Prévenir les risques professionnels, un investissement très rentable !

rentabilité économique des actions de prévention

Rentabilité économique des actions de prévention

Rentabilité économique des actions de prévention : la preuve par cinq cas concrets

Les études françaises et internationales consacrées à la rentabilité économique des actions de prévention des risques professionnelles tendent à démontrer que ces dernières bénéficient, en moyenne, d’un retour sur investissement d’environ 2 euros pour chaque euro investi. Toutefois, ce résultat étant une moyenne, de nombreux décideurs le jugent abstrait. Ils ont notamment tendance à croire que cette rentabilité ne s’obtient qu’à la suite d’actions de prévention complexes et non nécessairement reproductibles dans leur entreprise. Les cas concrets – et réels – présentés par une récente note technique d’Eurogip démontrent le contraire. Lorsque le risque prévenu est bien évalué, identifié et ciblé, des actions de prévention généralement simples et peu onéreuses permettent d’obtenir des résultats en seulement quelques mois avec, à la clé, une augmentation significative de la performance économique de l’entreprise.

Voici, à titre d’exemple, cinq de ces retours d’expérience variés et inspirants.

  1. HAW (collecte des déchets,143 salariés)

HAW est une entreprise allemande de 135 salariés travaillant dans la gestion des déchets. Les accidents durant les phases de chargement des déchets étaient très fréquents : 30 en 2009 conduisant à des arrêts de travail d’un à trente jours. Les accidents typiques étaient des chutes en manquant les marches des véhicules et des glissades durant la collecte.

Leur coût, incluant les durées non travaillées des équipes, les premiers soins, les ana­lyses des accidents, la réorganisation du travail, a été évalué à 48 039 € en 2011.

Les mesures de prévention ont consisté en la mise en place d’ateliers réguliers de discussion entre employés, dédiés à l’analyse des accidents. Par ailleurs, l’en­treprise a investi dans des chaussures de travail plus stables. L’entreprise a amorti son investissement en 1,3 année et a observé un retour sur investissement de 1,7, le principal effet observé étant la baisse sensible des accidents du travail déclarés.

  1. Steiskal (boulangerie, 60 salariés)

Steiskal est une entreprise allemande spécialisée dans la boulangerie qui connaissait un nombre élevé d’accidents de la route pendant les livraisons. En 2009, leur coût total, avait été évalué à 47.062 €.

Afin de réduire le nombre d’accidents, l’entreprise a élaboré de nouvelles consignes de sécurité pour ses livreurs et les a fait participer à une formation de sécurité routière, en partie financée par l’assurance accident.

Le coût de la formation s’est élevé à 2300 € pour l’entreprise. Grâce à la baisse importante du nombre d’accident, cet investissement a été ren­tabilisé dès la première année avec un retour sur investissement exceptionnel de 59,10 !

  1. Statga (fabrication de mobilier, 90 salariés)

Les employés de cette entreprise lituanienne de fabrication de mobilier de bureau se plai­gnaient que le système de ventilation, les respirateurs et les lunettes de protection ne les isolaient pas suffisamment de la poussière, de la fumée et des particules métalliques. En 2010, la direction a décidé de choisir un nouveau fournisseur d’équipements de protection indivi­duelle en permettant aux salariés de le choisir après des tests en condition réelle. Les salariés se sont sentis moins exposés aux risques chimiques, plus à l’aise et plus motivés : les nouveaux systèmes sont en effet plus faciles à utiliser, moins onéreux et permettent aux salariés d’être plus productifs. L’investissement a été rentabilisé en moins d’un an et a été à l’origine d’un retour sur investissement de 1,50.

  1. Stijlvolle Tuinen (pose de sols de jardins, 4 salariés)

Cette TPE néerlandaise spécialisée dans la pose de sols de jardin était confrontée aux problèmes de dos de ses salariés entraînant un taux d’ab­sentéisme pour congé maladie était de 3,82 %.

L’achat d’un appareil de levage pour soulever les pierres lourdes a permis résolu le problème : la charge portée a été réduite, la pose est devenue de meilleure qualité et le temps nécessaire à la pose a diminué.

L’investissement a été amorti en moins d’un an tandis que le retour sur investissement a été évalué à 4,6.

  1. Fussboden Brandenburg (pose de revêtements de sol, 6 salariés)

Les employés de cette TPE allemande sont exposés, lors de la pose de lino­leum et de moquette, à des postures forcées et au port de charges lourdes, qui engendraient des TMS, pour un coût total de 7.343 € en 2005. Afin d’y remédier, elle a lancé un programme de renforcement du dos et d’appren­tissage des bonnes postures grâce à la venue d’un instructeur sportif.

Aucune incapacité de travail n’a été relevée pendant le programme (2005 et 2006), ni aucune absence du fait de problèmes de dos. Au total, la TPE a récupéré son investissement en 2,16 années et a observé un retour sur investissement de 1,80 sur cinq ans.

http://www.eurogip.fr/fr/