment des inquiétudes quant à leur impact sur l’emploi, et plus d’un tiers redoutent une intensification du travail.
Cette tension se retrouve dans ses effets sur la santé mentale. Si une partie des salariés y voit une opportunité, 38 % estiment que l’IA peut générer du stress supplémentaire, en raison notamment de l’accélération des rythmes de travail et de la nécessité d’adapter en permanence ses compétences. Pour les employeurs, l’enjeu est donc d’accompagner ces usages, en veillant à préserver les équilibres et à donner du sens aux transformations en cours.
La même ambivalence se retrouve au sujet du télétravail. Ce dernier est largement plébiscité : 76 % des salariés concernés estiment qu’il améliore leur qualité de vie et 69 % qu’il favorise un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Mais ces bénéfices s’accompagnent de fragilités bien identifiées. Plus d’un salarié en télétravail sur deux (52 %) évoque un sentiment d’isolement accru, tandis que 47 % déclarent avoir des difficultés à déconnecter. Par ailleurs, 44 % estiment que le télétravail brouille les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle.
L’enquête souligne ainsi que les effets du télétravail dépendent étroitement de son organisation. Bien encadré, il constitue un levier de bien-être ; mal régulé, il peut au contraire accentuer les risques psychosociaux.
Au croisement de ces deux dynamiques, un constat s’impose : les transformations technologiques et organisationnelles ne sont pas neutres. Elles redessinent en profondeur les conditions de travail et appellent, plus que jamais, un accompagnement prenant en compte la prévention des risques professionnels.
De la passion à l’équilibre – De nouvelles aspirations professionnelles ?
/dans Mutations du travail, Revues & publications /par la rédaction et les intervenants de Point Org Sécurité ©Longtemps érigé en idéal, le « métier passion » semble aujourd’hui perdre de son attrait au point que même la presse grand public s’intéresse à ce basculement. Un récent article publié par le magazine Marie France souligne ainsi que de plus en plus d’actifs, notamment parmi les plus jeunes, se détournent des carrières exigeantes sur le plan émotionnel pour privilégier des emplois jugés plus « tranquilles », offrant stabilité, horaires maîtrisés et moindre charge mentale (1).
Nouveau rapport au travail
Cette évolution n’est pas tout à fait inédite. Des enquêtes réalisées par l’institut Ipsos sur le rapport au travail des Français montrent que si 83 % des salariés restent attachés à leur
entreprise, ils développent de plus en plus un « engagement raisonné » (2). Autrement dit, ils continuent à s’impliquer, mais en posant des limites claires. Dans le même temps, 7 salariés sur 10 estiment que le travail n’est plus leur seul objectif de vie (3). Là encore, le message est limpide : l’emploi n’est plus appelé à structurer l’ensemble de l’existence.
L’article de Marie France évoque ainsi le parcours emblématique d’une salariée ayant quitté un emploi pourtant « passionnant », mais chronophage et impliquant, pour un poste plus routinier, mais compatible avec une vie personnelle préservée. Ce type de trajectoire, de plus en plus fréquent, illustre une aspiration à dissocier travail et accomplissement personnel, au profit d’un équilibre mieux maîtrisé. Cette évolution se retrouve dans les typologies récentes de l’engagement. Les travaux de l’Ifop montrent ainsi que seuls 38 % des salariés peuvent être considérés comme engagés, tandis que 40 % adoptent une posture « neutre » et 22 % se déclarent carrément désengagés (4). Ce groupe intermédiaire, désormais majoritaire, correspond précisément à des salariés qui accomplissent leur travail consciencieusement mais sans y investir une forte dimension émotionnelle comme cela était encore souvent de mise dans des années 1990 à 2020.
Pour un pacte simple et clair
Pour les entreprises, le signal est fort. À l’heure où les difficultés de recrutement persistent et où la santé mentale s’impose comme un enjeu majeur, il devient probablement nécessaire de repenser le pacte proposé aux salariés.
Celui-ci ne peut plus reposer uniquement sur la promesse d’un travail « engageant », « passionnant » ou « porteur de sens ». Il doit avant tout garantir un cadre lisible, des exigences proportionnées et une véritable sécurité, tant organisationnelle que psychologique.
Autrement dit, face à des salariés qui aspirent à « travailler pour vivre », les entreprises ont sans doute intérêt à réhabiliter les vertus d’un contrat clair et équilibré. Car c’est peut-être dans cette simplicité retrouvée que se joue, désormais, la fidélité des collaborateurs… et, plus largement, la performance durable des organisations. n
(1) Marie France, 24 janvier 2026. (2) Ipsos x Pluxee, Baromètre de l’engagement au travail, 2026. (3) Ipsos, Enquête sur le rapport au travail, 2025-2026. (4) Ifop, Études sur l’engagement au travail, 2024-2025.
