Émilie Noel : “Plus de 20 000 salariés de TPE et PME se sont déjà formés avec la Preven-Box.

« Le chef d’entreprise et les chefs d’équipe doivent montrer qu’ils prennent la chose au sérieux et qu’ils attendent de leurs collaborateurs qu’ils acquièrent des connaissances et les mettent en pratique. »

Responsable Recherche et Développement Prévention au sein du Groupe Pôle Prévention, Émilie Noel a piloté la réalisation de la Preven-Box, une solution de formation à la sécurité 100 % digitale. Elle explique ici les besoins auxquels répond cet outil spécialement élaboré pour les TPE et PME.

Quand avez-vous lancé les Preven-Box et quel a été l’élément déclencheur de cette initiative ?

C’est en 2018 que le Groupe Pôle Prévention a décidé de lancer un outil de formation 100 % digital dédié aux risques professionnels. Cette initiative est née de notre expérience de terrain. Notre groupe est le leader privé de l’accompagnement des TPE et PME dans leur démarche de prévention des risques. Chaque année nous aidons ces entreprises à réaliser leur document unique d’évaluation des risques (DUER) et nous élaborons avec elles un plan d’action de prévention des risques qui comprennent souvent des actions de sensibilisation. Or, nous avons compris que les formations disponibles sur le marché ne correspondaient que très imparfaitement à leurs besoins et à leurs contraintes spécifiques, en termes de temps ou de moyens disponibles. Par les thèmes abordés, leur souplesse d’usage et leur coût très raisonnable, les Preven-Box ont été spécialement conçues pour les petites structures.

Après 5 ans, pouvez-vous tirer un premier bilan de cet outil ?

Il faut d’abord souligner l’engouement que suscite l’outil : plus de 20 000 salariés de TPE se sont déjà formés à la prévention des risques avec des Preven-Box. Preuve que l’outil fonctionne, plus de 85 % des séances ouvertes par les salariés sont menées à leur terme et se concluent par la délivrance d’une attestation, ce qui est un excellent taux. Enfin, la note de satisfaction moyenne atteint 8/10, ce qui prouve que les salariés trouvent un intérêt à leur formation.

Avez-vous identifié des facteurs de réussite d’une formation digitale ?

Au-delà de la qualité de l’outil, l’implication de la hiérarchie est essentielle. Le chef d’entreprise et les chefs d’équipe doivent montrer qu’ils prennent la chose au sérieux et qu’ils attendent de leurs collaborateurs qu’ils acquièrent des connaissances et les mettent en pratique. Les formations digitales ne sont en effet qu’une brique, certes essentielle, d’une démarche globale de développement d’une culture de prévention.

Pour en savoir plus : https://pole-prevention.com/formation/e-learning/

https://www.youtube.com/watch?v=eUfEo-W4mlM 

UN OBJECTIF POUR 2024 : la “culture de prévention”

« les formations à la prévention des risques n’ont pas pour seul but d’offrir aux salariés de nouvelles connaissances, elles ont aussi la vertu de changer leur regard sur les risques et d’en faire des alliés désireux de s’engager dans les démarches lancées par l’entreprise en matière de prévention”.

Une année se termine. Une autre va bientôt commencer. Que cette césure dans le calendrier donne lieu à des fêtes illustre combien il est fondamental pour les êtres humains de rythmer leur vie, de clore des
épisodes pour en ouvrir d’autres. En cette période, nous faisons donc traditionnellement le bilan de l’année écoulée et nous imaginons celle qui s’ouvre. Nous formulons des bonnes résolutions, nous échafaudons des projets. C’est particulièrement vrai pour les entrepreneurs et les chefs d’entreprise qui connaissent mieux que quiconque la nécessité de se projeter et d’aller de l’avant.

