
Selon une enquête de l’observatoire Amarok, spécialisé dans l’étude de la santé des dirigeants, le confinement a fortement affecté le moral des entrepreneurs français. 300 000 d’entre eux présenteraient même un risque élevé de burn-out.
Sur le plan physique, tout va bien. En raison du confinement, nombre de patrons ont abandonné leurs 50 à 55 heures de travail hebdomadaires. Condamnés au repos forcé, ils ont reconstitué leurs forces. En revanche, sur le plan psychologique, rien ne va plus !
Risque d’explosion des burn-out
“Rester à la maison et voir son entreprise brûler atteint la santé mentale”, commente Olivier Torrès, associé à Montpellier Business School et président d’Amarok. Selon l’enquête réalisée auprès d’un éventail de 1900 entrepreneurs, quelque 30,5 % redoutent en effet un dépôt de bilan. Contrairement au reste de la population, les patrons de PME et TPE affirment être davantage préoccupés par le risque de faillite que par celui de contracter la Covid-19.
Conséquence : le risque de burn-out est aujourd’hui présent chez 34 % des entrepreneurs contre 17,5 %, l’année dernière à la même période. Plus inquiétant encore, “9 % des dirigeants interrogés, soit 165 individus sur 1925, entrent en phase qui nécessiterait une aide ou une intervention extérieure. Si l’on extrapole avec les données macroéconomiques de la population française des travailleurs non salariés, ce sont près de 300 000 entrepreneurs qui sont actuellement en risque sévère”.
Besoin d’accompagnement
Président d’Impact Prévention, une société spécialisée dans la prévention des risques psychosociaux au travail, Philippe Mège confirme : “Certains patrons qui entrent en contact avec nous pour solliciter un accompagnement au profit de leurs salariés en souffrance n’hésitent plus à confier leur propre détresse. C’est un fait assez inédit car, traditionnellement, les dirigeants veulent se montrer inébranlables. J’y vois le signe que l’inactivité forcée et le sentiment d’impuissance ressenti les ont davantage affectés que le surmenage habituel”. Faut-il alors espérer qu’avec la reprise d’activité, tout rentrera dans l’ordre ? L’étude d’Amarok peut le laisser croire car l’état psychologique des entrepreneurs s’apparenterait à “un épuisement d’attente où, à l’image du soldat anxieux qui attend l’heure de livrer bataille”. Pour Philippe Mège, les patrons devraient toutefois “prêter davantage attention à leur santé psychologique dans les semaines et les mois à venir”. Et d’ajouter : “Ils devraient même considérer cela comme un acte de bonne gestion car aucune PME ne survit jamais à la dépression ou au burn-out de son patron”.
S’informer sur l’accompagnement psychologique des travailleurs :
09 83 97 95 64 – info@impactprevention.fr
