Santé et sécurité au travail : les nouvelles priorités de la “responsabilité sociétale de l’entreprise”.

baromtre-des-enjeux-rseL’édition 2016 du “Baromètre des enjeux RSE”, réalisé conjointement par Malakoff Médéric et l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse) révèle une prise en compte croissante des enjeux de santé et de sécurité dans les politiques de RSE. Il souligne aussi que, pour la quasi-totalité des dirigeants d’entreprises, les actions en faveur de la santé et la sécurité au travail contribuent à améliorer la performance globale des entreprises. Voici les principaux enseignements de cette enquête.

Santé et sécurité : des enjeux croissants

Dans le cadre de cette enquête sur la RSE (Responsabilité Sociétale des Entre­prises), Malakoff Médéric a interrogé plus de 200 entreprises et le constat est sans appel : 69 % d’entre elles ont intégré des enjeux de santé, de sécurité et de qua­lité de vie au travail dans leurs actions de RSE et mentionnent l’existence de dispo­sitifs en faveur de ces domaines. Le chiffre grimpe même à 87 % pour les grandes en­treprises dont le chiffre d’affaires est su­périeur à 1 milliard d’euros. Enfin, preuve que les entreprises ont compris que leur responsabilité s’exerçait d’abord à l’égard de leurs salariés, “l’amélioration de la qua­lité de vie au travail vient en 4e position des objectifs prioritaires de la RSE […], devant les préoccupations environnementales”. Lire la suite

Vers un “droit à la déconnexion” dès janvier 2017

Deconnexion2La commission des affaires sociales de l’As­semblée nationale a adopté hier l’article du projet de loi Travail relatif au “droit à la dé­connexion” des salariés en fixant sa mise en œuvre au 1er janvier 2017. Concrètement, cette disposition prévoit qu’au sein de chaque entreprise de 50 salariés et plus, employeur et employés discutent chaque année de “l’utilisa­tion des outils numériques”, “en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congés”. De la sorte, le législateur souhaite rétablir un néces­saire équilibre – et une certaine étanchéité – entre les sphères professionnelles et person­nelles. Des études démontrent en effet qu’un tel équilibre est bénéfique à la santé mentale des travailleurs. Toutefois, nombre d’experts estiment aussi que cette déconnexion dépen­dra avant tout de la capacité de chacun à se discipliner en prenant conscience des risques associés à un usage intempestif des outils numériques. À cette fin, il n’est pas inutile de consulter un récent article de la revue Références en santé au travail consacré à ces risques : dépendance, stress, risque routier et TMS…

Pour aller plus loin : “Dépendance à la téléphonie mobile et risques associés”, Références en santé au travail, n°145, mars 2016, consultable sur www.rst-sante-travail.fr

L’ennui au travail : un risque trop souvent négligé

le bore outDeux récents ouvrages soulignent la multiplication des cas de “bore-out”, cette pathologie frappant les personnes qui s’ennuient au travail, par manque de tâches à accomplir ou de défis à relever.

“J’arrive en fin de carrière et jamais je n’ai vu autant de gens atteints non pas de bactéries ou de virus, de maladie men­tale ou de traumatisme, mais d’autre chose engendré par la société qui va plutôt en s’ag­gravant”, s’alarme le docteur François Bau­mann, fondateur de la Société de formation thérapeutique du médecin généraliste dans un ouvrage consacré au bore-out (1).

Vers une épidémie de bore-out ?

Il n’est pas le seul à s’inquiéter de la pro­gression fulgurante de cette pathologie frappant les hommes et les femmes qui s’ennuient au travail. À l’aide d’un logiciel de statistique textuelle conçu par le CNRS, Christian Bourion, rédacteur en chef de la Revue internationale de psychologie et de gestion organisationnels (Ripco) a passé au crible des millions de témoignages sur la souffrance professionnelle. Et, contre toute attente, il a établi que la plus grande part des récriminations ne concernait nulle­ment l’excès de pression exercé par la hié­rarchie. “Les gens expriment avant tout leur ras-le-bol de ne rien faire. (2)

Inflation des process et robotisation…

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Employeurs donneurs d’ordre : responsables pénalement des salariés de vos sous-traitants au titre de l’obligation de sécurité

Document unique sous-traitantExtrait de la lettre FOCUS de mars 2016 (SEPR / Pôle Prévention – 3, rue de Liège – 75441 Paris cedex 09)

Rappel – Tout employeur est tenu envers ses salariés à une obligation de résultat en matière de santé et de sécurité. Il est par conséquent toujours responsable civilement des accidents du travail ou des maladies professionnelles de ses salariés. L’employeur assume la réparation forfaitaire des dépenses réalisées par la Sécurité sociale, par le biais des cotisations sociales (le taux d’accident du travail calculé par branches, par unités de travail et pour les entreprises de plus de 20 salariés, par entreprise pour partie). En plus de cette réparation civile forfaitaire, l’employeur peut aussi être contraint d’assumer la prise en charge de tous les préjudices subis par la victime. C’est le cas lorsque l’employeur commet une faute inexcusable. La faute inexcusable est caractérisée par la situation où l’employeur « avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié, et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver ». Illustration : l’absence d’un DUER à jour et l’absence de mise en place d’actions de prévention alors qu’il existe des dangers, constituent une faute inexcusable. Lire la suite

La vérité sur ce qui nous motive

1507-1Qu’est-ce qui nous motive vraiment ? Quand sommes-nous les plus perfor­mants et épanouis ? Pour répondre à ces questions, Daniel Pink, journaliste et au­teur américain spécia­lisé dans l’analyse des mutations du monde du travail, s’est plongé dans une somme im­portante d’études et d’expériences scienti­fiques réalisées dans le domaine de la psy­chologie sociale.

À l’issue de cette enquête fouillée, il es­time que le taylorisme et l’organisation scientifique du travail, qui ont fait du prin­cipe punition/récompense le paradigme de la motivation, ne sont pas seulement dépassés mais inadaptés à la nature hu­maine. Leur défaut originel ? Ignorer “le besoin profondément humain d’apprendre, de créer et de s’améliorer sans cesse”. Au travers d’exemples concrets empruntés au monde de l’entreprise et présentés avec humour, il décrypte les trois véri­tables ressorts de la motivation humaine : “l’autonomie, l’envie d’être bon dans ce que l’on fait et le besoin de donner un sens à sa vie”. Lire la suite