
« Si une partie des salariés y voit une opportunité, 38 % estiment que l’IA peut générer du stress supplémentaire, en raison notamment de l’accélération des rythmes de travail et de la nécessité d’adapter en permanence ses compétences ».
Si l’enquête met principalement en lumière les déterminants classiques de la santé mentale au travail, elle apporte également des enseignements éclairants sur deux transformations majeures du monde professionnel : l’essor de l’intelligence artificielle et la généralisation du télétravail.
Du côté de l’IA, les perceptions apparaissent nettement ambivalentes. Près d’un salarié sur deux considère que ces outils peuvent améliorer son efficacité au quotidien, notamment en automatisant certaines tâches répétitives. Mais, dans le même temps, 41 % des salariés expriment des inquiétudes quant à leur impact sur l’emploi, et plus d’un tiers redoutent une intensification du travail.
Cette tension se retrouve dans ses effets sur la santé mentale. Si une partie des salariés y voit une opportunité, 38 % estiment que l’IA peut générer du stress supplémentaire, en raison notamment de l’accélération des rythmes de travail et de la nécessité d’adapter en permanence ses compétences. Pour les employeurs, l’enjeu est donc d’accompagner ces usages, en veillant à préserver les équilibres et à donner du sens aux transformations en cours.
La même ambivalence se retrouve au sujet du télétravail. Ce dernier est largement plébiscité : 76 % des salariés concernés estiment qu’il améliore leur qualité de vie et 69 % qu’il favorise un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Mais ces bénéfices s’accompagnent de fragilités bien identifiées. Plus d’un salarié en télétravail sur deux (52 %) évoque un sentiment d’isolement accru, tandis que 47 % déclarent avoir des difficultés à déconnecter. Par ailleurs, 44 % estiment que le télétravail brouille les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle.
L’enquête souligne ainsi que les effets du télétravail dépendent étroitement de son organisation. Bien encadré, il constitue un levier de bien-être ; mal régulé, il peut au contraire accentuer les risques psychosociaux.
Au croisement de ces deux dynamiques, un constat s’impose : les transformations technologiques et organisationnelles ne sont pas neutres. Elles redessinent en profondeur les conditions de travail et appellent, plus que jamais, un accompagnement prenant en compte la prévention des risques professionnels.
