Contrôles techniques : moins de contre-visites en 2015, mais les VUL sont à la traine.

La prévention routière dans l'entreprise - PREL’état des véhicules légers et lourds du parc français s’améliore. C’est ce qui ressort du bilan 2015 du contrôle technique(1) concernant près de 24,5 millions de véhicules. Pas de quoi crier victoire malgré tout : les taux de contre-visites restent parfois élevés, en particulier pour les utilitaires légers.

La première visite technique périodique doit intervenir dans les six mois précédant le quatrième anniversaire de la mise en circulation de chaque véhicule. Elle est ensuite renouvelable tous les deux ans. Pour les véhicules légers (VL) n’excédant pas

3,5 tonnes, voitures particulières (VP) ou utilitaires (VUL), seuls les véhicules et matériels spéciaux des armées ainsi que les véhicules immatriculées dans les séries diplomatiques ou assimilées sont exemptés. Plus draconien pour les poids lourds (PL), leur contrôle technique doit s’effectuer un an après la date de la première immatriculation et doit être renouvelé tous les ans. Ces délais sont réduits à six mois pour les véhicules de transport en commun de personnes (TCP). Au regard de ces délais, il apparaît logiquement que ces deux dernières catégories de véhicules affichent des résultats qui leur sont favorables.

L’état des VL s’améliore

En 2015, 19,93 millions de VL(2) sont passés au contrôle technique périodique. Pour 14,19 % d’entre eux, aucun défaut élémentaire de la nomenclature n’a été constaté, ce qui correspond à une amélioration par rapport à 2014 (13,65 %). Le taux de prescription de contre-visites (18,11 %) a également baissé par rapport à l’année précédente (18,94 %). Il s’établit même à 17,65 % pour les seuls VP. La non-conformité d’une fonction, entraînant la prescription d’une contre-visite, est effective si au moins un des défauts soumis à contre-visite de cette fonction est constaté.

Pour les VL, ce sont des défauts liés à la fonction « liaison au sol » qui ont provoqué le plus de contre-visites (9,15 %), notamment une usure importante et/ou une différence importante d’usure sur l’essieu du pneumatique, mais également un jeu important (ou anormal) de la rotule ou de l’articulation du demi-train avant. Vient ensuite la fonction « éclairage et signalisation », avec le réglage non conforme du faisceau du feu de croisement ou l’anomalie d’un feu, puis les fonctions « freinage », « pollution, niveau sonore » et « direction ».

Les VUL à la traîne

La majeure partie des VL soumis à la visite technique périodique sont des VP (17,1 millions de contrôles). Avec 2,6 millions d’unités, les VUL constituent néanmoins une autre part importante du total. Le taux de contre-visite des utilitaires est également en baisse : 21,11 % en 2015 (contre 22,22 %, en 2014) mais reste élevé, représentant encore plus d’un véhicule sur cinq dans la catégorie. Quant au pourcentage de contrôles ne relevant aucun des défauts élémentaires, il s’élève péniblement à 6,53 %, un chiffre en très légère baisse comparé à l’année précédente (6,54 %). En général, l’âge moyen du parc de véhicules légers contrôlés en 2015, était plus élevé pour les VUL (12,08 ans) que pour les VP (11,37 ans).

À classe d’âge égale, le taux de conformité reste par ailleurs défavorable aux VUL. Ainsi, pour des véhicules de quatre ans et moins, il atteint 90,79 % pour les VUL et 96,35 % pour les VP. Cette disparité s’atténue uniquement sur les véhicules de plus de dix ans dont les taux de conformité s’équilibrent : 74,94 % pour les VP et 73,36 % pour les VUL. Pour ces derniers, le taux le plus élevé de non-conformité est atteint par la fonction : « éclairage, signalisation » (10,52 %), devant « liaison au sol ». Autre différence avec les VP, les taux de non-conformité pour les fonctions « direction » et « visibilité » devancent les fonctions « pollution, niveau sonore ». Le nombre de défauts entraînant la non-conformité du véhicule au cours de la visite technique périodique est également plus élevé pour les VUL. 30 % des VP ne présentent qu’un ou deux défauts contre un VUL sur cinq. Ces derniers sont même 7,6 % à présenter 15 défauts et plus !

Le zéro défaut en baisse sur les PL

Pour les PL, les contrôles techniques portent sur 16 fonctions et 316 points de contrôle. Sur les 1 504 défauts possiblement décelables, 669 sont soumis à contre-visite, dont 202 pouvant conduire à une interdiction de circuler du véhicule. Sur 1,06 million de contrôles techniques périodiques effectués en 2015, 90 % ont été jugés conformes. À l’instar des véhicules légers, le taux de prescriptions de contre-visites a donc diminué. Il était de 10, 36 % en 2014. Pour 2,87 % de ces véhicules, la non-conformité était assortie d’une interdiction de circuler. Toutefois, il faut noter la baisse des visites ayant établi un bilan de zéro défaut sur les véhicules lourds : 11,16 % des visites en 2015, contre 11,68 % un an plus tôt.

Les défauts enregistrés sont disparates et les résultats des visites techniques ne révèlent pas de risques spécifiques. La fonction « freinage » apparaît néanmoins dans 4,98 % des prescriptions de contre-visite. Dans le détail, ce sont les défauts liés au déséquilibre du frein de service qui se manifestent le plus souvent, sur les véhicules remorqués en particulier. Autre défaut sur ces derniers : l’état de charge du véhicule (charge insuffisante pour valider les essais de frein). Des défauts de réglage des feux de croisement, de mesure des gaz d’échappement ou du limiteur de vitesses sont plus courants sur les véhicules motorisés.

Les prescriptions de contre-visite atteignent 11,37 % pour les véhicules remorqués et 9,4 % pour les véhicules motorisés. Concernant ces derniers, le bilan du contrôle technique précise aussi un taux de conformité de 91,41 % pour les TCP et de 90,70 % pour les véhicules lourds transportant des matières dangereuses.

Stéphane Chabrier

Retrouver cet article dans le numéro 407 de la revue d’information et d’analyse de la réglementation routière : « La Prévention Routière dans l’Entreprise »

 

(1) Réalisé par l’Organisme technique central (groupe UTAC).

(2) Y compris les véhicules de collection et ceux soumis à une réglementation spécifique.