Culture de prévention – Le BTP montre la voie

Un nombre croissant de dirigeants voient dans le DUERP un outil opérationnel efficace : 64 % estiment qu’il permet de « s’organiser plus efficacement » et 59 % qu’il permet « d’améliorer les méthodes et l’organisation ».

Lédition 2025 de l’enquête menée par Viavoice pour l’OPPBTP – l’Organisme professionnel de prévention du Bâtiment et des Travaux publics – sur la prévention est très encourageante. Dirigeants comme salariés expriment une forte perception de son utilité, mais aussi une appropriation plus mature des pratiques, signe que les efforts engagés depuis plusieurs années portent leurs fruits.

Plus forte adhésion à la prévention

Les résultats sont éloquents. 94 % des compagnons (les salariés intervenant sur les chantiers) se sentent concernés par la prévention des risques et 59 % estiment qu’elle est l’affaire de tous, du chef d’entreprise au salarié de terrain. Les dirigeants eux-mêmes portent un regard plus engagé : 88 % considèrent les actions de prévention utiles, notamment parce qu’elles contribuent à la performance des entreprises. C’est l’avis de 76 % d’entre eux. Cette évolution traduit un mouvement profond : pour un nombre croissant de professionnels, la prévention est
désormais perçue comme une composante naturelle du travail bien fait.
Les pratiques suivent la même tendance. 81 % des entreprises ont désormais réalisé leur Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et 64 % disposent d’un plan d’action. Si ce chiffre révèle de grosses marges de progrès, il montre aussi un bond spectaculaire de 26 points depuis 2020. Preuve d’un changement de perception, même si 79 % des entreprises admettent réaliser leur DUERP, « avant tout pour se conformer à la réglementation », un nombre croissant de dirigeants y voient aussi outil opérationnel efficace : 64 % estiment qu’il permet de « s’organiser plus efficacement » et 59 % qu’il permet « d’améliorer les méthodes et l’organisation ».

Coller aux réalités du terrain

Les compagnons valident cette évolution avec toutefois certaines limites. Ainsi, seuls 60 % déclarent porter systématiquement leurs EPI. Pour les auteurs de l’étude, cette lacune s’explique par « la persistance d’une certaine culture dans le secteur du BTP qui relativise la sécurité, les accidents ou maladies professionnelles […] voire estimant que cela fait partie du métier ». Cependant, des campagnes de sensibilisation peuvent y remédier : 79 % des compagnons affirment « qu’elles ont permis de développer la prise de conscience sur les risques au sein de l’entreprise ». Pour les compagnons, les politiques de prévention ont d’autant plus de succès qu’elles collent aux réalités du terrain.
La même attente est exprimée par les dirigeants de TPE. En effet, si 78 % ont réalisé leur DUERP, ils admettent avoir davantage de difficultés à déployer des actions de prévention parfois jugées trop théoriques et décalées par rapport à leurs moyens et aux réalités du terrain. L’étude confirme ainsi que ces entreprises ont davantage besoin du soutien de partenaires de confiance capables de rentrer dans leurs problématiques et d’élaborer avec elles des plans d’actions concrets, réalistes et centrés sur leur « travail réel ».
Malgré les freins identifiés, l’étude révèle ainsi un profond désir de bien faire, stimulé par les difficultés de recrutement et les attentes croissantes en matière de conditions de travail mais aussi par le volontarisme très inspirant dont fait preuve leur branche professionnelle.

La BPCO bientôt reconnue maladie professionnelle ?

La BPCO – bronchopneumopathie chronique obstructive – est l’une des principales maladies respiratoires dans le monde.

Elle se manifeste par un essoufflement progressif, des toux fréquentes, des infections respiratoires répétées. Habituellement, on l’associe au tabac, mais l’ANSES estime aujourd’hui que près de 15 % des cas pourraient être d’origine professionnelle, liés à l’exposition à des polluants inhalés. Dans un récent avis, l’Agence conclut à un lien causal avéré entre la BPCO et les expositions professionnelles aux « VGPF» : vapeurs, gaz, particules ou fumées. Ces polluants sont nombreux : particules minérales (silice, charbon), particules organiques (poussières végétales ou animales), fumées, gaz irritants, selon les métiers et les environnements de travail.

Les secteurs concernés couvrent un large spectre : agriculture, BTP, industrie, fonderie, textile, carrières… L’ANSES souligne que l’exposition à ces agents peut, même en l’absence de tabagisme, provoquer la BPCO ou, à tout le moins, en aggraver l’évolution.

Ce constat a des implications concrètes : la maladie, souvent silencieuse au début, reste largement sous-diagnostiquée, beaucoup de personnes découvrant la BPCO lorsque leur capacité respiratoire est déjà très diminuée. Pour faciliter la reconnaissance de ces cas, l’Agence recommande la création d’un tableau unique de maladie professionnelle dédié.

Surtout, ces résultats appellent un renforcement de la prévention. Réduire l’exposition aux VGPF passe par une évaluation rigoureuse des risques, une meilleure identification des polluants présents dans les ateliers et chantiers, et la mise en place de mesures adaptées : ventilation, captage à la source, organisation du travail, équipements de protection… Autant d’actions qui peuvent significativement limiter l’apparition ou l’aggravation de la BPCO. Car si le tabac reste un facteur majeur, la qualité de l’air au travail est, elle aussi, un déterminant essentiel de la santé respiratoire.

Pour aller plus loin :
www.anses.fr

Formez vos équipes aux risques d’addiction grâce au e-learning !

