Sédentarité au travail – Un “risque invisible” à mieux prévenir

« Il a été décrit un risque accru de développer de l’obésité, un diabète de type 2 ou des pathologies cardiovasculaires avec l’augmentation du temps d’exposition aux postures sédentaires ».

Contrairement à une idée reçue, travailler assis bien calé dans un fauteuil confortable n’est pas du tout sans risque. Les données scientifiques s’accumulent et convergent : l’inactivité physique et la sédentarité constituent un « tsunami sociétal », selon les termes du cardiologue François Carré. Pour caractériser les effets de ce fléau, les Britanniques ont forgé une formule choc, « sitting is the new smoking », qui assimile la nocivité de la posture assise à celle du tabagisme. Mais comme le souligne une récente étude, les travailleurs français sont, hélas, loin d’être épargnés par ce risque invisible mais ravageur.

71% des travailleurs français estiment que leur routine professionnelle contribue à un mode de vie trop statique. C’est l’un des enseignements du « Baromètre Santé au travail 2026 », réalisé par l’institut YouGov pour Wellpass afin de sensibiliser les entreprises au danger de la sédentarité.

Un essor sans précédent de la sédentarité

Ce chiffre fait écho à une transformation profonde du travail contemporain. Non seulement, un nombre croissant d’actifs travaillent dans le tertiaire, mais de nombreux métiers autrefois réputés physiques, notamment dans l’industrie, se pratiquent désormais par la médiation d’écrans d’ordinateurs, de tablettes voire de smartphones. Si bien que les postures sédentaires sont de plus en plus courantes dans tous les secteurs professionnels.
Et lorsque les tâches sont accomplies en posture assise, elles le sont généralement très longuement. « Les professionnels dont le métier impose majoritairement ces postures sédentaires y sont confrontés, en moyenne, pendant plus de 6 heures par jour », précise Laurent Kerangueven, expert à l’INRS.
Et l’essor du télétravail n’a évidemment rien arrangé puisque, plusieurs jours par semaine, certains salariés n’ont même plus à quitter leur domicile. Seuls quelques mètres séparent leur chambre à coucher de leur poste de travail. Cette sédentarité « intégrée » à la structure du travail est ainsi devenue progressivement un risque chronique.

 Des effets délétères sur la santé

Or, l’impact négatif des postures sédentaires prolongées sur la santé des travailleurs est désormais bien documenté. « Les personnes les plus exposées aux postures sédentaires, en comparaison de celles qui l’étaient le moins, présentent une augmentation du taux de mortalité toutes causes confondues et, notamment, du taux de mortalité cardiovasculaire. Des études épidémiologiques mettent en évidence des liens entre l’exposition aux postures sédentaires et
la survenue de certaines formes de cancer. Par ailleurs, il a été décrit un risque accru de développer de l’obésité, un diabète de type 2 ou des pathologies cardiovasculaires avec l’augmentation du temps d’exposition aux postures sédentaires
», avertit l’INRS.
Et ce n’est pas tout : plusieurs études ont en effet révélé une association entre postures sédentaires et troubles musculosquelettiques (TMS), notamment des lombalgies ou encore des effets néfastes sur la santé mentale. L’étude YouGov pour Wellpass rappelle ainsi que le mouvement régule le cortisol, l’hormone du stress, si bien que l’immobilité favorise l’accumulation de stress. La fatigue mentale déclarée, dans cette étude, par plus d’un salarié sur deux en France ne peut être dissociée d’un corps insuffisamment mobilisé car « l’activité physique régulière améliore la récupération cognitive, réduit le stress et favorise la qualité du sommeil ».

Un risque professionnel, à évaluer et prévenir

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Les “pauses dynamiques”, antidote à la sédentarité

« Sur le plan physique, ces micro-interruptions favorisent la circulation sanguine, limitent les tensions musculaires et contribuent à prévenir les troubles musculo-squelettiques ».

Face à l’augmentation des postures assises prolongées, l’étude de Wellness suggère aux entreprises d’adopter et promouvoir les pauses dynamiques.

