Travailler pour bâtir un avenir meilleur – Un rapport de l’OIT sur l’avenir du travail

“De nouvelles forces transforment le monde du travail. Les transitions que cela suppose demandent une action décisive.”

Cette conviction a conduit l’Organisation internationale du travail (OIT) à réunir une Commission mondiale sur l’avenir du travail dont le rapport a été rendu public à l’occasion de son centième anniversaire.

C’était il y a cent ans. En 1919, au lendemain d’une guerre mondiale dévastatrice, les gouvernements, les employeurs et les travailleurs fondaient l’Organisation internationale du Travail (OIT) dans le but d’améliorer “des conditions de travail impliquant pour un grand nombre de personnes l’injustice, la misère et les privations”. Par cet élan, ils entendaient humaniser la mutation de grande ampleur qu’avait représentée la révolution industrielle du XIXe siècle.

Rien d’étonnant donc à ce que l’OIT lance aujourd’hui un appel pressant pour relever le défi des trois transitions de grande ampleur qui se déploient en ce début de XXIe : transition technologique avec l’essor de l’intelligence artificielle, de l’automatisation et de la robotique ; transition écologique avec l’abandon progressif des modes de production les plus polluants et consommateurs de ressources, transition démographique marquée par de fortes disparités régionales.

Pour les auteurs du rapport, ces mutations vont nécessairement bouleverser le monde du travail, mais elles ne sont ni bonnes ni mauvaises en elles-mêmes : elles seront ce que nous en ferons.

D’où une série de recommandations organisées autour de trois axes d’investissement, dans le potentiel humain, dans le travail décent et durable et dans les institutions de travail. Parmi celles-ci, citons le droit à l’apprentissage tout au long de la vie afin que chaque individu puisse se former, se recycler et se perfectionner ; le renforcement des investissements dans l’économie du soin, l’économie verte et l’économie rurale ; une gestion des changements technologiques qui favorise le travail décent, y compris un système de gouvernance internationale pour les plateformes de travail numérique ; ou encore la garantie d’une protection sociale universelle de la naissance à la vieillesse.

Ces propositions assises sur des scénarios prospectifs alimenteront les discussions et les travaux de la Conférence internationale du travail qui se tiendra en juin prochain à Genève. Mais dès à présent, elles peuvent alimenter la réflexion de tous les membres de l’entreprise car c’est aussi à ce niveau que va s’élaborer, au quotidien, le travail de demain.

Pour aller plus loin : Le rapport de la Commission mondiale sur l’avenir du travail est consultable sur www.ilo.org.