LA QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL au cœur des défis de l’entreprise

« Les travailleurs ne souhaitent pas travailler moins mais mieux articuler le temps consacré à leur travail et le temps consacré à leur famille ou aux loisirs. Horaires flexibles ou introduction d’une dose de télétravail sont des solutions. »

La “Semaine de la Qualité de vie au travail” organisée par l’Anact du 20 au 24 juin a permis de démontrer que, loin de constituer un gadget, cette façon d’aborder les conditions de travail, répond à de nouveaux défis que doivent relever les entreprises contemporaines, notamment pour répondre à la quête de sens des travailleurs et à la complexité croissante de l’environnement économique.

La QVT, réponse aux enjeux sociétaux de l’entreprise

Tout entrepreneur le sait : loin d’être coupées de la société, les entreprises sont immergées dans celles-ci et donc fortement tributaires de ses évolutions. Or, c’est peu dire que la société est entrée, depuis plusieurs décennies, dans une phase de transformation accélérée des modes de vie.

Nouvelles façons de vivre et de travailler

“Accroissement du temps de trajet domicile travail, augmentation des familles monoparentales, allongement de la vie professionnelle, développement des maladies chroniques, diffusion du modèle du couple travailleur… Liées aux évolutions des populations au travail et de leur mode de vie, les questions sociétales pénètrent depuis 20 à̀ 30 ans dans les entreprises avec des effets sur la santé, la performance et l’engagement”, remarquent les chercheurs de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact).

Les démarches de QVT visent à trouver des réponses appropriées à ces évolutions. D’ailleurs, les entreprises ne s’y trompent pas. Une analyse des accords d’entreprises conclus dans le cadre de l’Accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 a dé- montré que les enjeux sociaux (nouvelles pratiques sur l’égalité professionnelle, l’articulation des temps, le télétravail, etc.) sont les mieux pris en compte. Lire la suite

LA QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL (QVT) premier atout des TPE-PME

« Les démarches de QVT consistent, ni plus ni moins, à s’inspirer de la façon dont le travail est traditionnellement pratiqué et organisé dans les meilleures des TPE et PME »

Du 20 au 24 juin derniers, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a organisé une nouvelle édition de la Semaine de la qualité de vie au travail (QVT). À cette occasion, il est apparu que, malgré un intérêt croissant, les démarches de QVT suscitent encore une certaine réticence parmi les dirigeants de TPE-PME. En effet, ceux-ci y voient volontiers un gadget coûteux destiné aux grandes entreprises qui seules auraient les moyens financiers de se l’offrir. Ce malentendu est regrettable car la QVT vise justement à valoriser les atouts naturels des entreprises à taille humaine par rapport aux grandes firmes !

En effet, la QVT trouve ses fondements dans les années 50 lorsque des chercheurs et des manager constatent que l’organisation scientifique du travail, le fameux “taylorisme”, provoque une série d’effets négatifs qui finissent par impacter gravement la productivité des grandes entreprises. Ces limites sont maintenant bien connues : monotonie du travail, démotivation des travailleurs, déclin de l’esprit d’initiative, etc.

C’est à cette époque que le chercheur en psychologie sociale, Eric Lansdown Trist fonde le mouvement “Qualité de vie professionnelle” avec la conviction que la performance des entreprises dépend avant tout du libre engagement de ses membres. Ses préconisations sont un réquisitoire contre le travail déshumanisé qui prévaut dans les grandes firmes où le travail a été, comme on le sait, divisé en une infinité de tâches minuscules ne nécessitant aucune initiative ni aucun véritable savoir-faire de la part des travailleurs.
Or, pour résoudre cet écueil d’un travail vidé de son sens, le chercheur propose une série de préceptes permettant de retrouver les vertus du travail tel qu’il est justement pratiqué par les artisans et les petites entreprises. Ils font largement écho à “la quête de sens au travail”, thème retenu pour l’édition 2022 de la Semaine de la QVT :

  • “faire comprendre aux travailleurs la nature et l’intérêt du travail qu’ils effectuent” ;
  • “favoriser l’apprentissage durant le processus du travail” ;
  • “autoriser un certain degré de liberté et d’initiative dans l’accomplissement des tâches” ;
  • “reconnaître socialement les travailleurs et l’utilité de leur travail” ;
  • “leur permettre de situer leur travail par rapport aux objectifs de l’organisation”.

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QVT & Conditions de Travail – Des outils pour renforcer l’attractivité de l’entreprise

En répondant aux aspirations des salariés d’aujourd’hui, l’amélioration des conditions de travail et de la qualité de vie au travail constituent des leviers efficaces pour renforcer l’attractivité de l’entreprise.

