Sortir de “l’enfer des règles”

Et si on faisait (aussi) confiance à l’expérience et à l’intelligence des professionnels.

0n ne doit pas multiplier les règles et les procédures, comme dans les organisations actuelles si, en contrepartie, on ne donne pas de l’autonomie aux acteurs”, mettait en garde Christian Morel, dans un entretien accordé, voici quelques années au magazine Liaisons sociales (1). Ancien cadre de l’industrie – il a notamment exercé la fonction de responsable qualité chez Renault – il s’est fait une spécialité de dénoncer, dans une série d’ouvrages très étayés, les “décisions absurdes” qui entravent le bon fonctionnement des organisations (2).

Prolifération incontrôlée des règles.

Sa cible favorite ? Les lois, règlements, normes, standards, procédures, prescriptions, guidelines, référentiels, chartes, préconisations et autres process qui prolifèrent aussi bien dans les administrations publiques que dans les branches professionnelles et les organisations privées. Lire la suite

François Sidos : “La gestion du risque routier doit être globale, conjuguer prévention volontariste et protection juridique.”

François Sidos

François Sidos

François Sidos : “La gestion du risque routier doit être globale, conjuguer prévention volontariste et protection juridique.”

François Sidos est spécialiste en méthodologie d’évaluation des risques. Il a assuré pendant 12 ans l’animation du réseau d’intervenants de Point Org Sécurité, avant de participer en 2013 à la création du groupe Pôle Prévention, dont il est actuellement président. Fort de son expérience, il souligne que la gestion du risque routier exige d’associer aux actions de prévention, des mesures de protection juridique visant à assurer, en toutes circonstances, la continuité du fonctionnement de l’entreprise.

AS – Une récente enquête a établi que seuls 18 % des patrons de TPE/PME savent que le risque routier figure au premier rang des risques professionnels. Comment expliquez-vous cette erreur de perception ?

François Sidos – Ce résultat reflète certainement la persistance d’une vision obsolète de la prévention des risques professionnels. En effet, jusqu’en 1991, l’analyse des accidents du travail se réalisait a posteriori et par poste de travail. Cette méthodologie, très liée à une organisation fordiste du travail, tendait à faire l’impasse sur les risques professionnels présents en dehors du cadre restrictif du seul poste de travail. En caricaturant à peine, cela signifie que le risque routier n’était envisagé que pour les travailleurs dont le métier consiste à conduire un véhicule. D’où une sous-estimation du risque routier professionnel et, hélas, souvent aussi un investissement plus limité dans sa prévention. Lire la suite

Le risque routier, un risque professionnel à maîtriser

Cette brochure passe en revue de façon synthétique et didactique les mesures à prendre par les employeurs pour maîtriser le risque routier : évaluer le risque et consigner le résultat dans un document unique, chercher à éviter le risque en réduisant les déplacements routiers, utiliser des véhicules appropriés, organiser les déplacements, instaurer un protocole de déplacement bannissant le téléphone au volant, former les salariés…

Bien que publié en 2004, ce document conserve toute son actualité. Seule mise à jour nécessaire : comme l’a précisé la Cour de cassation dans une décision du 18 janvier dernier, l’usage du téléphone au volant est désormais proscrit même à l’arrêt sur une voie de circulation.

Par l’Inrs, décembre 2004, 15 p., librement téléchargeable sur www.inrs.fr

Prévention du risque routier : essentielle et pourtant fort négligée

Le risque routier professionnel est encore fortement sous-estimé dans les TPE-PME. C’est l’un des enseignements de l’enquête publiée, le 14 mai dernier par l’assureur MMA à l’occasion des Journées de la sécurité routière au travail.

Un risque sous-évalué

En effet, alors que la route reste la première cause d’accident mortel au travail avec près de 400 décès recensés en 2016, seuls 18 % des patrons de TPE/PME placent le risque routier professionnel au 1er rang des risques professionnels. De la même façon, les dirigeants sont mal informés de leurs responsabilités :seuls 54 % savent que le dirigeant d’entreprise peut être tenu responsable en cas d’accident pendant un déplacement professionnel.

Une évaluation des risques inadaptée

Cette mauvaise perception des enjeux s’explique peut-être aussi par une évaluation des risques souvent inadaptée. Ainsi, parmi les entreprises ayant réalisé un Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUER), seules 28 % font mention du risque routier :un score en progression de 7 points depuis 2016 mais encore très largement insuffisant qui s’explique certainement par le recours à une méthodologie d’évaluation obsolète (voir entretien avec François Sidos en page 2) aboutissant à faire l’impasse sur la première cause de mortalité au travail !

Une prévention insuffisante Lire la suite

7 engagements pour réduire le risque routier professionnel

Ces propositions sont librement inspirées des “7 engagements pour une route plus sûre” déjà signés par 922 entreprises représentant près de 3 millions de collaborateurs et consultable sur : http://routeplussure.fr

1 – Proscrire l’usage du téléphone au volant

Exemples de mise en œuvre : interdire les conversations téléphoniques en situation de conduite et formaliser cet interdit dans une charte signée par les salariés.

2 – Prescrire la sobriété sur la route

Exemples de mise en œuvre : prévoir, lors des réceptions en entreprises, un dispositif de prévention de la conduite en état alcoolisé et promouvoir la sobriété. Empêcher un collègue qui aurait bu de prendre la route.

3 – Exiger le port de la ceinture de sécurité

Exemples de mise en œuvre : demander à ses salariés de s’assurer lors de leurs déplacements du port de la ceinture pour eux-mêmes et pour les autres passagers. Lire la suite