QVT et document unique – Deux démarches liées

Alors que se déroule, du 17 au 21 juin 2019, la Semaine de la Qualité de vie au travail (QVT), de nombreux articles, rencontres et débats sont consacrés, dans la presse généraliste et spécialisée, à cette démarche novatrice.

Libérer la QVT des gadgets ludiques

C’est l’occasion de rappeler que la QVT ne saurait être assimilée à des actions aussi dérisoires que la mise à disposition des travailleurs d’un baby-foot, de salles de sport, de séances de massages ou de conseils diététiques. En effet, ces initiatives, si sympathiques puissent-elles être – lorsqu’elles ne résultent pas du pur artifice de communication – passent totalement à côté du sujet.

En effet, comme le rappelle l’Accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 portant sur la QVT, celle-ci se définit comme “un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué.” La QVT ne relève donc nullement d’une quelconque culture du “fun”. Elle ne concerne pas les “afterworks” ni les à-côtés du travail mais le travail lui-même dans le but premier d’améliorer aussi bien les conditions de travail que l’efficacité des équipes. Lire la suite

Focus sur les cancers professionnels

Les 8 principaux agents CMR chimiques, rencontrés en 2010 en milieu de travail, étaient les gaz d’échappement diesel, les huiles minérales entières, les poussières de bois, la silice cristalline, le formaldéhyde, le plomb et ses dérivés, l’amiante et les phtalates.

Un rapport de l’Assurance maladie dresse un état des lieux des cancers liés au travail. Parmi d’autres enseignements, il révèle que si le nombre de cancers liés à l’utilisation passée de l’amiante commence à décroître, ceux liés à d’autres agents cancérigènes augmentent dans les mêmes proportions, si bien que le nombre de cancers professionnels reste, hélas, stable. Le combat n’est donc pas gagné, exigeant une poursuite vigoureuse des efforts d’évaluation et de prévention de ces risques.

- 1 840 cancers professionnels recensés chaque année. Sur la période 2013-2017, l’Assurance Maladie-Risques professionnels a reconnu, en moyenne 1 840 cancers d’origine professionnelle par an, soit 0,5 % des nouveaux cas de cancers recensés en France et 3,68 % des quelque 50 000 maladies professionnelles reconnues par an. En 20 ans, le nombre total de cancers professionnels a été multiplié par 3,6 : il est passé de 540 cas en 1998 à 1 940 cas en 2017. Lire la suite

Baromètre 2019 du comportement des français sur les routes

Sécurité routière : le téléphone, premier comportement à risque devant l’alcool et la vitesse

“La grande vitesse et la forte alcoolémie, les deux risques historiques dont l’ampleur avait conduit à désigner la sécurité routière Grande cause nationale en 2002, sont en très net recul”, établit la dernière édition du Baromètre du comportement des Français sur les routes réalisé par Axa. Hélas, simultanément, l’usage du téléphone au volant explose littéralement.

Les efforts de prévention déployés ont payés ! En 2004, 19 % des Français déclaraient “prendre le volant après avoir bu plus de 4 ou 5 verres d’alcool”. En 2019, on n’en compte plus que 6 %. Il en est de même pour les grands excès de vitesse. En 2019,

11 % reconnaissent “rouler à 160-170 km/h sur autoroute” contre 29 % en 2004. Seul bémol relatif à ces risques historiques : en ville, malgré une baisse significative de 18 points, nos compatriotes sont encore 30 % à avouer rouler à plus de 65 km/h. Il y a 15 ans, ils étaient 48 %.

83 % des jeunes utilisent leur téléphone au volant Lire la suite

Flex-offices : un choix à mûrement réfléchir

 » L’homme un besoin physiologique de marquer un territoire, de fixer des repères »

Les employeurs qui envisagent de succomber à la mode des flex-offices, cet aménagement de l’espace de travail dans lequel les salariés ne disposent plus d’un bureau attitré devraient y réfléchir à deux fois. C’est du moins la conviction de Laurent Assouly, ethnologue et salarié du fabricant de meuble de bureau Howe, qui, dans la dernière livraison du magazine Travail & Sécurité pointe les risques et inconvénients qui peuvent en résulter pour les entreprises et leurs salariés.

Fort d’une expérience de 20 ans dans l’aménagement des espaces tertiaires, Laurent Assouly estime que ces espaces au design souvent contemporain et soigné ne tiennent pas toujours leurs promesses.

Inflation des mails et déclin de la communication

Ainsi, les “perspectives d’amélioration de la socialisation, de la communication orale et, par voie de conséquence, de la productivité” ne sont pas toujours au rendez-vous car, dans des bureaux ouverts, la crainte de déranger ses collègues conduit les salariés à privilégier les mails, même pour s’adresser aux personnes qui se trouvent dans la même pièce. Lire la suite

Le burn-out reconnu par l’OMS comme “phénomène lié au travail”

Le burn-out : un phénomène lié au travail

À l’occasion de sa 72e Assemblée mondiale de la santé, l’OMS n’a finalement pas reconnu le burn-out comme une “maladie” proprement dite mais plutôt comme un “phénomène lié au travail […] résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès” et qui se caractérise par trois éléments : “un sentiment d’épuisement, du cynisme ou des sentiments négativistes liés à son travail” et “une efficacité professionnelle réduite”. Même si cette décision, relatée par Le Figaro Santé (27/05/19) a déçu les partisans d’une reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, ces derniers saluent toutefois une avancée : désormais, le registre de l’OMS précise que le burn-out “fait spécifiquement référence à des phénomènes relatifs au contexte professionnel et ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d’autres domaines de la vie”.