Téléphone au volant – Des préfets passent à l’offensive
/dans Lois, normes & décrets, Risques routiers professionnels /par la rédaction et les intervenants de Point Org Sécurité ©Vous avez probablement lu ou entendu que certains préfets avaient récemment pris des décisions drastiques en matière de lutte contre l’insécurité routière, en réaction au mauvais bilan de l’année 2025. En effet, l’Observatoire National de la Sécurité Routière (ONISR) déplore 3 513 tués (+ 2,4 %) sur les routes de France en 2025, et 244 000 blessés, dont 16 600 gravement. L’association Prévention Routière s’inquiète : l’objectif de réduction de 50 % des tués et des blessés graves sur la décennie est sérieusement menacé. Pour l’atteindre, il serait nécessaire de diminuer ce bilan de 13 % par an jusqu’en 2030…
Les principales causes d’accident mortel sont la vitesse, l’alcool, la drogue, et ce que les professionnels de la prévention appellent les « distracteurs », autrement dit, le téléphone au volant. Si la consommation d’alcool est un facteur présent dans 25 % des cas, le téléphone l’est, lui, dans 15 % des accidents corporels.
Renforcement du dispositif légal et réglementaire
Le dispositif légal et réglementaire visant à réprimer ce comportement dangereux a été renforcé il y a six ans.
En effet, depuis le 27 décembre 2019, les officiers et agents de police judiciaire procèdent à la rétention immédiate du permis de conduire du conducteur intercepté, pour une infraction en matière d’usage du téléphone tenu en main constatée simultanément avec une des infractions en matière de respect des règles de conduite des véhicules, de vitesse, de croisement, de dépassement, d’intersection et de priorités de passage (article L 224-1 du Code de la route). Le préfet, informé de la rétention fondée sur le cumul d’infractions, peut alors prendre un arrêté de suspension du permis de conduire dans les 72 heures, dans le cadre de la procédure d’urgence prévue à l’article L 224-2 du Code de la route.
Le 22 mai 2020 est entré en vigueur le décret ayant ajouté la possibilité, pour le tribunal, de prononcer une peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour les infractions d’usage du téléphone au volant (article R 412-6-1 du Code de la route). Nous rappelons ici que l’infraction n’est pas circonscrite à l’usage du téléphone tenu en main. En effet, y est assimilé le port à l’oreille de tout dispositif susceptible d’émettre du son, à l’exception des appareils électroniques correcteurs de surdité. Remarque : l’usage du dispositif intégré au véhicule, ou intégré au casque, est autorisé.
Concrètement, le conducteur arrêté pour simple usage du téléphone (ou port d’une oreillette) se voit remettre un avis de contravention lui permettant de s’acquitter d’une amende 135 €, minorée à 90 €, ce qui entraîne un retrait de 3 points du permis de conduire. Ce n’est qu’en cas de renvoi devant le tribunal de police, notamment en cas de contestation de cet avis, que le conducteur s’expose à la peine complémentaire de suspension du permis de conduire. Notons que le texte prévoit la possibilité pour le juge d’aménager la suspension pour raisons professionnelles.
Une expérimentation landaise imitée dans trois autres départements
En octobre 2025, le préfet des Landes a lancé une expérimentation visant à sanctionner plus radicalement l’usage du téléphone au volant, en s’appuyant sur la procédure dite « de droit commun » de l’article L 224-7 du Code de la route, qui prévoit que « Saisi d’un procès-verbal constatant une infraction punie par le présent code de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, le représentant de l’État dans le département où cette infraction a été commise peut […] prononcer à titre provisoire […] la suspension du permis de conduire ou l’interdiction de sa délivrance lorsque le conducteur n’en est pas titulaire. » Les préfets des départements du Lot-et-Garonne, de la Charente-Maritime et du Pas-de-Calais lui ont emboîté le pas début février.
Dans ces départements, les conducteurs interceptés pour usage du téléphone recevront non seulement un avis de contravention, mais aussi un arrêté préfectoral de suspension du permis de conduire. Les barèmes (qui sont fixés librement par chaque préfecture à l’intérieur des durées maximales définies par la loi et les règlements) prévoient une durée de suspension de principe de deux mois. Nous soulignons ici que même si la peine de suspension complémentaire prévue par l’article R 412-6-1 du code de la route est aménageable par le tribunal de police, ce n’est pas le cas des suspensions administratives. Lire la suite →