Document unique – Une approche entrepreneuriale de la prévention des risques

“La prévention des risques professionnels ne peut pas seulement consister en l’application de règles, de normes et de procédures.

Pour savoir où on veut aller, il faut savoir d’où on part. Aucune gestion rationnelle des risques sanitaires au travail n’est envisageable sans leur mesure”, écrit le professeur William Dab, responsable de la chaire d’hygiène et sécurité du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) dans le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire(BEH) de Santé publique France.

Prolifération des normes

De la sorte, cet ancien directeur général de la santé pointe l’un des principaux travers du système français de prévention des risques : la prédilection pour les normes et les règles. Dans les colonnes du quotidien Libération, il enfonçait le clou : “Prenez l’exemple de la prévention des chutes dans les escaliers en entreprise. En France, il y a plus de 2 000 réglementations, avec des obligations par exemple d’escalier à 25 marches. Pourquoi ? Cela n’a aucun sens. Dans les autres pays européens, c’est beaucoup plus simple, on leur demande de faire un plan de prévention, et au bout d’un temps T, on évalue les résultats. En France, on a longtemps pensé qu’il suffisait d’édicter des normes pour régler un problème”. Comme en témoignent les milliers de réglementations de toutes natures consignées dans les livres IV et V du Code du travail consacrés aux risques, cette dérive est loin d’être imaginaire. Lire la suite

Une étude dévoile les causes professionnelles des pensées suicidaires

Si les chômeurs sont beaucoup plus sujets aux pensées suicidaires que les actifs, ces derniers ne sont cependant pas épargnés.

Selon une étude de Santé publique France, en 2017, 3,8 % d’entre eux affirment en avoir eues, mais des écarts significatifs existent selon le sexe, le statut, le revenu et le secteur d’activité.

En 2017, quelque 4,7 % des Français affirmaient avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. Preuve que l’emploi contribue globalement au bien être, chez les personnes actives ce taux est de 3,8 %. En revanche, signe que tout n’est pas rose au travail, entre 2010 et 2014, le pourcentage des personnes actives occupées attribuant des motifs professionnels à leurs pensées suicidaires est passé de 37,1 à 44,8 %.

Des disparités selon le sexe, le statut, le revenu et le secteur d’activité.

Les données recueillies auprès d’un échantillon représentatif de 14 536 actifs disposant d’un emploi ont permis de mettre en évidence de fortes disparités en fonction de divers critères. Lire la suite

Conditions de travail, santé et sécurité, priorités des futurs CSE

Alors que de nombreuses entreprises travaillent à la fusion des anciennes instances représentatives du personnel au sein du nouveau Conseil social et économique (CSE) à mettre en place pour le 1er janvier 2020 au plus tard, une enquête de l’Ifop dévoile les inquiétudes que cette réforme suscite chez les élus du personnel.

Selon cette étude, leurs craintes se cristallisent notamment sur la prise en compte des dossiers autrefois suivis par le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). 33 % des élus redoutent “une moins bonne prise en compte des enjeux de santé et sécurité au travail”, notamment en raison de “la difficulté de mobiliser les élus d’une instance généraliste sur ces sujets réputés arides et techniques”.

Cette inquiétude reflète l’importance croissante de ces thématiques dans le monde du travail. Invités à désigner les sujets prioritaires pour le CSE, les élus plébiscitent “les conditions de travail”(63 %), “la santé et les risques psychosociaux”(60 %) et “la sécurité” au sens strict (26 %). De façon significative, ces sujets relevant de la prévention des risques distancent très largement ceux relevant du “management et des rémunérations”(36 %). Nul doute que ces résultats doivent inciter à se saisir de ces sujets, y compris en dehors du futur CSE. Lire la suite

Travailler pour bâtir un avenir meilleur – Un rapport de l’OIT sur l’avenir du travail

“De nouvelles forces transforment le monde du travail. Les transitions que cela suppose demandent une action décisive.”

Cette conviction a conduit l’Organisation internationale du travail (OIT) à réunir une Commission mondiale sur l’avenir du travail dont le rapport a été rendu public à l’occasion de son centième anniversaire.

C’était il y a cent ans. En 1919, au lendemain d’une guerre mondiale dévastatrice, les gouvernements, les employeurs et les travailleurs fondaient l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans le but d’améliorer “des conditions de travail impliquant pour un grand nombre de personnes l’injustice, la misère et les privations”. Par cet élan, ils entendaient humaniser la mutation de grande ampleur qu’avait représentée la révolution industrielle du XIXe siècle. Lire la suite

« Bullshit Jobs » Par David Graeber

Après le succès mondial rencontré par son article sur “le phénomène des jobs à la con”, l’anthropologue David Graeber, professeur à la London School of Economics, consacre à ce sujet une vaste enquête. En puisant dans les nombreux témoignages qu’il a reçus, il dresse un inventaire des métiers et fonctions inutiles qui, selon lui, proliféreraient dans les organisations contemporaines rendant malades ceux qui les exercent.

Même si l’auteur s’abstient de cerner précisément ces jobs, cette plongée en apnée dans les abysses bureaucratiques des entreprises et administrations contemporaine contribue à éclairer le phénomène du bore-out, cette pathologie psychique frappant les personnes qui s’ennuient mortellement au travail. Lire la suite