Une pause dynamique consiste à interrompre brièvement l’activité professionnelle – généralement pendant deux à cinq minutes – afin de rompre l’immobilité. Il peut s’agir de se lever, marcher quelques pas, réaliser des étirements légers, mobiliser les épaules ou le dos, changer de posture ou tenir une courte réunion debout.

L’objectif n’est ni sportif ni intensif : il s’agit avant tout de relancer le mouvement et d’éviter le maintien prolongé d’une posture statique.

Les bénéfices sont multiples. Sur le plan physique, ces micro-interruptions favorisent la circulation sanguine, limitent les tensions musculaires et contribuent à prévenir les troubles musculo-squelettiques. Elles participent également à la réduction du risque cardiovasculaire associé à la sédentarité prolongée. Sur le plan cognitif, elles améliorent la vigilance, la concentration et la récupération mentale. En rompant la monotonie posturale, elles réduisent la fatigue et soutiennent la performance sur la durée.

Contrairement à une idée reçue, la pratique d’un sport en dehors du travail ne compense pas les effets d’une immobilité prolongée en journée. Les pauses dynamiques relèvent pleinement de la prévention des risques professionnels.

Leur mise en place ne doit toutefois pas se limiter à une recommandation ponctuelle. Elle s’inscrit dans une politique globale de prévention, intégrée à l’organisation du travail et soutenue par le management. Encourager les réunions debout, instaurer des rappels réguliers de mobilité, aménager des espaces favorisant l’alternance des postures ou valoriser ces pratiques dans la culture d’entreprise sont autant de signaux forts.

Promouvoir les pauses dynamiques, c’est reconnaître que la santé physique et la performance durable reposent aussi sur la capacité collective à réintroduire le mouvement dans le quotidien professionnel.

Lavage des mains, aération des locaux… Des gestes très simples pour contrer les maladies hivernales

Premier réflexe : le lavage des mains. Les virus se transmettent en grande partie par les mains, qui entrent en contact avec des surfaces contaminées avant de toucher le visage, les yeux, le nez ou la bouche. 

Avec l’hiver, reviennent inévitablement les infections saisonnières. Grippe, rhumes, bronchites, gastro entérites… Ces maladies hivernales circulent activement dans les entreprises, favorisées par la promiscuité, les espaces clos et les contacts répétés. Pourtant, comme le rappelle l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), quelques gestes simples suffisent à limiter efficacement les contaminations au travail.

Premier réflexe, de loin le plus important : le lavage des mains. Les virus se transmettent en grande partie par les mains, qui entrent en contact avec des surfaces contaminées avant de toucher le visage, les yeux, le nez ou la bouche. Se laver les mains plusieurs fois par jour avec de l’eau et du savon reste la mesure la plus efficace. Le séchage doit être soigné, idéalement avec un essuie-mains en papier à usage unique. À défaut, la friction avec une solution hydroalcoolique constitue une alternative utile, notamment après s’être mouché, avoir toussé ou éternué.

Autre geste clef : aérer régulièrement les locaux de travail. Le renouvellement de l’air permet de réduire la concentration de virus dans les espaces clos, en particulier en période hivernale où les fenêtres restent souvent fermées. Quelques minutes d’aération, plusieurs fois par jour, suffisent à améliorer la qualité de l’air intérieur.

Les règles d’hygiène respiratoire jouent également un rôle essentiel. Tousser ou éternuer dans le creux de son coude, ou dans un mouchoir en papier à usage unique, limite la dispersion des gouttelettes contaminantes. Les mouchoirs doivent être jetés immédiatement après usage, puis les mains lavées.

Enfin, certains usages sociaux méritent d’être adaptés. Éviter la bise ou les poignées de main, surtout en cas de circulation virale active, contribue à freiner la propagation.
Autant de réflexes individuels qui, mis bout à bout, participent à une prévention collective efficace des maladies hivernales en entreprise.

Culture de prévention – Le BTP montre la voie

Un nombre croissant de dirigeants voient dans le DUERP un outil opérationnel efficace : 64 % estiment qu’il permet de « s’organiser plus efficacement » et 59 % qu’il permet « d’améliorer les méthodes et l’organisation ».

