La culture de prévention, nouvel horizon de la santé et la sécurité.

“De nombreux éléments concourent à la prévention, comme les normes ou la réglementation. Mais nous arrivons à un niveau où chaque personne au sein de l’entreprise doit intégrer elle-même la culture de prévention pour parvenir à éviter des situations qui n’auraient pas été anticipées.”

Depuis quelques années, la “culture de prévention” a pris une place croissante dans l’univers de la santé et de la sécurité au travail. Et sa promotion a même été élevée au rang de priorité par le 4e Plan Santé au travail chargé de structurer, sur ces sujets, l’action de l’État jusqu’en 2025.

L’essor de la culture n’est pas une surprise car il s’inscrit dans l’évolution qu’a connue, au fil du XXe siècle, la façon dont nous appréhendons les risques professionnels. En simplifiant à l’extrême, il s’est agi de rompre avec le fatalisme en passant d’une logique de réparation des dommages à une dynamique de prévention des risques.
Comme on le sait, cela a permis d’immenses progrès: on compte aujourd’hui un peu plus de 30 accidents du travail pour 1000 salariés contre 120 dans les années 1950 ! Toutefois, depuis quelques années, cette amélioration jamais interrompue depuis 70 ans a connu un certain effet de seuil. L’objectif visé par la promotion de la culture de prévention consiste à franchir un nouveau palier en utilisant de nouveaux leviers.

Attention collective aux risques

Lors d’un colloque consacré, en 2019, à la culture de prévention (1), Marine Jeantet, directrice des risques professionnels à la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM) résumait ainsi cette petite révolution : “De nombreux éléments concourent à la prévention, comme les normes ou la réglementation. Mais nous arrivons à un niveau où chaque personne au sein de l’entreprise doit intégrer elle-même la culture de prévention pour parvenir à éviter des situations qui n’auraient pas été anticipées. Il faut changer de braquet et d’outils pour parvenir à casser cet effet de seuil.”
On ne saurait être plus clair : la culture de prévention prend acte qu’il serait vain d’ajouter encore et encore de nouvelles strates de règles et de normes tatillonnes et contraignantes. Si bien que la solution passe plutôt par la promotion au sein même des entreprises, d’une dynamique d’attention collective aux risques. La culture de prévention mise sur l’agilité et la créativité des acteurs de terrain. Lire la suite

La qualité de vie au travail un atout à cultiver par les TPE et PME

“Le fondement même de la QVT consiste à s’inspirer de la façon dont le travail est traditionnellement pratiqué et organisé dans les meilleures des petites et moyennes entreprises.”

Et si, au-delà de la seule prévention des risques, les entreprises agissaient pour améliorer la qualité de vie au travail de leurs employés ? Cette proposition repose sur une vérité trop souvent négligée : prêter attention aux besoins humains des salariés en leur permettant de se réaliser dans leur travail est le meilleur moyen, pour l’entreprise, de renforcer d’un même mouvement leur bien-être et l’engagement. Or, contrairement à une idée reçue, ce levier de performance représente un atout naturel des TPE et PME qui devraient davantage le cultiver.

Selon un préjugé tenace, les démarches de QVT seraient peu ou prou réservées aux grandes entreprises qui seules auraient les moyens, financiers et humains, de les mettre en œuvre. Or, rien n’est plus faux car la QVT vise justement à mettre en valeur les atouts que possèdent les entreprises à taille humaine par rapport aux grosses structures nées dans le sillage de la révolution industrielle. Comme le rappelle l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) dans un récent article (1),“on trouve les fondements du concept de qualité de vie au travail (QVT) dans les années cinquante, chez Eric Lansdown Trist, du Tavistock Institute de Londres, dans le cadre de ses recherches révélant les limites du taylorisme : monotonie, déqualification, sentiment d’aliénation, impacts négatifs sur la productivité…”

La QVT représente ainsi une réponse à l’épuisement des préceptes de l’organisation scientifique du travail alors en vogue dans les grandes firmes. Chercheur en psychologie sociale, Eric Lansdown Trist est en effet le cofondateur du mouvement “Qualité de vie professionnelle”, estimant que la performance des organisations dépend avant tout du libre engagement de ses membres. Les préconisations qu’il formule au milieu des années 60 forment un véritable réquisitoire contre le travail déshumanisé qui prévaut alors dans les grandes firmes où le travail a été divisé en une infinité de tâches minuscules ne nécessitant plus aucune initiative ni aucun véritable savoir-faire de la part de celui qui les accomplit. Lire la suite

Sensibilisation des salariés aux risques professionnels – Les formations digitales ont le vent en poupe

« Les formations digitales permettent de s’adapter en souplesse au planning de l’entreprise et à l’emploi du temps de chacun des salariés »

Autrefois, les formations représentaient un investissement important pour les TPE et PME, notamment parce qu’elles nécessitaient, le plus souvent, que les salariés formés s’absentent de leur travail. Grâce à l’essor sans précédent des solutions digitales, cet écueil est désormais surmontable, notamment dans le domaine de la sensibilisation aux risques professionnels.

