« Bullshit Jobs » Par David Graeber

Après le succès mondial rencontré par son article sur “le phénomène des jobs à la con”, l’anthropologue David Graeber, professeur à la London School of Economics, consacre à ce sujet une vaste enquête. En puisant dans les nombreux témoignages qu’il a reçus, il dresse un inventaire des métiers et fonctions inutiles qui, selon lui, proliféreraient dans les organisations contemporaines rendant malades ceux qui les exercent.

Même si l’auteur s’abstient de cerner précisément ces jobs, cette plongée en apnée dans les abysses bureaucratiques des entreprises et administrations contemporaine contribue à éclairer le phénomène du bore-out, cette pathologie psychique frappant les personnes qui s’ennuient mortellement au travail. Lire la suite

Le risque routier en période hivernale

Fiche pratique – Le risque routier en période hivernale

Conduire pour son travail entraîne des contraintes particulières et expose à des risques professionnels au premier rang desquels les accidents de la route. Ils représentent environ 3 % des accidents du travail, toutes causes confondues, et plus de 20 % de l’ensemble des accidents mortels dans ce même cadre.

Face aux conditions météorologiques délicates rencontrées en hiver, les salariés doivent être informés des précautions de circulation à prendre. Le respect de certains principes de vigilance est en effet essentiel pour permettre à chacun de mieux appréhender les difficultés de la route, en période hivernale.

REGLEMENTATION

Le non-respect de certaines règles concernant la conduite automobile est passible de sanctions prévues aux articles L121-1 et suivants du Code de la route :

  • sanctions administratives (le préfet peut suspendre le permis de conduire pour une période allant jusqu’à 6 mois),
  • poursuites pénales devant les tribunaux répressifs (amendes, suspension ou annulation du permis de conduire pouvant aller jusqu’à 6 ans),
  • sanctions disciplinaires au niveau de l’entreprise.

Concernant les distances de sécurité et la vitesse, rappelons que, par temps sec, une distance minimale est à conserver avec le véhicule qui précède : Lire la suite

Travail sur écran : un impact sur la santé

Fiche pratique – Travail sur écran

Les ordinateurs sont devenus des outils incontournables de notre environnement de travail et des millions de salariés utilisent l’informatique. Pourtant, travailler intensivement devant un écran de visualisation peut engendrer des troubles de la santé tels que fatigue visuelle, stress et troubles musculosquelettiques (TMS). Le nombre de cas de TMS reconnus comme maladies professionnelles s’élevait, par exemple, en 2012 à 46 537. Au moins 5% d’entre eux seraient attribuables au travail sur écran. Il est néanmoins possible de limiter ces troubles.

REGLEMENTATION

Le Code du travail, dans ses articles R. 4542-1 à R. 4542-19, fixe les règles particulières de prévention des risques liés au travail sur des postes munis d’écrans. Ces articles définissent les exigences d’ergonomie pour l’organisation temporelle du travail : le logiciel, l’affichage, le clavier, la table et les équipements de bureau. De son côté, la circulaire DRT n°91-18 du 4 novembre 1991 apporte des précisions sur les dispositions liées notamment sur les temps de pause, les conditions d’ambiance et les caractéristiques de l’équipement.

Interruptions périodiques du travail sur écran : « Après analyse des conditions de travail et évaluation des risques de tous les postes comportant un écran de visualisation, l’employeur prend les mesures appropriées pour remédier aux risques constatés » (article R. 4542-3). « L’employeur organise l’activité du travailleur de telle sorte que son temps quotidien de travail sur écran soit périodiquement interrompu par des pauses ou par des changements d’activité réduisant la charge de travail sur écran » (article R. 4542-4). Lire la suite

Équipements de protection individuelle : prérequis au travail

Fiche Pratique – Équipements de protection individuelle

Les équipements de protection individuelle (EPI) sont des dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par un travailleur en vue de le protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa sécurité ou sa santé. Ils sont aussi nombreux et différents que les types de risques sont diversifiés et complexes. En principe, les EPI sont utilisés en complément des autres mesures d’élimination ou de réduction des risques : les équipements de protection collective (EPC).

REGLEMENTATION

De nombreux textes réglementaires sont relatifs aux EPI. Ils découlent en particulier de la loi n° 91-1414 du 31 décembre 1991, issue elle-même de directives européennes. Les textes pris pour application concernent notamment les règles techniques applicables aux EPI, les mesures de certification de conformité, les mesures d’organisation ainsi que les conditions de mise en œuvre et d’utilisation des EPI. La réglementation peut être décrite de la manière suivante :

> Réglementation européenne :

  • Directive n° 89/656/CEE du 30 novembre 1989, concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé pour l’utilisation, par les travailleurs au travail, d’équipements de protection individuelle.
  • Directive n°89/686/CEE du 21 décembre 1989, fixant les exigences essentielles minimales relatives au milieu du travail.

> Réglementation française : Lire la suite

Le document unique, vecteur de bon sens

Des salariés menacés de sanction s’ils se promènent sur une plateforme pétrolière avec une tasse à café sans capuchon. Un règlement exigeant que des travailleurs portent un casque lorsqu’ils marchent dans un champ de blé. Des pompiers interdits d’utiliser un escabeau dans leur caserne…

Pour Mikael Mourey, ces exemples d’absurdités réglementaires, glanés au fil d’une carrière qui l’a mené des marins-pompiers de Marseille à la direction santé et sécurité d’un grand groupe, témoignent de la dérive bureaucratique qui menace la prévention des risques.

Contre la fuite en avant réglementaire.

Comme il l’explique dans un récent ouvrage (1), ces règlements tatillons constitueraient l’héritage d’une approche bureaucratique de la sécurité datant de l’époque taylorienne avec ses tâches simples, répétitives et normées. Dans cet univers prévisible, la recherche de la conformité à la règle pouvait avoir du sens, si bien qu’elle a permis de diviser par quatre le nombre d’accidents mortels en France entre 1950 et 1990. Mais ce système serait désormais à bout de souffle puisque, malgré l’inflation des règles, le nombre d’accidents graves tend à se stabiliser depuis trente ans.

D’où une fuite en avant : puisque le nombre d’accidents ne baisse plus, c’est qu’il faut plus de règles et de normes, toujours plus strictes et contraignantes ! Fatale erreur, car lorsqu’un certain niveau de sécurité est atteint, “plus de règles” ne signifie pas “plus de sécurité”. Parmi d’autres effets pervers, l’auteur remarque que cet empilement de règles conduit à être davantage obnubilé par la conformité formelle aux règles que par la sécurité réelle. Lire la suite