
« Plus de quatre représentants du personnel sur dix estiment que le risque d’accident du travail est élevé dans leur entreprise, avec des niveaux particulièrement marqués dans certains secteurs comme l’agriculture, l’industrie ou le BTP »
La 8e édition du baromètre Syndex47 réalisée avec l’Ifop à l’automne 2025, confirme une évolution majeure du dialogue social en France : la santé, la sécurité et les conditions de travail s’imposent comme la priorité absolue, partagée par l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Représentants du personnel, salariés et dirigeants s’accordent désormais sur cette hiérarchie des préoccupations, signe d’un rapprochement progressif des perceptions.
Convergences des perceptions
Sans surprise, ce sont les représentants du personnel qui expriment la sensibilité la plus forte à ces enjeux. Pour 94 % d’entre eux, la santé physique et mentale, les conditions de travail et la sécurité constituent des sujets prioritaires du dialogue social. Mais cette préoccupation est également majoritaire chez les salariés (65 % à 76 % selon les dimensions) et s’impose aussi chez les dirigeants, où elle progresse nettement. Dans le détail, 75 % (+ 5 points) des dirigeants estiment que la sécurité au travail est un sujet prioritaire.
Et la même dynamique s’observe s’agissant des conditions de travail, jugées prioritaires par 60 % d’entre eux (+ 7 points), et dans une moindre mesure pour la santé et les risques psychosociaux, (57 %, + 1 point).
Cette convergence s’explique en partie par la persistance de situations jugées préoccupantes sur le terrain. Plus de quatre représentants du personnel sur dix estiment que le risque d’accident du travail est élevé dans leur entreprise, avec des niveaux particulièrement marqués dans certains secteurs comme l’agriculture, l’industrie ou le BTP. Dans le même temps, une majorité d’acteurs considère que les entreprises n’ont pas encore pleinement conscience de la pénibilité et de l’usure professionnelle : 75 % des représentants du personnel et 49 % des salariés partagent ce constat.
Socle commun de priorités
Pour autant, le fait nouveau réside dans l’évolution du regard des directions qui apparaissent de plus en plus conscientes de leur importance stratégique. Bien sûr, ce mouvement n’efface pas les tensions qui traversent encore le dialogue social.
Dans un contexte économique jugé morose, 58 % des représentants du personnel perçoivent leur direction comme « tendue », et déplorent que l’influence des instances représentatives demeure limitée. Mais l’existence d’un socle commun de priorités, centré sur la santé et les conditions de travail, constitue un point d’appui solide pour lancer des actions concrètes soutenues par l’ensemble des acteurs de l’entreprise.
Cette 8e édition du baromètre Syndex confirme ainsi que la santé au travail s’impose de plus en plus comme un enjeu partagé, au cÅ“ur des préoccupations collectives, et dont la prise en compte améliore aussi bien au climat social que la performance économique.
8e Baromètre Syndex sur l’état du dialogue social en France, réalisé par l’Ifop pour le Syndex, janvier 2026.