Démarche de progrès continu

Or, les préoccupations relatives à la santé et la sécurité au travail n’échappent pas à cet élan. Elles y échappent même d’autant moins que, depuis une vingtaine d’années, la prévention des risques professionnels a changé de logique. Alors qu’elle reposait autrefois sur la conformité à des règles et des normes, elle exige aujourd’hui que les employeurs s’engagent dans une démarche continue de réduction des risques et d’amélioration des conditions de travail. L’obligation faite aux entreprises de conserver durant 40 ans les versions successives de leur document unique témoigne de cette profonde évolution. Comme le souligne Sophie Fantoni-Quinton, conseillère au secrétariat d’État chargé des retraites et de la santé au travail, cette mesure permettra de “retracer la démarche continue de l’entreprise” et “les progrès qu’elle a réalisés”. On attend donc désormais des entreprises qu’au-delà du respect des normes, elles se fixent, année après année, de nouveaux objectifs de réduction des risques professionnels et qu’elles y associent l’ensemble de leurs collaborateurs.

L’obligation de développer une “culture de prévention”

Ce caractère collectif se cristallise dans la notion de culture de prévention. Comme le précise l’Accord national interentreprises (ANI) du 9 décembre 2020, “la culture de prévention trouve des sources dans l’évaluation des risques et ses prolongements dans les actions de sensibilisation et de formation, dans le partage d’expériences et la confrontation d’idées”.
Une authentique culture de prévention ne se résume donc pas à une somme de règles immuables : elle se déploie et s’enrichit dans le temps grâce aux contributions d’une multitude d’acteurs internes et externes à l’entreprise : celles d’experts et d’intervenants en prévention des risques capables d’accompagner et de conseiller l’entreprise dans la durée, mais aussi celles des employés.

Le rôle central de la formation

Les actions de formation et de sensibilisation prennent ici toute leur importance. En effet, comme le précise Émilie Noel, créatrice de la Preven-Box, une solution de formation en ligne spécialement destinée aux TPE et PME, “les formations à la prévention des risques n’ont pas pour seul but d’offrir aux salariés de nouvelles connaissances, elles ont aussi la vertu de changer leur regard sur les risques et d’en faire des alliés désireux de s’engager dans les démarches lancées par l’entreprise en matière de prévention”.
Voilà pourquoi, à la veille de cette nouvelle année, nous vous proposons un dossier consacré aux solutions de formation en ligne à la prévention des risques. La formation des salariés à la santé et à la sécurité peut en effet constituer une excellente « bonne résolution » à mettre en œuvre afin de déployer et faire vivre, en 2024, votre culture de prévention.

Des recommandations pour réduire l’impact du télétravail sur la santé

Suite aux confinements mis en place pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, le télétravail a connu un essor sans précédent.

Ce type d’organisation étant, semble-t-il, appelé à durer, Santé Publique France a souhaité mesurer son impact sur la santé des travailleurs, en se penchant particulièrement sur deux pathologies : les troubles musculosquelettiques (lombalgies) et les risques psychosociaux (dépressions).

Le facteur crucial de la durée

À cette fin, elle a réalisé une étude portant sur près de 1500 travailleurs. Les résultats montrent notamment que :
• La durée hebdomadaire de télétravail semble avoir un impact sur la survenue de lombalgie : la prévalence de la survenue de lombalgie passe de 9 % pour le télétravail à temps plein à 5 % pour le télétravail à temps partiel et à 4,8 % en absence de télétravail.
• Les conditions matérielles de télétravail ont, sans surprise, une forte influence sur le développement des pathologies. Il n’est pas neutre d’avoir ou non une pièce dédiée au travail, un second écran, un clavier ergonomique, une vraie chaise de bureau.

Améliorer l’ergonomie des postes de télétravail

L’étude formule aussi des recommandations permettant de réduire l’impact du télétravail sur la santé. Elle suggère notamment de :
• Fournir un matériel adapté pour le domicile (mobilier, écran à hauteur réglable…).
• Diffuser des recommandations ergonomiques aux travailleurs pour l’aménagement de leurs postes de travail.
• Veiller à la durée hebdomadaire de télétravail et encourager la prise de pauses régulières pour faciliter le mouvement et lutter contre les postures assises prolongées.

