Technostress : les nouveaux risques du “travail à l’ère numérique”

Technostress

“Au cours des deux dernières décennies, les nouvelles technologies ont progressivement façonné un “nouveau monde du travail”. Ces nouveaux environnements professionnels confrontent les travailleurs et leurs organisations à de multiples défis.”, observe Gérard Valenduc, professeur honoraire à l’université de Namur.

Généralisation du “technostress”

Pour ce chercheur spécialisé dans la dimension sociale et humaine des changements technologiques, le risque aujourd’hui le plus répandu est le “technostress” lié aux technologies numériques de communication. “Le technostress désigne l’augmentation de la charge psychosociale liée au travail, à partir du moment où les potentialités offertes par les nouveaux outils digitaux se transforment en pression sur le travailleur, au niveau des attentes explicites ou implicites de son employeur ou de ses collègues, des attentes ou exigences des clients, à cause de problèmes de connectivité qui perturbent le travail ou encore sous la forme d’une dépendance à l’égard des outils digitaux, particulièrement les outils mobiles comme les smartphones”, explique-t-il.

Travailler avec des robots

Mais d’autres risques, liés à des technologies en cours de diffusion, émergent déjà, tels ceux induits par l’arrivée de nouvelles générations de robots, dits “intelligents” ou “apprenants”, voire “autonomes” avec lesquels l’homme va devoir interagir. Ce partage inédit de l’environnement de travail, pose évidemment de nombreuses questions en termes de sécurité : “Comment anticiper le comportement d’un robot mobile ? Comment concevoir des espaces de travail sécurisés, où évoluent à la fois des robots et des humains ? Que veut dire collaborer avec un robot ? La collaboration entre humains repose souvent sur la définition d’objectifs communs à atteindre ensemble, mais qu’en est-il d’objectifs communs entre des robots et des travailleurs ?” Pour y répondre, l’expérience manque encore. Mais, pour le chercheur, une chose est sûre : la prévention des risques induits par ces robots ne peut reposer sur leurs seuls concepteurs. Les dirigeants et salariés doivent s’y investir également, en faisant valoir leurs exigences.

Pour aller plus loin : HesaMag n° 16, janvier 2018, consultable sur www.etui.org/fr