69,6 %des entreprises estiment avoir des locaux « bruyants ».

Les employeurs français prennent déjà très au sérieux les risques liés au bruit. C’est ce que démontre l’analyse des données anonymisées issues des Documents uniques d’évaluation des risques professionnels (DUERP) réalisés en 2023 par le Groupe Pôle Prévention dans quelque 5850 entreprises de 1 à 205 salariés.

Ainsi, 69,59 % des employeurs jugent leurs locaux de travail « bruyants » alors que le bruit n’y atteint pourtant les valeurs d’exposition dites « inférieures » – devant déclencher les actions de prévention – que dans 42,22 % des cas. Le bruit donc considéré par ces patrons comme problématique même lorsqu’il reste inférieur aux seuils légaux.

De même, les seuils d’exposition imposant la déclaration au titre du Compte Professionnel de Prévention (au moins 81 dB(A) rapporté à une période de référence de 8 heures au moins 600 heures/an, ou au moins 135 dB(C) au moins 120 fois/an) ne sont atteints que dans… 0,43 % des cas.

Cela peut sembler très faible au regard de la forte proportion de travailleurs subissant du bruit, mais il faut savoir que les seuils du C2P prennent en compte l’atténuation due au port effectif des protections individuelles contre le bruit. Ce taux de 0,43 % représente ainsi la part résiduelle des entreprises qui ne parviennent pas à réduire le bruit inhérent à leur activité malgré des mesures de prévention collectives et individuelles.

Ces données démontrent que si, dans l’immense majorité des cas, le bruit ne constitue pour les travailleurs concernés qu’une gêne, il est cependant considéré et traité comme un risque dans 70,65 % des entreprises étudiées, ce qui témoigne d’une saine volonté d’améliorer la qualité de vie au travail.