Santé des patrons de TPE/PME : gare à la fatigue à l’isolement et au stress !

« La santé, “premier capital immatériel de l’entreprise »

Les entrepreneurs n’aiment visiblement pas se plaindre. Interrogés à l’occasion du 2e baromètre santé et qualité de vie des dirigeants de TPE/PME Malakoff-Médéric, une grande majorité d’entre eux affichent un enthousiasme à toute épreuve : “Ils ont confiance dans leur vie personnelle (91 %) et leur santé (88 %) pour les prochaines années. Bref, ils sont en forme et leur moral s’améliore par rapport à l’enquête de 2015”.Toutefois, une analyse plus précise des données recueillies incite à davantage de prudence…Stress et fatigue nerveuse.

Le premier risque transparaissant de l’enquête est celui du surmenage. En effet les dirigeants de TPE/PME apparaissent “particulièrement confrontés au stress, à l’usure et à l’isolement”. Pour 4 dirigeants sur 10, les journées sont stressantes et parmi eux, “55 % lient ce stress à la charge de travail, à l’urgence et aux responsabilités”. De même, 35 % se sentent isolés dans le cadre de leur fonction et 59 % estiment que “leur travail est nerveusement fatigant”.

Cette fatigue est bien compréhensible tant leur rythme de travail est soutenu. Alors qu’ils disent chercher à lever le pied, 39 %travaillent 50 heures ou plus par semaine et 17 % plus de 60 heures par semaine. De même, 2 sur 3 prennent moins de cinq semaines de congé par an. Enfin, pour travailler plus, les dirigeants dorment peu : 32 % dorment moins de six heures par nuit et 19 % ont des troubles réguliers du sommeil.

Les contraintes spécifiques des MPE

Absorbés par leur travail, une majorité d’entrepreneurs ont tendance à le faire passer devant leur santé.“71 % déclarent ne pas pouvoir s’arrêter même si leur médecin leur propose un arrêt-maladie. Parmi les 10 %qui se sont vus prescrire un arrêt dans l’année, 6 sur 10 ne l’ont pas pris et 23 % l’ont pris mais pas en totalité.” Comme le relèvent les experts, “l’idée de s’interdire d’être malade et l’image du battant que rien ne peut contraindre à s’arrêter ne sont pas mortes !”

Pas moins de 88 % des dirigeants interrogés y souscrivent. Cette attitude n’est pas seulement le fait de contraintes extérieures mais, le plus souvent de leur passion professionnelle. 51 % des dirigeants sont “tout à fait d’accord” pour dire que devenir dirigeant a été “un choix de vie, une vocation”. Enfin, ils ne cachent pas retirer de leur travail “un sentiment de liberté et d’accomplissement”. Pour 75 % d’entre eux, être dirigeant d’entreprise permet de “mener à bien des projets qui leur tiennent à cœur”.

La santé, “premier capital immatériel de l’entreprise”

Toutefois, les dirigeants s’ils veulent cultiver leur passion dans la durée, les dirigeants devraient veiller à se ménager un peu. D’ailleurs, 57 % d’entre eux affirment qu’ils “ne se sentent pas capables de travailler au même rythme dans dix ans”. Un sentiment partagé par quelque 46 % des jeunes dirigeants de 30 à 39 ans qui pourtant seront alors encore bien loin de la retraite…

Autant dire que si les dirigeants de TPE/PME ont le devoir – légal et moral – de protéger la santé de leurs salariés, ils doivent aussi se préoccuper de la leur. Comme ne cesse de l’écrire Olivier Torrès, chercheur associé à Montpellier Business School et fondateur du premier observatoire sur la santé des travailleurs non salarié, “le capital santé du dirigeant est le premier actif immatériel de l’entreprise”.

Pour aller plus loin : “2e baromètre santé et qualité de vie des dirigeants”, décembre 2017, consultable sur www.lecomptoirmm.com