Septembre 2015 – Altersécurité n° 111 – Evaluation de la pénibilité : ce que change la « loi Rebsamen ».
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Chauffeurs de bus, conducteurs de train, policiers, marins, membres du corps médical ou encore astronomes… En France, quelque 3,5 millions de Français travaillent de nuit, soit environ 15 % de la population active. « Lumière sur la nuit », un documentaire diffusé, voici quelques semaines sur France Télévision – et désormais disponible sur YouTube – donne la parole à ces salariés ainsi qu’à un ergonome et un médecin pour mieux comprendre l’effet de ces horaires atypiques sur la santé des travailleurs.
“Entre 2005 et 2013, les changements organisationnels ont repris et les contraintes de rythme se sont accrues”, observent les experts de la Dares, à partir des enquêtes “Conditions de travail” réalisées tous les sept ans.
Un rythme de travail plus contraint
Les analystes du ministère du Travail expliquent cette intensification par une diffusion des contraintes relatives au rythme de travail. En effet, alors qu’auparavant les secteurs de l’industrie et des services avaient chacun leurs contraintes propres, désormais “près d’un tiers des salariés cumulent des contraintes de type marchand (avoir son rythme de travail contraint par une demande extérieure – clients, public) avec des contraintes de type industriel (avoir son rythme de travail contraint par la cadence automatique d’une machine ou encore par des normes ou des délais à respecter)”.
L’étude pointe aussi l’essor de l’informatique : “la part des salariés dont le rythme de travail est imposé par un contrôle ou un suivi informatisé est passée de 25 % en 2005 (1) à 35 % en 2013”. Ce phénomène s’observe pour toutes les catégories socioprofessionnelles, mais il touche particulièrement les cadres (+12 points) et les professions intermédiaires (+13 points).
