Radiographie des violences en milieu de santé

“Angoisse, frustration, démoralisation, épuisement moral, lassitude, stress, peur…”


Tels sont quelques-uns des termes utilisés par les professionnels de santé pour décrire leur ressenti face aux violences dont ils sont victimes dans l’exercice de leur métier, le plus souvent de la part de patients ou des personnes qui les accompagnent. Preuve de l’ampleur prise par le phénomène, depuis 2005 celui-ci est suivi par un organisme dédié : l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) qui vient de publier son rapport 2019 (1).

Une large palette de violences

En 2018, l’ONVS a reçu plus de 23 000 signalements de violences de la part de 426 établissements de santé. Loin d’être exhaustive cette base de données permet toutefois de dresser une typologie des violences subies. En l’occurrence, 20 % visent les biens et 80 % les personnels. Depuis les incivilités jusqu’aux agressions caractérisées, la palette des situations vécues par les personnels est vaste. Un verbatim permet de s’en faire une idée : “Patient de 16 ans, admis pour une plaie à l’arme blanche dans le dos. Agressif, refusant tous les soins, violent, il essaie de nous frapper, insultant, nous crache dessus à plusieurs reprises.” ; “Deux individus armés de couteaux entrent dans les Radiographie des violences en milieu de santé urgences à la recherche d’une personne suite à une rixe dans la rue, pour ‘finir le travail’ sur un patient arrivé plus tôt pour plaie par couteau” ; “Un patient est venu avec son groupe d’amis au sein du service des urgences. Ces derniers sont montés dans l’ambulance privée stationnée dans le hangar et ont fait sonner la sirène du véhicule. Par la suite un des amis urine de la rambarde et devient agressif et insultant quand une infirmière lui fait remarquer son incivilité.”, etc. Lire la suite

Explosion des cas de burn-out recensés en Suisse

Beaucoup d’organisations ont conçu leur transformation numérique autour de l’expérience client.

Encore trop peu équilibrent ces investissements par une attention soutenue à l’expérience travailleur.

Selon une récente enquête du quotidien zurichois Neue Zürcher Zeitung s’appuyant sur les données recueillies par deux assureurs, les arrêts de travail prescrits pour des causes psychologiques ont littéralement explosé dans la confédération helvétique depuis 2012.

Les absences liées à des problèmes de santé mentale auraient ainsi augmenté de 70% depuis 2012 parmi les assurés de PK Rück, tandis que l’assurance-maladie Swica aurait, quant à elle, enregistré une augmentation de près de 50 % du nombre d’arrêts liés à une maladie mentale en 6 ans.

Comme en France, la majorité des cas recensés sont des dépressions et des épuisements professionnels qui donnent lieu à des arrêts de travail de 18 mois en moyenne, soit une durée deux fois plus importante que pour les autres maladies. En Suisse, le coût des absences, pertes de production et rentes d’invalidité dues au stress était déjà estimé en 2012 à plus de 9 milliards d’euros par an par le Secrétariat d’État à l’économie.

Pour aller plus loin : “Burnout: Arbeitsausfälle steigen auf Rekordhoch”, NZZ am Sonntag, 11/01/20

Transport de matières dangereuses, règles de circulation sur la voie publique

Il est fréquent de croiser sur la route des véhicules transportant des matières dangereuses (TMD). Ils sont aisément identifiables par leurs plaques étiquettes de danger et leurs panneaux orange.

Mais à quoi correspondent les pictogrammes et les codes qui y apparaissent et quels sont les droits et les devoirs des conducteurs de ces véhicules vis-à-vis des autres usagers de la voirie ?

Le transport de matières dangereuses est régi par un règlement, l’arrêté du 29 mai 2009 modifié, dit «arrêté TMD », et l’ADR (1), un accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route.

C’est ce dernier texte, volumineux et complexe, qui représente la colonne vertébrale des règles applicables à ce type  de transport, en France et en Europe. Au sens de l’ADR, les marchandises dangereuses – matières ou objets, solutions ou mélanges, préparations ou déchets répertoriés dans la réglementation – appartiennent à l’une des neuf classes ou sous-classes de dangers (voir p.16). Chaque matière est identifiée et classée en fonction d’une série de codes propres à chacune d’elles. Lire la suite

Extension du préjudice d’anxiété : le bouclier d’un document unique rigoureux

Seule une évaluation précise, rigoureuse et formalisée peut permettre aux entreprises mises en cause de démontrer le sérieux avec lequel elles se sont acquittées de leur obligation de sécurité.

“Nous disposons d’un nouvel outil dissuasif qui devrait inciter les employeurs à porter une attention soutenue et des investissements nécessaires pour mieux prévenir les risques. Cela va devenir rentable d’investir dans la prévention, dans la mesure où plane cette menace d’une sanction judiciaire.”

C’est ainsi que Me Jean-Paul Teissonnière, avocat des victimes françaises de l’amiante, a commenté les arrêts par lesquels, le 11 septembre dernier, la Cour de cassation a étendu le champ d’application du préjudice d’anxiété à tous les salariés exposés à des substances toxiques ayant des effets graves et différés sur la santé(1).

4 à 5 millions de salariés concernés Lire la suite

Addictions en milieux professionnels : pour des démarches de prévention collective

“85 % des dirigeants d’entreprises affirment être préoccupés par les questions de toxicomanies et leurs impacts au travail.”

« Consommer de l’alcool ou de la drogue n’est pas une affaire strictement privée, si bien que les employeurs n’ont pas seulement le droit mais l’obligation de prévenir les addictions de leurs salariés ».


Une récente brochure Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Midelca) recommande aux entreprises de mettre en place des actions de prévention collective des addictions plutôt que de recourir au seul règlement intérieur.

Même si les statistiques montrent que l’emploi constitue un facteur protecteur par rapport aux addictions, le milieu de travail est loin d’être épargné par la consommation de substances psychoactives : tabac, alcool, cannabis, médicaments psychotropes…

C’est ce que rappelle une récente brochure éditée par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Midelca).

Addictions et conditions de travail

Son premier objectif ? Briser le tabou dont font encore l’objet les conduites addictives au travail.

Quelques chiffres permettent de cerner l’enjeu : parmi les actifs, “18,6 % ont eu un épisode d’alcoolisation ponctuelle importante dans le mois, 9,5 % ont des ivresses répétées, 28 % fument quotidiennement et 9,6 % ont consommé du cannabis dans l’année”. Lire la suite