Accidents routiers : des coûts réels

Alors que la crise du Covid-19 a fait fondre les marges financières des entreprises, le coût de la sinistralité routière consécutif à la reprise des déplacements professionnels pourrait bien aggraver la situation. Souvent sous-estimés, quand ils ne sont pas méconnus, ces impacts doivent d’abord être chiffrés pour pouvoir être maîtrisés.

Une bombe à retardement pour les entreprises ?

Marqué par le confinement, le mois de mars 2020 restera synonyme de bonne nouvelle pour la sécurité routière. Le nombre de tués a dégringolé de près de 40 % par rapport à la même période, l’année précédente. Mais cette embellie n’a pas profité aux professionnels, conducteurs de véhicules utilitaires ou de poids lourds.

Autorisés à rouler pour satisfaire les besoins essentiels de la population, ils n’ont pas connu de réduction de la mortalité routière. Un constat qui met en relief une réalité que les préventeurs connaissent bien : chaque kilomètre parcouru augmente l’exposition au risque d’accident. Comme les professionnels roulent beaucoup, ils y sont de fait particulièrement confrontés : 39 % des accidents corporels de la circulation survenus en 2018 avaient un lien avec le travail, selon l’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR). Pourtant, les chefs d’entreprise ont encore du mal à estimer ce risque à sa juste mesure car la probabilité de se retrouver confronté à un sinistre très grave reste faible. Selon les données de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) portant sur la période 2015 – 2017, les accidents routiers en mission suivis de plus de quatre jours d’arrêt n’ont représenté que 3 % des accidents de travail. Mais ils ont pesé lourd : 40 % des décès indemnisés ont été consécutifs à un accident de mission ou de trajet. Lire la suite