
« Une direction qui assume qu’aucune urgence professionnelle ne justifie un appel au volant contribue à faire évoluer durablement les pratiques ».
Le bannissement de l’usage du téléphone au volant ne peut pas reposer uniquement sur la responsabilité individuelle des salariés. Il doit faire l’objet d’une politique de sensibilisation et de prévention. Les entreprises disposent de plusieurs leviers d’action concrets et faciles à mettre en œuvre.
La première mesure consiste à formaliser une règle claire. De nombreuses entreprises adoptent une charte interdisant explicitement les appels téléphoniques au volant, y compris avec kit mains libres. C’est essentiel pour lever les ambiguïtés managériales et éviter que les salariés ne se sentent obligés de répondre immédiatement.
L’organisation du travail joue également un rôle central. Les employeurs peuvent prévoir des temps de déplacement réalistes, limiter les réunions téléphoniques pendant les trajets ou encore instaurer des consignes simples : laisser les appels basculer sur messagerie, rappeler uniquement à l’arrêt, programmer les GPS avant le départ.
Certaines entreprises encouragent aussi l’usage des fonctions « mode conduite » des smartphones, qui bloquent les notifications et envoient automatiquement un message indiquant que le salarié est au volant. La Sécurité routière recommande également de placer le téléphone hors de portée pendant le trajet ou de le confier à un passager qui, lui, aura
toute latitude pour répondre aux appels urgents.
La sensibilisation reste un outil indispensable. Présenter les effets réels de la distraction cognitive, montrer l’allongement des distances de freinage ou rappeler qu’un message lu à 50 km/h correspond à plusieurs dizaines de mètres parcourus sans regarder la route permet souvent de déconstruire les idées reçues.
Enfin, l’exemplarité managériale demeure déterminante. Un manager qui appelle régulièrement ses équipes pendant leurs déplacements entretient implicitement une norme dangereuse. À l’inverse, une direction qui assume qu’aucune urgence professionnelle ne justifie un appel au volant contribue à faire évoluer durablement les pratiques.
