Se préparer à la gestion des événements traumatiques en entreprise

Décès brutal par accident ou maladie, suicide ou tentative de suicide, accident grave, braquage, violences graves, alertes à la bombe, explosions…

Au sein d’une entreprise et plus généralement de toute organisation de travail, des événements traumatiques peuvent survenir. Il est dès lors essentiel que la hiérarchie dispose des protocoles pour y faire face efficacement. Afin de s’y préparer, un guide réalisé récemment par Association Régionale de Prévention du suicide et de Promotion de la santé mentale en Poitou-Charentes passe en revue les actions à mettre en œuvre lorsqu’un tel événement survient.

Les événements traumatiques n’arrivent pas qu’aux autres. Il est donc conseillé de s’y préparer car mieux un tel événement est géré et moins l’impact sur les salariés et l’organisation sera important. Il ne faut en effet pas s’y tromper : ces événements sont “générateurs de souffrances qui fragilisent la personne, les équipes et l’institution elle-même”. Parmi les conséquences les plus fréquentes : “l’absentéisme, la démotivation et la désorganisation du travail”.

Constituer une équipe de crise

Lorsqu’un événement survient, après avoir pris les mesures d’urgence visant à prévenir une extension des dommages – notamment en alertant les secours -, “la priorité absolue est de réunir une équipe de crise”. Selon la taille de l’établissement touché, celle-ci peut comprendre : l’employeur ou son représentant, le médecin du travail, le psychologue, l’assistante sociale, l’infirmière de l’entreprise ou du service de santé au travail, le secrétaire du CHSCT et le délégué du personnel, sans oublier les personnes de l’entreprise indispensables à l’évaluation de la situation mais non impliquées directement dans l’événement (chef d’atelier, responsable du service, collègue de travail…).

Rôle de l’équipe de crise

Aussitôt constituée, l’équipe doit recueillir des informations factuelles, précises et objectives sur l’événement ; s’assurer que la famille est informée ; identifier les personnes impliquées dans l’événement et/ou exposées à ses répercussions : victimes, témoins, etc. Ensuite, elle planifie les actions à mettre en œuvre, notamment en vue d’organiser les soutiens à la famille et aux collègues de travail. C’est également à cette équipe qu’il revient d’annoncer l’événement aux différentes personnes concernées.

Annoncer l’événement

Une communication rapide permet en effet de “contenir les débordements, éviter que l’information soit déformée, et que les interprétations prennent le dessus sur la réalité”. Les personnes à informer sont, par ordre chronologique : la famille et les proches, les collègues de travail, l’ensemble des salariés et les médias. Il est crucial que chacun de ces publics puisse demander des informations complémentaires auprès d’un correspondant chargé de cette mission. Les moyens choisis comptent aussi : si la presse peut être prévenue via un simple communiqué écrit, les proches et les collègues doivent être prévenus par un responsable présent physiquement.

Organiser les soutiens

La cellule de crise organise ensuite les soutiens en direction des publics concernés. Les soutiens à la famille. La cellule reste en contact avec les familles de victimes. Elle s’informe de la suite des événements (hospitalisation, convalescence, voire obsèques) et des besoins éventuels des familles. En fonction des circonstances, elle peut proposer une aide financière d’urgence ou suggérer un soutien psychologique assuré par des professionnels. En cas de décès, elle facilite aussi la restitution des affaires des victimes aux membres de la famille et permet à ceux-ci de se rendre sur le lieu de travail s’ils le souhaitent.

Les soutiens aux collègues. Ils passent essentiellement par la création d’espaces de paroles “animés par un binôme de professionnels de santé disponibles pour cela, et en capacité de proposer un contexte bienveillant et rassurant”. On recourra en priorité au médecin du travail ou aux membres de l’équipe médico-sociale de l’entreprise. Mais on peut aussi se tourner vers les professionnels de santé médico-psychosociale des réseaux de proximité. À travers des entretiens individuels et en groupe, chacun doit “se sentir reconnu dans ce que peut provoquer en lui l’événement” et réaliser qu’il n’est pas seul face à cette souffrance. Il est également judicieux de “proposer des supports sur lesquels il est possible de laisser des traces écrites, des témoignages de sympathie ou de solidarité (lettres, collecte, messages, etc.)”.

Unis dans l’épreuve

Par ces actions concrètes, l’entreprise démontrera à tous ses membres qu’elle n’est pas seulement une communauté d’intérêt mais bien une communauté humaine unie et solidaire, y compris dans les épreuves. Inutile de dire que, c’est là une attente qu’il ne vaut mieux pas décevoir…

Pour aller plus loin : Le guide pratique “Accompagner un événement traumatique en milieu de travail”, peut être téléchargé librement sur Internet à l’adresse suivante :