Comment mieux accompagner les salariés malades du cancer ?

Cancer et travailEn France, chaque jour, 1000 personnes ap­prennent qu’elles ont un cancer et parmi elles, 400 travaillent.

Une enquête réalisée par l’Institut OpinonWay pour les entreprises du réseau Cancer@Work permet de mieux cer­ner la façon dont la maladie est perçue dans l’entreprise.

Un fort impact sur la vie professionnelle

Premier constat : le cancer est une réalité à laquelle de nombreuses entreprises sont déjà confrontées. En effet, “41 % des actifs déclarent connaître au moins un salarié touché par le can­cer (58 % dans les grands groupes). Près du quart d’entre eux a connu un cas de cancer dans son équipe (23 %)”. Le baromètre souligne com­bien la maladie a un fort impact sur la vie pro­fessionnelle des personnes atteintes et sur le fonctionnement de l’entreprise. 28 % des actifs ayant eu un cancer “estiment ne pas avoir re­trouvé leur place à l’issue de sa maladie” tandis que, dans 53 % des cas, “la personne malade n’a pas été remplacée et la charge de travail a été répartie sur l’équipe”.

Une maladie qui n’est plus un tabou

Signe encourageant : le cancer n’est plus tabou en milieu professionnel. Seuls 55 % des actifs pensent qu’il est difficile de parler de cancer en entreprise, contre 77 %, il y a trois ans. Enfin, lorsque les salariés ont choisi de parler de leur maladie, 87 % d’entre eux ont utilisé le mot cancer. Et cette libération de la parole vaut autant à l’égard des collègues proches (70 %) que de la hiérarchie (69 %).

Un manque d’information à combler

En revanche, une majorité des salariés de­mande une plus forte implication des entre­prises : “55 % des actifs et 70 % de ceux ayant eu un cancer pensent que l’entreprise devrait da­vantage accompagner les salariés ayant contracté un cancer”. Ce déficit d’accompagnement s’ex­plique en partie par un manque d’information sur les dispositifs légaux dont peuvent bénéfi­cier les salariés et les entreprises. Ainsi, seuls 36 % des salariés malades considèrent “avoir bénéficié d’une information claire à ce sujet” et 27 % n’ont bénéficié d’aucune aide au retour. Enfin, preuve que l’accompagnement des sala­riés touchés n’est pas institutionnalisé, “67 % d’entre eux ont ressenti un soutien de la part de leurs collègues et 43 % de la part de leur hié­rarchie, mais plus de la moitié d’entre eux ne se sont pas sentis soutenus par les ressources hu­maines ou leurs représentants du personnel”. Un constat qui démontre que de grandes marges de progrès existent encore pour mieux vivre le cancer au travail.

Pour aller plus loin : Baromètre Cancer@Work, consultable sur le site http://www.canceratwork.com qui présente également des bonnes pratiques relatives à l’accompagnement des salariés frappés par le cancer.