(1) L’étude “Conditions de télétravail : quel impact sur la santé physique et psychique des travailleurs?” est disponible sur: www.santepubliquefrance.fr 

Nuisances sonores – 52 % des actifs gênés par le bruit au travail

“Lorsqu’on demande aux travailleurs d’évaluer le niveau de volume sonore auquel ils sont exposés sur leur lieu de travail, 27 % disent le juger “assez élevé” et 14 % “très élevé”

L’association Journée national de l’audition (JNA) a récemment publié la septième édition de son baromètre sur l’audition au travail. Réalisée par l’Ifop, cette enquête établit que plus de la moitié des travailleurs français s’estiment gênés par le bruit au travail. Cette enquête souligne que les nuisances sonores impactent aussi bien la santé des salariés que la qualité de leur travail. Selon les auteurs de l’enquête, la lutte contre le bruit s’affirme ainsi comme un élément incontournable de l’amélioration des conditions de travail.

Machines assourdissantes, sonneries téléphoniques incessantes, conversations intempestives ou encore bruits provenant de l’extérieur… Dans les bureaux, les chantiers et les ateliers, les nuisances sonores sont fréquentes et de plus en plus mal supportées par nombre de salariés.

1 actif sur 2 gêné par le bruit

Quelque 52 % des actifs français se disent gênés par le bruit au travail, contre 49 % il y a deux ans. 17 % se disent “souvent gênés” et 35 % “de temps en temps”. Lorsqu’on demande aux actifs d’évaluer, sur une échelle de 1 à 10, le niveau de volume sonore auquel ils sont exposés sur leur lieu de travail, 27 % disent le juger “assez élevé” (notes de 6 à 7) et 14 % “très élevé” (notes de 8 à 10). Parmi les 52 % d’actifs se disant gênés par le bruit 32 % le sont par des bruits jugés “élevés”, les 20 % restant l’étant par des bruits “peu élevés”.

Interrogés sur les sources de bruits les plus gênantes, les travailleurs citent en premier le bruit provenant de l’extérieur des locaux (20 %), les conversations entre collègues (15 %), les matériels comme les imprimantes, etc. (15 %), les allées et venues de personnes (12 %), les conversations téléphoniques ou en visioconférences (11 %). Bien entendu, de fortes disparités sont relevées selon les métiers : le bruit généré par les matériels, outils et machines arrive ainsi en tête chez les artisans (22 %), les ouvriers (23 %), les travailleurs des secteurs agricole et industriel (25 %), ainsi que dans le BTP (27 %). Lire la suite

Absentéisme : pénibilité et conditions de travail

“L’absentéisme demeure tributaire de l’environnement de travail et de la pénibilité ressentie.

“Un environnement professionnel considéré comme pénible impacte également fortement la santé des salariés et, partant, l’absentéisme”, écrivent les experts du Département Opinion et Stratégies d’Entreprises de l’Ifop dans une récente note d’analyse.
De la sorte, ils entendent souligner que, contrairement à une idée reçue, la hausse continue de l’absentéisme depuis plusieurs années n’est pas nécessairement une fatalité puisqu’elle résulte, au moins en partie, de facteurs objectifs sur lesquels il est possible d’agir à condition de bien les identifier.

Explosion des arrêts longs

Entendons-nous bien, les auteurs ne nient nullement l’évolution des mentalités et des comportements professionnels. Fins observateurs de la société, ils savent mieux que quiconque que le rapport au travail s’est profondément transformé ces dernières décennies et tout particulièrement dans le sillage des mesures sanitaires qui, lors de l’épidémie de Covid avaient mis le pays à l’arrêt. Mais ils mettent en garde contre la perception biaisée de l’absentéisme qui peut en résulter.
Ainsi, lorsque l’on parle d’absentéisme dans les médias ou même à la machine à café de l’entreprise, la première image qui vient est celle de l’absence du lundi matin permettant de prolonger le week-end ou les vacances scolaires. Ces abus sont avérés et exaspèrent légitimement la direction et encore davantage les collègues de ces individus à la conscience professionnelle déficiente. Reste que cette pratique douteuse ne concerne en fait qu’une infime minorité de salarié – seulement 2 % d’entre eux selon l’Ifop – et pèse très peu dans l’explosion du coût de l’absentéisme.
En effet, comme le soulignent les auteurs, « l’absentéisme long est celui qui pénalise le plus les organisations financièrement. Il pèse beaucoup plus lourd dans la sinistralité des arrêts de travail que l’absentéisme court ». Or, ce phénomène devient massif : « La tendance la plus inquiétante réside dans l’augmentation des arrêts de longue durée qui sont, de surcroît, de plus en plus longs ». Lire la suite