
En raison du vieillissement de la population, les métiers de l’aide à domicile se sont fortement développés car ils permettent aux personnes âgées de conserver une certaine autonomie tout en restant dans leur cadre de vie habituel. Une récente étude permet d’identifier les spécificités de ce métier très féminisé en matière de risques psychosociaux (RPS) (1).
Au service des autres, les aides à domicile se caractérisent par une forte implication dans leur travail.
Temps de travail morcelé
Elles ont un temps de travail plus morcelé que les autres salariées : 51 % n’ont pas les mêmes horaires tous les jours et 15 % ne connaissent pas leurs horaires une semaine à l’avance. 29 % n’ont pas 48 heures de repos consécutives. Enfin, elles sont davantage amenées à travailler, même occasionnellement, le samedi, le dimanche ou les jours fériés que les autres salariées. Cela débouche évidemment sur des difficultés chroniques à concilier vie professionnelle et vie privée : 50 % disent que “leurs proches ne les trouvent pas assez disponibles à cause de leur travail”.
Forte charge émotionnelle
Leur activité les expose aussi à de fortes charges émotionnelles. Quelque 65,4 % des aides à domicile disent être en contact avec de personnes en situation de détresse, 38,8 % déclarent devoir cacher leurs émotions et 17,5 % reconnaissent être souvent “bouleversées, secouées ou émues” dans le cadre de leur travail. En revanche, 71 % estiment “recevoir l’estime et le respect qu’elles, méritent pour leur travail”. Mais, cette satisfaction porte essentiellement sur les rapports noués avec les personnes aidées. En effet,
dans leur métier, les relations avec les collègues et la hiérarchie sont plus lointaines, si bien qu’elles souffrent, plus que les autres salariées d’un fort isolement professionnel.
(1) “Quels risques psychosociaux chez les salariées de l’aide à domicile ?”, Dares Analyses, n° 53, octobre 2021.
