Risques psychosociaux : les agents de la fonction publique en première ligne

Contrairement à une idée reçue, les risques psychosociaux ne sont nullement l’apanage d’un secteur marchand soumis aux dures lois de la concurrence.

Selon une récente étude du ministère de l’Action et des Comptes publics, les agents publics y seraient même davantage exposés que les salariés du privé.

Des agents publics plus exposés que les salariés du privé

Selon les différents employeurs de la fonction publique, 56,3 % des agents publics travaillent dans des établissements dans lesquels au moins 10 % des salariés sont exposés par “la nécessité de travailler dans l’urgence”, ce qui n’est le cas pour 30,4 % des salariés du secteur marchand et associatif. Or ce décalage se vérifie dans la quasi-totalité des facteurs de mal-être psychique au travail comme le “sentiment de ne pas pouvoir faire un travail de qualité”(46,6 % contre 16,6 %) ou une “charge de travail trop importante”(43,7 % contre 18,4 %). De même, les tensions inhérentes à la vie professionnelle semblent plus vives dans la fonction publique. C’est vrai des “tensions avec le public” (41,3 % contre 18,1) mais aussi des “tensions avec la hiérarchie” (26,5 % contre 8,6 %) et des “tensions entre collègues”(33,8 % contre 10 %). Si bien que “la seule exception porte sur la crainte du chômage” qui ne concerne pas les agents titulaires de la fonction publique.

Une prévention des RPS encore trop peu formalisée

Pour remédier à cette situation, les employeurs de la fonction publique ne restent pas inactifs. Ainsi, 90 % des agents du secteur public travailleraient dans un établissement ayant pris des mesures pour prévenir les risques psychosociaux au cours des trois dernières années. “En revanche, ces actions semblent trop peu formalisées puisque, selon l’étude, seuls 50,4 % des agents publics travaillent dans un établissement ayant élaboré ou mis à jour, au cours des douze derniers mois, un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) incluant les risques psychosociaux”, déplore Philippe Mège, directeur d’Impact Prévention, une société du réseau Pôle Prévention spécialisée dans la prévention des RPS. Toutefois, dans un contexte marqué par un resserrement des budgets et dans la perspective de profondes réformes organisationnelles, la prévention des RPS devrait rapidement s’imposer comme une priorité dans de larges pans de la fonction publique.

Pour aller plus loin : “Prévention des risques psychosociaux : les employeurs du public déclarent une forte exposition et une prévention active”, Ministère de l’Action et des Comptes publics, Point Stat, Février 2019, librement consultable sur : www.fonction-publique.gouv.fr