Prévention des risques professionnels : un levier de performance au service des entreprises

On ne saurait mieux souligner combien le document unique représente, lorsqu’il est réalisé avec soin, le meilleur vecteur de diffusion d’une culture de la prévention… et du progrès continu !

“Intrinsèquement, la prévention porte en elle des facteurs d’amélioration de la performance globale d’une entreprise”, affirme Pierre Canetto, ingénieur acousticien et expert à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) dans la livraison de décembre du magazine Travail & Sécurité (1).

La prévention contre les aléas

À l’appui de cette conviction, il rappelle bien sûr qu’une prévention réussie permet d’éviter les coûts induits par les accidents du travail et les maladies professionnelles. Ceux, mutualisés, qui résultent de l’indemnisation des victimes bien sûr, mais aussi ceux “générés par les retards, la désorganisation, l’absentéisme ou le recours à un sous-traitant”. De la sorte, il souligne la dimension “assurantielle” de la prévention qui, par définition, vise à se prémunir contre les aléas. Cette dimension n’est évidemment pas à négliger, surtout dans les entreprises de petites tailles où l’absence d’un salarié peut suffire à perturber considérablement le fonctionnement quotidien. Mais les effets bénéfiques de la prévention ne s’arrêtent pas à cette évidence. Pour Pierre Canetto, “la prévention porte en elle des facteurs d’amélioration de la performance globale d’une entreprise”, indépendamment même des maladies et accidents évités.

Prévention des risques professionnels rime avec innovation, motivation et responsabilisation

Ainsi, la prévention est souvent un préalable à l’innovation car “elle contribue à la recherche de procédés sûrs faisant appel aux technologies les plus récentes, et favorise de la sorte des modes de production plus efficaces qui aboutissent à des produits de meilleure qualité”. Mieux : cet esprit innovant de la prévention ne porte pas seulement sur les technologies disponibles mais aussi sur la façon dont l’entreprise est organisée : il incite à s’interroger très concrètement sur les habitudes et les routines. “Envisager la prévention, c’est analyser le travail réel par le biais de réflexions collectives pour aboutir à la résolution des problèmes, ce qui permet la mise en œuvre de solutions organisationnelles adaptées au terrain”, poursuit Pierre Canetto.

Enfin, il convient d’évoquer aussi les effets bénéfiques sur le management et la gestion des ressources humaines car “en plaçant l’humain au cœur du travail, la prévention entretient la motivation des salariés ainsi que le développement du savoir et des compétences, qui sont autant d’éléments propices à la bonne santé et au bon développement des entreprises”.

Le DUER, point de départ d’une prise de conscience

Pour Pierre Canetto, un nombre croissant d’entreprises est désormais conscient des bienfaits de la prévention des risques professionnels, mais des freins subsistent “dans les très petites entreprises, préoccupées par des problématiques économiques de court terme et n’ayant que peu, voire pas du tout, de temps à consacrer à ces questions”. L’observation est incontestable mais notre expérience nous permet toutefois d’affirmer que cet obstacle peut être surmonté lors de la réalisation du document unique d’évaluation des risques (DUER). En effet, il est fréquent qu’à cette occasion les employeurs de PME et TPE entrevoient combien les actions de prévention peuvent être bénéfiques à leur entreprise. On ne saurait mieux souligner combien le document unique représente, lorsqu’il est réalisé avec soin, le meilleur vecteur de diffusion d’une culture de la prévention… et du progrès continu !

Pour aller plus loin : “La prévention est un levier de performance”,

(1) Travail & Sécurité, n° 800, décembre 2018, téléchargeable sur : www.travail-et-securite.fr