Parcours professionnels et conditions de travail

Une étude du ministère du Travail établit un lien entre carrières précaires et conditions de travail dégradées.

“Les conditions de travail auxquelles sont exposées les personnes ne sont pas identiques selon leur parcours professionnel. ”C’est la conclusion d’une étude réalisée par le ministère du Travail.

Des parcours professionnels très différenciés

Dans un univers professionnel devenu plus instable, les parcours professionnels des individus ont tendance à diverger fortement. Les données recueillies permettent ainsi de distinguer trois cas de figure :

– les salariés qui ont des parcours “stables” avec peu ou pas de changement d’emploi et une catégorie sociale stable dans le temps (35,4 %) ;

– les parcours “dynamiques” avec une progression professionnelle ainsi que de nombreux changements d’emploi (38 %) ;

– et les parcours “précaires” caractérisés par un déclassement ou des aléas de carrière (26,6 %).

Des conditions de travail moins bonnes dans les parcours précaires

Or, comme le remarque l’étude, “à profession identique, les salariés ayant eu une carrière précaire connaissent de fortes exigences émotionnelles et un manque de reconnaissance dans leur emploi actuel, auxquels s’ajoutent plus spécifiquement pour les femmes des conflits de valeur et une insécurité socio-économique, et pour les hommes un manque d’autonomie et une plus forte pénibilité physique. Les femmes ayant vécu des parcours dynamiques connaissent également des rapports sociaux au travail plus problématiques que les femmes aux parcours stables”.

Moindre exigence des salariés fragilisés ?

Pour les experts, il semble donc que “des carrières marquées par des aléas conduisent les salariés à occuper des emplois de moindre qualité, c’est-à-dire davantage exposés à des contraintes physiques, mais aussi à certains risques psychosociaux”.

Pour aller plus loin :

Dares Analyses, n° 2, janvier 2018, consultable sur www.dares.travail-emploi.gouv.fr