QVT et document unique – Deux démarches liées

Alors que se déroule, du 17 au 21 juin 2019, la Semaine de la Qualité de vie au travail (QVT), de nombreux articles, rencontres et débats sont consacrés, dans la presse généraliste et spécialisée, à cette démarche novatrice.

Libérer la QVT des gadgets ludiques

C’est l’occasion de rappeler que la QVT ne saurait être assimilée à des actions aussi dérisoires que la mise à disposition des travailleurs d’un baby-foot, de salles de sport, de séances de massages ou de conseils diététiques. En effet, ces initiatives, si sympathiques puissent-elles être – lorsqu’elles ne résultent pas du pur artifice de communication – passent totalement à côté du sujet.

En effet, comme le rappelle l’Accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 portant sur la QVT, celle-ci se définit comme “un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué.” La QVT ne relève donc nullement d’une quelconque culture du “fun”. Elle ne concerne pas les “afterworks” ni les à-côtés du travail mais le travail lui-même dans le but premier d’améliorer aussi bien les conditions de travail que l’efficacité des équipes.

Le point de départ du DUER

La QVT s’inscrit ainsi dans l’évolution de la gestion de la santé et de la sécurité au travail dont le point de départ a été l’obligation, pour les entreprises, de réaliser un Document unique d’évaluation des risques (DUER) et d’en déduire un plan d’action de prévention à réévaluer régulièrement.

Comme le souligne Hervé Lanouzière, ancien directeur de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), “avec cette évolution, la santé au travail n’est définitivement plus un état de conformité stationnaire que l’on pourrait atteindre une fois pour toutes en instaurant des consignes et des procédures qu’il n’y aurait qu’à respecter. Il ne suffit plus de se conformer à ce que prescrivent les textes. Il faut anticiper, se placer dans une logique d’amélioration constante, être proactif, se tenir informé, chercher à substituer, etc.”

Logique d’amélioration continue

C’est cette logique d’amélioration continue que prolonge la QVT avec l’ambition de compléter la “prévention” des risques professionnels par la “promotion” de la santé au travail. “Promouvoir la santé, c’est comprendre que les déterminants de la santé au travail prennent racine dans l’organisation du travail et les relations sociales, incarnés dans les projets structurants de l’entreprise. C’est donc intégrer les conditions de travail dans les paramètres décisionnels de l’entreprise afin que ces décisions portent leurs fruits tant sur le plan de la performance économique que de la santé au travail”, explique encore Hervé Lanouzière. Ici encore, il ne s’agit plus d’être simplement en conformité avec des normes et des règles mais de faire preuve de responsabilité et de créativité.

Document unique et Qualité de vie au travail représentent donc deux démarches conjointes et complémentaires par lesquelles la gestion de la santé et de la sécurité au travail dépasse l’ancienne approche techno-centrée. Indissociablement liées, elles ouvrent une nouvelle ère de la prévention des risques dans laquelle les entreprises sont à la manœuvre pour réconcilier santé, sécurité et efficacité dans une démarche volontariste de progrès continu.

(1)Semaine Sociale Lamy, n°1793, 30/11/17