Pour répondre à leurs obligations légales en matière de prévention des addictions, les chefs d’entreprise disposent d’un outil simple et efficace

Le module Préven-Box – Addictions, proposé sous forme de formation 100 % digitale. Accessible en ligne à tout moment depuis un ordinateur ou un smartphone, il permet aux salariés d’acquérir les bases nécessaires pour comprendre et prévenir les pratiques addictives au travail. Le parcours aborde les causes possibles de ces comportements, aide à identifier les facteurs de risque et explique de manière concrète comment réagir face à une situation d’addiction en milieu professionnel. Chaque salarié suit la formation à son rythme et valide ses acquis grâce à un test final. La réussite de ce test donne lieu à la remise d’une attestation de formation, que l’employeur peut intégrer au Document unique d’évaluation des risques professionnels ou au Passeport Prévention du salarié. Pour les TPE et PME, cette formule présente de nombreux avantages : elle est simple à mettre en œuvre, financièrement accessible et déjà largement éprouvée, puisque plusieurs dizaines de milliers de salariés ont suivi une formation Préven-Box à ce jour.

Pour en savoir plus sur les Preven-box 

Drogue et alcool au travail : Des effets ravageurs sur la performance et la sécurité au travail

L’usage de substances psychoactives – qu’il s’agisse d’alcool, de tabac ou de cannabis – ne relève pas seulement de la sphère privée. Il a des conséquences directes sur le maintien dans l’emploi et sur la sécurité au travail.

Plusieurs études convergent : ces consommations fragilisent l’insertion professionnelle, favorisent les arrêts de travail et accroissent le risque d’accidents, parfois graves.

Chez les actifs, la consommation régulière accroît de façon significative le risque de perdre son emploi à court terme, indépendamment de l’âge, du sexe ou de l’état de santé. Les jeunes sont particulièrement vulnérables : l’usage hebdomadaire de cannabis ou une consommation d’alcool jugée « à risque » réduit leurs chances d’accéder à un premier poste. Une porte d’entrée vers l’exclusion professionnelle qui ne doit pas être sous-estimée.
Pour ceux déjà en activité, les effets se traduisent rapidement en absentéisme. Le cannabis est associé à une hausse de près de 60 % des arrêts de courte durée (jusqu’à une semaine) et d’environ 30 % pour les arrêts de durée moyenne (8 à 28 jours). Quant à l’alcool, ses effets sont encore plus préoccupants : une consommation hebdomadaire excessive multiplie par deux le risque d’accidents du travail graves. Ce risque grimpe encore – + 50 % – pour ceux qui connaissent un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante au moins une fois par semaine.

Au-delà des enjeux de santé publique, ces données rappellent que prévenir et accompagner les usages de substances psychoactives relève donc autant de la responsabilité sociale de l’employeur que de la préservation du capital humain et de la performance collective.

Retrouvez cet article dans le numéro 462 de la revue d’information et d’analyse PREVENSCOPE : «La Prévention des Risques en Entreprise »

Attestation d’absence de contre-indications médicale

Attestation d’absence de contre-indications médicale à la conduite d’équipements de travail nécessitant une autorisation de conduite : le modèle a été publié

Cette attestation remplace depuis le 1er octobre 2025 le suivi individuel renforcé obligatoire pour les personnes occupant certains postes de travail.

Elle doit être remise après un examen par le médecin du travail, puis transmise à l’employeur. Son modèle, délivré par le médecin du travail, a été publié au Journal officiel du 30 septembre dernier. Nous vous le transmettons ci-après :

Liste des engins concernés :

  • grues à tour ;
  • grues mobiles ;
  • grues auxiliaires de chargement ;
  • chariots automoteurs de manutention à conducteur porté ;
  • plateformes élévatrices mobiles de personnes ;
  • les engins de chantier télécommandés ou à conducteur porté(à l’exclusion des tracteurs agricoles et forestiers pour le régime agricole).

Un autre arrêté pris le 26 septembre 2025 est venu quant à lui abroger l’arrêté du 2 décembre 1998, relatif à la formation et à la conduite des équipements de travail mobiles automoteurs et des appareils de levage de charges ou de personnes. Il intègre la nouvelle attestation au dispositif d’évaluation du travailleur à qui le chef d’établissement délivre une autorisation de conduite.
Cette évaluation atteste que le travailleur dispose de la capacité à conduire en sécurité l’équipement pour lequel l’autorisation est envisagée.

Elle prend désormais en compte les trois éléments suivants :

  1. La détention et la présentation par le travailleur d’une attestation conforme au modèle ci-dessus, en cours de validité, qu’il ne présente pas de contre-indications médicales à la conduite du ou des équipements dont la conduite est visée par l’article R.4323-56 du Code du travail ;
  2. Un contrôle des connaissances et du savoir-faire de l’opérateur pour la conduite en sécurité de l’équipement de travail ;
  3. Une connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le ou les sites d’utilisation.

S’agissant plus spécialement des équipements de travail mobiles automoteurs et des équipements de travail servant au levage, cet arrêté définit le périmètre de la formation que doivent recevoir les personnes les conduisant.

Complétée et réactualisée chaque fois que nécessaire, elle a pour objectif de donner au conducteur les connaissances et le savoir-faire nécessaires à la conduite en sécurité. L’employeur doit également fournir au conducteur les consignes de sécurité relatives au matériel utilisé.
Elle peut être dispensée au sein de l’établissement ou assurée par un organisme de formation spécialisé, sa durée et son contenu devant être adaptés au type d’équipements de travail concerné.

Hervé Brizay – Juriste TUTOR – Groupe Pôle Prévention

Retrouvez cet article dans FOCUS d’octobre 2025, le  bulletin mensuel de veille et d’analyse juridique du Groupe Pôle Prévention.