Lédition 2025 de l’enquête menée par Viavoice pour l’OPPBTP – l’Organisme professionnel de prévention du Bâtiment et des Travaux publics – sur la prévention est très encourageante. Dirigeants comme salariés expriment une forte perception de son utilité, mais aussi une appropriation plus mature des pratiques, signe que les efforts engagés depuis plusieurs années portent leurs fruits.

Plus forte adhésion à la prévention

Les résultats sont éloquents. 94 % des compagnons (les salariés intervenant sur les chantiers) se sentent concernés par la prévention des risques et 59 % estiment qu’elle est l’affaire de tous, du chef d’entreprise au salarié de terrain. Les dirigeants eux-mêmes portent un regard plus engagé : 88 % considèrent les actions de prévention utiles, notamment parce qu’elles contribuent à la performance des entreprises. C’est l’avis de 76 % d’entre eux. Cette évolution traduit un mouvement profond : pour un nombre croissant de professionnels, la prévention est
désormais perçue comme une composante naturelle du travail bien fait.
Les pratiques suivent la même tendance. 81 % des entreprises ont désormais réalisé leur Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et 64 % disposent d’un plan d’action. Si ce chiffre révèle de grosses marges de progrès, il montre aussi un bond spectaculaire de 26 points depuis 2020. Preuve d’un changement de perception, même si 79 % des entreprises admettent réaliser leur DUERP, « avant tout pour se conformer à la réglementation », un nombre croissant de dirigeants y voient aussi outil opérationnel efficace : 64 % estiment qu’il permet de « s’organiser plus efficacement » et 59 % qu’il permet « d’améliorer les méthodes et l’organisation ».

Coller aux réalités du terrain

Les compagnons valident cette évolution avec toutefois certaines limites. Ainsi, seuls 60 % déclarent porter systématiquement leurs EPI. Pour les auteurs de l’étude, cette lacune s’explique par « la persistance d’une certaine culture dans le secteur du BTP qui relativise la sécurité, les accidents ou maladies professionnelles […] voire estimant que cela fait partie du métier ». Cependant, des campagnes de sensibilisation peuvent y remédier : 79 % des compagnons affirment « qu’elles ont permis de développer la prise de conscience sur les risques au sein de l’entreprise ». Pour les compagnons, les politiques de prévention ont d’autant plus de succès qu’elles collent aux réalités du terrain.
La même attente est exprimée par les dirigeants de TPE. En effet, si 78 % ont réalisé leur DUERP, ils admettent avoir davantage de difficultés à déployer des actions de prévention parfois jugées trop théoriques et décalées par rapport à leurs moyens et aux réalités du terrain. L’étude confirme ainsi que ces entreprises ont davantage besoin du soutien de partenaires de confiance capables de rentrer dans leurs problématiques et d’élaborer avec elles des plans d’actions concrets, réalistes et centrés sur leur « travail réel ».
Malgré les freins identifiés, l’étude révèle ainsi un profond désir de bien faire, stimulé par les difficultés de recrutement et les attentes croissantes en matière de conditions de travail mais aussi par le volontarisme très inspirant dont fait preuve leur branche professionnelle.

Formez vos équipes aux risques d’addiction grâce au e-learning !

Pour répondre à leurs obligations légales en matière de prévention des addictions, les chefs d’entreprise disposent d’un outil simple et efficace

Le module Préven-Box – Addictions, proposé sous forme de formation 100 % digitale. Accessible en ligne à tout moment depuis un ordinateur ou un smartphone, il permet aux salariés d’acquérir les bases nécessaires pour comprendre et prévenir les pratiques addictives au travail. Le parcours aborde les causes possibles de ces comportements, aide à identifier les facteurs de risque et explique de manière concrète comment réagir face à une situation d’addiction en milieu professionnel. Chaque salarié suit la formation à son rythme et valide ses acquis grâce à un test final. La réussite de ce test donne lieu à la remise d’une attestation de formation, que l’employeur peut intégrer au Document unique d’évaluation des risques professionnels ou au Passeport Prévention du salarié. Pour les TPE et PME, cette formule présente de nombreux avantages : elle est simple à mettre en œuvre, financièrement accessible et déjà largement éprouvée, puisque plusieurs dizaines de milliers de salariés ont suivi une formation Préven-Box à ce jour.

Pour en savoir plus sur les Preven-box