Risques professionnels – Les chiffres clés 2017 de l’Assurance Maladie

“Avec une moyenne de 33,4 accidents du travail pour 1 000 salariés en 2017, la sinistralité liée au risque accident évolue légèrement à la baisse par rapport à 2016 et se stabilise à un niveau historiquement bas. Elle était de 120 accidents pour 1 000 salariés lors de la création de la branche en 1946.”

C’est le principal enseignement du bilan établi par l’Assurance Maladie en matière de santé et sécurité au travail. Raison de plus accentuer l’effort de prévention sur les activités les plus exposées et les risques émergents.

 Réduction globale des accidents et baisse spectaculaire dans le BTP

Entre 2016 et 2017, la fréquence des accidents du travail a baissé de 0,5 %, confirmant ainsi une tendance générale à la baisse depuis 15 ans. En 2002, elle s’établissait encore à 43 accidents recensés pour 1 000 salariés contre 33,4 aujourd’hui. Dans certains secteurs, la baisse obtenue grâce aux efforts de prévention engagés est encore plus spectaculaire. C’est notamment le cas du BTP où la baisse, continue depuis 20 ans, a atteint cette année 3 % pour atteindre 56,8 accidents pour 1 000 salariés.

L’aide à la personne et l’intérim à contre-tendance

En revanche, certains secteurs évoluent à contre-tendance. C’est notamment du secteur de l’aide et des soins à la personne qui poursuit sa hausse. “Son indice de fréquence est à 52,8 ‰ et à 97,2 ‰ pour les activités les plus sinistrogènes du secteur, notamment les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes et l’aide à domicile”, précise l’Assurance Maladie. De la même façon, le secteur de l’intérim poursuit sa hausse avec un indice de fréquence à 53,6 ‰, s’expliquant notamment par la reprise économique que connaissent les activités temporaires depuis 2 ans.

Manutention, chutes et accidents de trajet, principales causes d’accidents.

Quelque 51 % des accidents de travail recensés par l’Assurance maladie ont été causés par des manutentions manuelles. C’est, de loin, la première d’accident devant les chutes de hauteur et de plain-pied (28 %) et les blessures occasionnées par l’utilisation d’outillage à main (8 %). On dénombre aussi 92 741 accidents de trajet (dont la moitié liée au risque routier), soit une hausse de 4,3 % par rapport à 2016. Preuve que les efforts doivent être accentués en la matière, “la sinistralité trajet ne connaît alors plus d’amélioration significative depuis 2004”. Afin d’orienter la prévention, précisons que 34 645 accidents de trajets ont été provoqués par une perte de contrôle du moyen de transport et que dans 47,8 % des cas, il s’agissait d’une voiture.

Maladies professionnelles : la baisse se poursuit mais moins vite

La réduction du nombre des maladies professionnelles, constatée à partir de 2012, se poursuit mais à un rythme désormais plus faible. La baisse a atteint 0,5 % entre 2016 et 2017 contre 4,3 % entre 2015 et 2016. “Cette tendance est essentiellement le reflet de la baisse des troubles musculo-squelettiques (- 0,4 % en 2017 contre – 4,1 % en 2016) et des maladies liées à l’amiante qui diminuent toujours rapidement (- 5,9 % entre 2016 et 2017). Les cancers (hors amiante) sont, quant à eux, toujours en hausse, ainsi que les maladies professionnelles ‘hors tableau’ comme, par exemple, les risques psychosociaux”, précise l’Assurance Maladie.

 Les troubles musculo-squelettiques (TMS), premières maladies professionnelles

Pas moins de 87 % des 48 522 maladies professionnelles recensées en 2017 sont des troubles musculo-squelettiques (TMS). L’Assurance Maladie recommande d’accentuer les efforts consentis pour leur prévention car “elles sont directement liées aux conditions de travail”et provoquent dans 46 % des cas des séquelles se traduisant par des “incapacités permanentes”.

 Les affections psychiques en forte hausse

En 2017, 806 cas d’affections psychiques ont été pris en charge. Même si ce nombre représente encore une faible part de l’ensemble des maladies professionnelles, il suscite une certaine inquiétude en raison de sa progression rapide (+ 35 % en un an) et de la durée plus importante des arrêts de travail qu’entraînent ces troubles. “Les durées moyennes d’arrêt de travail sont de 112 jours pour les affections psychiques reconnues en accidents du travail, là où la moyenne, tous accidents du travail confondus, s’établit à 65 jours”, précisait un rapport de l’Assurance Maladie publié en janvier 2018.

Pour aller plus loin : La brochure “L’essentiel 2017 – Santé et sécurité au travail” et le “Rapport annuel 2017” de l’Assurance Maladie sont librement consultables sur www.risquesprofessionnels.ameli.fr/brochures.htm