Lors de la crise sanitaire nous avons expérimenté de nouvelles façons de travailler, consommer, mais aussi de se former. Selon de nombreuses études et enquêtes, un nombre record d’entreprises de toutes tailles avaient alors recouru aux formations dites « distancielles » ou « digitales » pour continuer à assurer de la formation leurs salariés sans enfreindre les règles de « distanciation sociale » alors en vigueur…

Essor des formations en ligne

Mais deux ans après la fin de crise sanitaire, ces nouveaux usages perdurent. À l’instar du télé- travail, l’« e-learning », comme on l’appelle également a le vent en poupe. Selon la 9e édition du baromètre ISTF sur le digital learning (1), ce dernier a atteint, en 2023, un nouveau record. Les entreprises du secteur de la formation sont en effet désormais 27 % à considérer que leur offre de formation est majoritairement distancielle, soit une progression de 10 points aux dépens de la formation en présentiel dont la part continue de se rétracter.

Seuls 36 % des professionnels continuent à proposer une offre majoritairement présentielle, alors que c’était le cas de 44 % d’entre eux, l’année dernière. Et, preuve que cette évolution n’est pas arrivée à son terme, 30 % des entreprises prévoient de renforcer encore la part du distanciel tandis que seules 2 % envisagent plutôt de renforcer le présentiel dans leur offre. Lire la suite

Émilie Noel : “Plus de 20 000 salariés de TPE et PME se sont déjà formés avec la Preven-Box.

« Le chef d’entreprise et les chefs d’équipe doivent montrer qu’ils prennent la chose au sérieux et qu’ils attendent de leurs collaborateurs qu’ils acquièrent des connaissances et les mettent en pratique. »

Responsable Recherche et Développement Prévention au sein du Groupe Pôle Prévention, Émilie Noel a piloté la réalisation de la Preven-Box, une solution de formation à la sécurité 100 % digitale. Elle explique ici les besoins auxquels répond cet outil spécialement élaboré pour les TPE et PME.

Quand avez-vous lancé les Preven-Box et quel a été l’élément déclencheur de cette initiative ?

C’est en 2018 que le Groupe Pôle Prévention a décidé de lancer un outil de formation 100 % digital dédié aux risques professionnels. Cette initiative est née de notre expérience de terrain. Notre groupe est le leader privé de l’accompagnement des TPE et PME dans leur démarche de prévention des risques. Chaque année nous aidons ces entreprises à réaliser leur document unique d’évaluation des risques (DUER) et nous élaborons avec elles un plan d’action de prévention des risques qui comprennent souvent des actions de sensibilisation. Or, nous avons compris que les formations disponibles sur le marché ne correspondaient que très imparfaitement à leurs besoins et à leurs contraintes spécifiques, en termes de temps ou de moyens disponibles. Par les thèmes abordés, leur souplesse d’usage et leur coût très raisonnable, les Preven-Box ont été spécialement conçues pour les petites structures.

Après 5 ans, pouvez-vous tirer un premier bilan de cet outil ?

Il faut d’abord souligner l’engouement que suscite l’outil : plus de 20 000 salariés de TPE se sont déjà formés à la prévention des risques avec des Preven-Box. Preuve que l’outil fonctionne, plus de 85 % des séances ouvertes par les salariés sont menées à leur terme et se concluent par la délivrance d’une attestation, ce qui est un excellent taux. Enfin, la note de satisfaction moyenne atteint 8/10, ce qui prouve que les salariés trouvent un intérêt à leur formation.

Avez-vous identifié des facteurs de réussite d’une formation digitale ?

Au-delà de la qualité de l’outil, l’implication de la hiérarchie est essentielle. Le chef d’entreprise et les chefs d’équipe doivent montrer qu’ils prennent la chose au sérieux et qu’ils attendent de leurs collaborateurs qu’ils acquièrent des connaissances et les mettent en pratique. Les formations digitales ne sont en effet qu’une brique, certes essentielle, d’une démarche globale de développement d’une culture de prévention.

Pour en savoir plus : https://pole-prevention.com/formation/e-learning/

https://www.youtube.com/watch?v=eUfEo-W4mlM 

Des recommandations pour réduire l’impact du télétravail sur la santé

Suite aux confinements mis en place pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, le télétravail a connu un essor sans précédent.

Ce type d’organisation étant, semble-t-il, appelé à durer, Santé Publique France a souhaité mesurer son impact sur la santé des travailleurs, en se penchant particulièrement sur deux pathologies : les troubles musculosquelettiques (lombalgies) et les risques psychosociaux (dépressions).

Le facteur crucial de la durée

À cette fin, elle a réalisé une étude portant sur près de 1500 travailleurs. Les résultats montrent notamment que :
• La durée hebdomadaire de télétravail semble avoir un impact sur la survenue de lombalgie : la prévalence de la survenue de lombalgie passe de 9 % pour le télétravail à temps plein à 5 % pour le télétravail à temps partiel et à 4,8 % en absence de télétravail.
• Les conditions matérielles de télétravail ont, sans surprise, une forte influence sur le développement des pathologies. Il n’est pas neutre d’avoir ou non une pièce dédiée au travail, un second écran, un clavier ergonomique, une vraie chaise de bureau.

Améliorer l’ergonomie des postes de télétravail

L’étude formule aussi des recommandations permettant de réduire l’impact du télétravail sur la santé. Elle suggère notamment de :
• Fournir un matériel adapté pour le domicile (mobilier, écran à hauteur réglable…).
• Diffuser des recommandations ergonomiques aux travailleurs pour l’aménagement de leurs postes de travail.
• Veiller à la durée hebdomadaire de télétravail et encourager la prise de pauses régulières pour faciliter le mouvement et lutter contre les postures assises prolongées.

(1) L’étude “Conditions de télétravail : quel impact sur la santé physique et psychique des travailleurs?” est disponible sur: www.santepubliquefrance.fr