Vacances et repos – Un devoir négligé par trop de dirigeants !

« Cette situation résulte d’une accumulation de contraintes. Si la charge de travail demeure leur première source de stress, les dirigeants souffrent aussi du poids des responsabilités, de l’ampleur des formalités administratives et du manque de visibilité sur l’avenir… ».
Alors que la France entre dans la traditionnelle pause estivale, beaucoup de dirigeants de TPE et PME espèrent enfin souffler. Pour nombre d’entre eux, la coupure sera pourtant toute relative. Le dernier baromètre ARTI santé consacré aux patrons du BTP et du paysage montre que 63 % d’entre eux consultent leurs emails tous les jours pendant leurs congés, contre 57 % un an plus tôt (1). Près d’un sur deux travaille régulièrement le weekend et plus des trois quarts estiment que leur vie professionnelle empiète sur leur vie personnelle.
Accumulation de contraintes
L’enquête confirme qu’une fatigue durable s’installe. Plus d’un dirigeant sur deux se déclare assez ou très fatigué. 56 % souffrent de douleurs musculaires, 54 % ressentent une fatigue importante et 35 % évoquent des troubles émotionnels. Surtout, 87 % jugent leur activité mentalement exigeante, davantage encore que physiquement.
Cette situation résulte d’une accumulation de contraintes. Si la charge de travail demeure leur première source de stress, les dirigeants souffrent aussi du poids des responsabilités, de l’ampleur des formalités administratives et du manque de visibilité sur l’avenir, dont l’importance continue de progresser.
Le moral s’en ressent. Seuls 38 % des répondants se disent optimistes pour l’avenir de leur entreprise, tandis que la motivation et la confiance reculent. Cette fatigue touche également les conjoints, eux aussi fortement impliqués dans la vie de l’entreprise.
52 heures de travail par semaine
Ces résultats rejoignent les observations formulées depuis de nombreuses années par Olivier Torrès, fondateur de l’Observatoire Amarok de la santé des dirigeants (2). Les entrepreneurs entretiennent avec leur activité un rapport intense et presque sacrificiel. Ils travaillent en moyenne 52 heures par semaine, repoussent souvent leurs propres préoccupations de santé et continuent, par tempérament autant que par nécessité, à placer leur travail au centre de leur existence.
Cette implication fait la force des entrepreneurs. Mais elle ne devrait pas les conduire à oublier que les démarches de prévention, d’amélioration des conditions de travail et de préservation de la santé les concernent aussi. Car, comme le souligne Olivier Torrès, « la santé du dirigeant constitue l’un des premiers actifs de son entreprise ».
Alors, à ceux de nos lecteurs qui s’apprêtent à fermer leur atelier, leur bureau ou leur chantier pour quelques jours, nous souhaitons de parvenir, autant que possible, à décrocher vraiment. Ce n’est pas toujours facile lorsque l’on porte seul tant de responsabilités. Mais cette parenthèse est sans doute l’un des meilleurs investissements que l’on puisse consentir pour soi-même… et pour son entreprise.
(1) 12e baromètre ARTIsanté de l’IRIS-ST consultable sur www.iris-st.org.
(2) Voir notamment l’entretien accordé à Prevenscope n° 451 de juillet 2023.




