En Europe, jusqu’ à 40 % des accidents de la route mortels seraient liés au travail

Dans un rapport publié de mois-ci, l’European Transport Safety Council (ETSC) estime que jusqu’à 40 % des accidents mortels recensés en 2016 sur les routes européennes se sont produits à l’occasion de trajets professionnels.

En 2016, très exactement 25 671 per­sonnes ont trouvé la mort sur les routes européennes, selon le décompte réalisé par l’ETSC en compilant les données nationales des pays membres de l’Union européenne.

Stagnation du nombre d’accidents depuis 2013

Ce résultat traduit hélas un échec relatif des politiques de prévention actuellement me­nées au niveau européen. En effet, en 2010, l’Union européenne s’était fixé l’objectif de diminuer par deux le nombre de tués sur les routes en 10 ans. Or, alors que les trois premières années ont été marquées par une baisse significative et régulière des accidents mortels, depuis 2013, on observe une sta­gnation.

Un levier de progrès : réduire le risque routier professionnel

Pour les experts de l’ETSC, d’importants pro­grès pourraient être obtenus en renforçant la prévention du risque routier professionnel. En effet, si le nombre exact d’accidents survenant lors de trajets liés au travail est difficile à éta­blir en raison de l’absence de définition com­mune à l’échelle européenne, les différentes analyses réalisées au sein des pays membres incitent les auteurs du rapport à estimer que 40 % des accidents mortels surviennent dans un cadre professionnel.

Déficit de sensibilisation

Pour remédier à cette situation, l’ETSC plaide pour un renforcement de l’action publique. À l’en croire, un vaste chantier : “seuls 11 pays encouragent les employeurs à s’investir dans la prévention routière à travers des directives, des opérations de communication ou encore des partenariats”. Une lacune qui se vérifie à l’échelon européen, l’ETSC déplorant que “la directive-cadre sur la sécurité et la santé au travail (89/391/CEE) ne mentionne pas spécifiquement le risque routier.” Lire la suite

Fortes Chaleurs : les précautions à prendre par les employeurs et les salariés

L’épisode caniculaire que traverse actuellement la France est l’occasion de rappeler que les fortes chaleurs doivent impérativement être prises en compte dans la prévention des risques professionnels. En effet, comme le souligne l’institut national de veille et de sécurité (INRS), “la canicule ou des conditions inhabituelles de chaleur sont à l’origine de troubles pour la santé voire d’accidents du travail dont certains peuvent être mortels”. Lorsque le thermomètre monte de façon importante, employeurs et salariés sont donc tenus de prendre des précautions pour réduire les risques que cela entraîne.

Le rôle de l’employeur : adapter l’organisation du travail

Les fortes chaleurs constituent un vrai danger pour la santé. Le Code du travail fait donc obligation aux employeurs de prendre en compte les fac­teurs météorologiques dans leurs actions de prévention des risques, et ce dès la rédaction du document unique. C’est, du reste, la meilleure façon d’être prêt à prendre les mesures nécessaires lorsque le thermomètre grimpe. Car dans ces circonstances, il est du ressort de l’employeur de :

  • Modifier le rythme et l’organisation de travail de façon, notamment, à privilégier le travail durant les heures les moins chaudes de la jour­née, à augmenter la fréquence des pauses de récupération, à limiter le temps d’exposition au soleil grâce, par exemple, à une rotation des tâches, lorsque cela est possible, et à limiter drastiquement le travail isolé.
  • Réduire les efforts physiques en laissant plus de latitude aux salariés pour adopter leur rythme de travail, en reportant à plus tard les tâches les plus dures et en recourant le plus possible aux aides mécaniques à la manutention. Lire la suite

12 % des actifs exposés à au moins une nuisance cancérogène

 Selon un récent bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), environ 2,6 millions de travailleurs, soit 12 % des actifs, “ont été exposés à leur poste de travail à au moins une nuisance cancérogène chimique ou non”. La population masculine s’est avérée plus expo­sée aux “émissions de moteurs diesel, aux huiles minérales entières, aux poussières de bois et de silice cristalline”, notamment dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics de la mainte­nance, du travail des métaux, des transports et de la réparation automobile. De leur côté, les femmes sont davantage concernées par l’impact du travail de nuit sur le rythme bio­logique. Elles endurent aussi l’exposition aux rayonnements ionisants, au formaldéhyde et aux médicaments cytostatiques. Tous sexes confondus, “757 000 salariés présentaient une exposition à au moins deux cancérogènes”. Au fur et à mesure que les connaissances médicales progressent, de nouveaux cancers sont rajou­tés au tableau des maladies professionnelles, Ainsi, par décret du 5 mai 2017, deux cancers résultant de l’exposition à des substances polluantes ont rejoint la liste des maladies professionnelles. Le premier est le carcinome hépatocellulaire provoqué par l’exposition au chlorure de vinyle de monomère. Un compo­sant employé dans la production de matières plastiques déjà connu pour provoquer des angiosarcomes. Le second est la leucémie myéloide chronique liée à l’exposition au 1.3 butadiène, un gaz toxique pour la santé utilisé dans la fabrication de caoutchouc, de résine ou encore de latex et de néoprène.

Nuisance cancérogène : pour aller plus loin : BEH n°13, 13/06/17 ; décret n° 2017-812 paru au JO du 5 mai 2017

Compte pénibilité : quels changements pour demain ?

Penibilite-suppressionCompte pénibilité : « C’est un droit reconnu et parfaitement justifié ».

Suite à l’élection présidentielle, de nombreuses rumeurs alimentent des spéculations et des commentaires sur le devenir du compte pénibilité. Faisons le point.

A aucun moment la suppression du compte pénibilité n’a été annoncée, ni même évoquée, que ce soit par le nouveau président de la république ou un quelconque membre de son gouvernement. Ce qui a été évoqué, c’est une « suspension » ou un « moratoire » jusqu’à la fin de l’année concernant une partie des obligations déclaratives des employeurs.

Le premier ministre Edouard Philippe a donné quelques précisions sur ses intentions, résumées ainsi dans Les Echos du 31 mai 2017 : « Le Premier ministre a insisté sur le fait que la suspension du compte pénibilité n’entraînait aucunement « la remise en cause du principe, ni des droits acquis ». Le gouvernement se donne jusqu’à la fin de l’année pour simplifier le dispositif mais reste ferme sur la nécessité de conserver l’esprit de cette réforme. « C’est un droit reconnu et parfaitement justifié », a-t-il insisté. Il a par ailleurs laissé entendre que seuls les 6 derniers critères de pénibilité étaient concernés par la suspension, et non les 4 premiers critères déjà en vigueur depuis 2015. » Lire la suite

Mal au dos : un dépliant de l’INRS

Les lombalgies sont des affections très courantes caractérisées par des douleurs localisées en bas du dos. Elles résultent généralement d’un effort excessif, d’un mouvement brutal ou extrême, d’une chute… Le plus souvent, la douleur est provoquée par des lésions uniquement musculaires.

Les contraintes professionnelles peuvent jouer un rôle déterminant dans la survenue de tels accidents. La manutention, les vibrations et le travail physique lourd sont des facteurs de risque avérés. Par ailleurs, les accidents de plain-pied (chutes, trébuchements, glissades…) sont à eux seuls responsables d’un quart des lumbagos reconnus comme accidents du travail (AT).

Ce dépliant, qui s’adresse à tous les salariés, présente 4 idées fortes pour gérer sa lombalgie

Document original : Dépliant 3 volets, format 21 x 29,7

Référence INRS : ED 6040



Voir le document