
« La grande majorité des accidents du travail mortels ne sont ni liés à une chute, ni à une machine, ni à un choc électrique mais à des « malaises » dépourvus de cause apparente ».
En 2024, sur les 760 décès accidentels reconnus en lien avec le travail, près de 60 % correspondent à un malaise mortel, généralement assimilé à une mort subite cardiaque.
Une étude de l’INRS permet de cerner le profil des victimes. Les hommes représentent 88 % des cas et l’âge médian est de 53 ans. Les conducteurs de poids lourds sont les plus touchés (15 %), devant les cadres et dirigeants (8 %). Enfin, 83 % des victimes exerçaient une activité habituelle au moment du malaise et 73 % étaient seules, sans être pour autant des travailleurs isolés au sens réglementaire.
Rôle déterminant des Secouristes sauveteurs du travail (SST)
L’analyse met aussi en évidence plusieurs facteurs susceptibles d’accroître le risque cardiovasculaire : les activités physiques soutenues, le travail de nuit et les horaires atypiques, l’exposition au froid ou à la chaleur, mais aussi les risques psychosociaux et la sédentarité.
Autant de facteurs sur lesquels les entreprises peuvent agir par des démarches de prévention.
Mais la prévention ne s’arrête pas à la réduction des facteurs de risque. Lorsqu’un arrêt cardiaque survient, les premières minutes sont déterminantes. C’est pourquoi l’INRS appelle les entreprises à former davantage de Sauveteurs secouristes du travail (SST). Présents au plus près des salariés, ils sont en mesure de reconnaître rapidement une urgence vitale, d’alerter les secours et de prodiguer les premiers gestes qui peuvent faire la différence avant l’arrivée des équipes médicales. Les SST sauvent des vies et constituent un maillon essentiel de la chaîne des secours.
Enfin, l’étude rappelle l’importance du suivi médical. La visite de mi-carrière, réalisée par les services de prévention et de santé au travail, constitue un moment privilégié pour évaluer le risque cardiovasculaire et informer les salariés des symptômes qui doivent les alerter.
De nombreuses victimes avaient en effet ressenti, dans les heures ou les jours précédant le malaise, des signes précurseurs qu’ils n’ont pas pris suffisamment au sérieux.
Toutes les morts subites ne peuvent être évitées, mais une entreprise qui agit sur les facteurs de risque, organise efficacement les secours et dispose d’un nombre suffisant de Sauveteurs secouristes du travail met toutes les chances de son côté pour sauver des vies.
(1) Malaises mortels au travail : analyse de la base Epicea et pistes de prévention in Références en santé au travail, n°186, juin 2026.