Un récent guide de l’Aract Bretagne (1) en fait la démonstration tout en proposant des actions concrètes, aisées à mettre en œuvre.

Difficultés pour recruter, échecs d’intégration, départs de salariés expérimentés, absences à répétition… De nombreuses entreprises sont aujourd’hui confrontées à des problèmes d’attractivité.

La QVTCT : un levier à disposition de l’entreprise

Hélas, certains facteurs d’attractivité tels que l’image de leur secteur professionnel, l’offre de logement, de transport, d’éducation ou de loisirs de leur territoire échappent aux entreprises qui n’ont, en la matière, que de faibles marges de manœuvre. En revanche, agir sur la qualité de vie au travail et les conditions de travail (QVTCT) est bien de leur ressort. Or, de nombreuses enquêtes démontrent que les travailleurs, notamment ceux issus des nouvelles générations y voient un facteur de plus en plus déterminant dans le choix de leur emploi.

Actions concrètes à mettre en œuvre

À cette fin, des actions concrètes et peu complexes peuvent être mises en œuvre. Le guide réalisé par l’Aract Bretagne en donne de nombreux exemples. Pour permettre une meilleure articulation entre vie privée et vie professionnelle, un hypermarché a organisé son planning sur 5 jours. Afin de rendre les espaces de travail plus attrayants, une entreprise de l’agroalimentaire a rénové la salle de pause. Pour pratiquer un management plus participatif, une entreprise de transport a mis en place un briefing de prise de poste. Pour faciliter l’intégration des nouvelles recrues, la même entreprise a créé des séances d’échanges de bonnes pratiques. Autant d’initiatives qui démontrent que la QVTCT relève souvent du bon sens et de la bonne gestion !

(1) “Renforcer l’attractivité de l’entreprise”, mars 2022, téléchargeable sur www.anact.fr

Les nuisances sonores dopées par l’essor du télétravail

“Les actifs pratiquant le télétravail sont significativement plus nombreux que la moyenne à avoir cherché des conseils concernant leur audition : 25% de ceux concernés par le télétravail à temps plein, et 20 % à temps partiel” contre 14 % de la population globale.


Longtemps, le télétravail a été présenté comme une solution aux nuisances so­nores que les travailleurs doivent affronter, no­tamment lorsqu’ils sont assignés à un bureau paysager ou partagé. Hélas, la dernière édition du baromètre IFOP-Journées nationale de l’au­dition douche cet espoir (1).

Usage excessif du casque et des écouteurs

Bien sûr, de nombreux télétravailleurs ont dé­couvert que les membres de leurs familles ou leurs voisins peuvent être aussi bruyants que leurs collègues de travail… Quelque 38 % des télétravailleurs sondés disent avoir éprouvé une gêne de compréhension de la parole lors de différentes visioconférences en raison du bruit. Une situation qui explique certainement leur recours souvent excessif aux casques et aux écouteurs. En effet, 23 % des télétravail­leurs à temps plein utilisent un casque ou des écouteurs minimum 2 heures par jour et 65 % indiquent que cette durée d’écoute quoti­dienne s’est intensifiée avec la crise sanitaire. Conséquence : un tiers des télétravailleurs quotidiens affirme “avoir déjà ressenti souvent des troubles auditifs suite à l’usage de ces appa­reils”, soit presque le triple de la moyenne. Lire la suite

Je t’aime, moi non plus ! Les sentiments très ambivalents des Français à l’égard du travail

« Contrairement à une idée reçue, nos compatriotes sont, parmi les Européens, ceux qui manifestent le plus grand attachement au travail, 70 % d’entre eux affirmant qu’il est “très important” contre 40 % des Britanniques et 50 % des Allemands. »


Une étude, récemment publiée par le mi­nistère du Travail, au sujet des “conflits de valeurs” révèle que 54 % des travailleurs français déplorent de “ne pas pouvoir faire du bon travail et de sacrifier la qualité”. Elle souligne aussi que seuls 26 % “éprouvent la fierté du travail bien fait” et 27 %, “l’impres­sion de faire quelque chose d’utile aux autres”. On pourrait légitimement s’alarmer de ces résultats et en ti­rer la conclusion que notre pays se distingue par de piètres performances en matière de qualité de vie au travail. Mais ce serait com­mettre un contresens.

Une haute idée du travail…à ne pas décevoir !

En effet, cette étude ne porte pas sur les conditions de travail objectives des travail­leurs mais sur leur ressenti. Leur sincérité n’est bien sûr pas en cause : les personnes qui ont déclaré “ne pas pouvoir faire du bon travail” pensent certainement ce qu’elles disent. Mais en exprimant leur malaise, elles révèlent aussi leur haut niveau d’exigence à l’égard de leur travail. Or, cette exigence est un trait distinctif de notre pays. Lire la suite