Syndicalisme et santé au travail

Comment les syndicats se positionnent-ils face aux enjeux de santé au travail ? C’est à cette question, plus délicate qu’on ne le croit, que répond cet ouvrage collectif.

“La santé au travail a toujours été une préoccupation des associations ouvrières […]. Mais la place de la santé dans les revendications syndicales n’a cessé de varier au cours de l’histoire”, écrit Jean-Pierre Durand, directeur de la Nouvelle Revue du Travail. Il rappelle ainsi que durant les Trente Glorieuses ont été dominées par un “syndicalisme du chéquier” ayant intégré le pacte fondateur du taylorisme : “les syndicats ont en général échangé les mauvaises conditions de travail contre des augmentations de salaires immédiates à travers des négociations locales”.

Pour les contributeurs de l’ouvrage, c’est l’émergence des nouvelles formes d’organisation du travail qui a sonné le glas de cette posture, à mesure que “les problématiques de santé glissaient des risques physiques vers un questionnement sur le mal-être au travail”. Cette mutation est aujourd’hui encore source de divergences entre ceux qui souhaitent repolitiser les enjeux de santé et ceux qui, dans une démarche pragmatique, préfèrent tirer parti des dispositifs de prévention pour faire avancer leurs revendications. En revanche, les auteurs notent que la plupart des centrales s’accordent sur la nécessité de “prêter davantage d’attention à la parole des salariés”. Au-delà de son caractère militant, cet ouvrage a le grand mérite de souligner combien les transformations du travail obligent l’ensemble des acteurs de la santé à évoluer dans leurs discours et leurs pratiques pour coller au réel.

Sous la direction de Lucie Goussard et Guillaume Tiffon, Éditions du Croquant, octobre 2017, 275 p., 15 €.

Prise en charge d’une hémorragie externe en entreprise : les premières minutes.

Cet article de l’INRS (à télécharger ci-dessous) synthétise des données issues, notamment de référentiels afin de définir le rôle des deux premiers intervenants que sont le sauveteur secouriste du travail (SST) et l’infirmier (-ière) en santé au travail. La ré-introduction, depuis 2017, du garrot dans les gestes de secours effectués par le sauveteur secouriste du travail est également abordée.



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Une recommandation des professionnels du droit : anticiper le risque pénal par la prévention active des risques professionnels

« Toute atteinte à la santé ou à la sécurité du travailleur sera analysée par le juge pénal sous le prisme du devoir de vigilance de l’établissement”.

“Thème au cœur de l’actualité juridique et judiciaire, l’intégrité physique et psychique du travailleur est aussi au centre des préoccupations sociétales, politiques et économiques. L’arsenal répressif comme la politique pénale du parquet ont suivi ce mouvement, au point que le droit pénal du travail supplante le droit pénal des affaires”, observent les juristes du cabinet MI2, spécialisé dans la responsabilité pénale.

Émergence du “devoir de vigilance”

Ils précisent ainsi que la législation et la jurisprudence ont donné naissance à un “principe général de prévention” qui “met à la charge de l’employeur une obligation de résultat strictement interprétée, trouvant son corollaire dans la notion grandissante de ‘défaut de vigilance’.”

Très concrètement, cela signifie que “toute atteinte à la santé ou à la sécurité du travailleur sera analysée par le juge pénal sous le prisme du devoir de vigilance de l’établissement”.

Signe que ce “devoir de vigilance” imprègne l’ensemble des politiques de prévention des risques professionnels, “les lois Santé de 2015 et Travail de 2016 ont conforté le rôle préventif de la médecine du travail et l’objectif d’anticipation des risques d’altération de la santé des travailleurs au moyen d’une surveillance renforcée. C’est aussi dans cette lignée que s’inscrit la loi Vigilance de 2017, certes réservée pour l’heure aux très grandes entreprises, (mais pour combien de temps ?)”

Obligations de prévention des risques Lire la suite

Quelle formation en santé-sécurité pour les membres du CSE ?

Quelle formation en santé-sécurité pour les membres du CSE ?

La fusion des instances représentatives du personnel au sein du comité social et économique (CSE) et la suppression du CHSCT au profit d’une Commission santé sécurité et conditions de travail (CSSCT) rebat notamment les règles relatives à la formation santé-sécurité dont doivent bénéficier les membres de cette dernière. Quelle formation doivent suivre les membres du CSE ?

Combien de jours doit-elle durer ? Quand doit-elle se dérouler ? Qui peut la dispenser ? L’élu au CSE peut-il demander, dans ce cadre, un congé de formation ? Qui prend en charge ces dépenses de formation ? Les réponses à ces questions sont données de façon synthétique par Jennifer Shettle, responsable du pôle information juridique à l’INRS, dans la livraison de mars du magazine Travail & Sécurité, librement téléchargeable sur : http://www.travail-et-securite.fr/ts/actualites/actus-generales/reforme-code-travail.html

Télétravail : des avantages plébiscités et… des risques à ne pas négliger !

Aujourd’hui, près d’un quart des salariés pratique déjà le télétravail sous des formes et des durées variables.

Afin de mieux comprendre les avantages qu’ils en retirent et les inconvénients qu’ils y expérimentent, le Comptoir Malakoff-Médéric de la nouvelle entreprise a confié une enquête à l’Institut Ifop. Ses résultats méritent d’autant plus d’être pris en compte que 40 % des travailleurs interrogés estiment que le télétravail se développe encore dans leur entreprise.

➤ Des avantages largement plébiscités

Les télétravailleurs interrogés estiment que cette pratique garantit une meilleure autonomie (90 %) et une plus grande efficacité (87 %) dans leur travail. De même le télétravail aurait, selon eux, des effets bénéfiques sur l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle (87 %) et permettrait une diminution de la fatigue (86 %),et un plus grand épanouissement dans le travail (78 %). Plus globalement, ils affirment que le télétravail contribue à jouir d’une meilleure santé (81 %).

De leur côté, les employeurs ne sont pas moins enthousiastes. “L’engagement des salariés (82 %) ainsi que la responsabilisation et l’autonomie (80 %) arrivent en tête des bénéfices cités par les dirigeants. 39 % des dirigeants indiquent également la baisse de l’absentéisme”, relatent les auteurs de l’étude. De façon moins attendue, 68 % des employeurs signalent un gain en termes d’image. Un chiffre qui s’explique peut-être par l’attrait qu’exerce le télétravail chez les travailleurs qui ne le pratiquent pas encore : “56 % d’entre eux aimeraient pouvoir bénéficier de cette possibilité, pour aménager leurs horaires (66 %),réduire leur temps de trajet hebdomadaire (58 %) et bénéficier d’un cadre de travail plus calme (49 %).” Lire la suite