L’ergonomie peut trouver sa place dans toutes les entreprises, puisqu’il s’agit d’adapter un poste et/ou une organisation aux travailleurs tout en tenant compte des contraintes propres à l’entreprise (production, objectifs…).

Les ergonomes interviennent dans tous les domaines d’activité dès lors qu’un salarié est en activité (chaîne de production, aménagements, zone de stockage, ateliers…) et prennent en compte à la fois les enjeux des salariés et de l’entreprise.
Les buts d’une étude de poste ergonomique sont donc de développer la qualité de vie au travail des salariés mais aussi d’atteindre ou de dépasser des objectifs de production, tout en diminuant les risques professionnels, troubles musculosquelettiques ou stress au travail.
Contrairement aux idées reçues, l’ergonomie n’est pas réservée aux grandes entreprises. Et, bien entendu, elle ne se cantonne pas à régler la hauteur d’un siège de bureau ou à acquérir une souris d’ordinateur ergonomique !

Réglementation – Une nécessité implicite

Dans un but de préservation de la santé et sécurité des travailleurs, l’article L4121-1 du Code du travail, fait obligation à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent alors :

  • des actions de prévention des risques professionnels ;
  • des actions d’information et de formation ;
  • la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

De plus, l’employeur doit veiller à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes. L’article L4121-2 du même code insiste sur la mise en œuvre de ces mesures sur le fondement des neuf principes généraux de prévention (PGP), notamment en rappelant la nécessité d’adapter le travail à l’homme, en ce qui concerne la conception des postes de travail ainsi que le choix des équipements de travail et des méthodes de travail et de production.
D’autres normes françaises et européennes encadrent les conditions de sécurité et de santé au travail :

  • par exemple en fixant des critères précis sur l’ergonomie que les machines ou les équipements doivent présenter ;
  • ou encore en délivrant des valeurs seuils lors de la manutention manuelle de charge pour soulever, déplacer et pousser, tirer, mais aussi lors de l’adoption de postures de travail statiques, ou de postures et mouvements lors du travail en relation avec les machines.

La réglementation n’évoque finalement pas directement l’ergonomie en tant que telle mais sous-entend la nécessité de son approche au sein des organisations du travail.

Exemples – Des interventions fructueuses en PME

✔ Imprimerie : une étude ergonomique a permis de supprimer totalement la posture courbée des salariés en adaptant des supports de travail à hauteur. Elle a également permis d’accélérer la production en diminuant des déplacements, et les manutentions d’objets ont été diminuées par trois.
✔ Poste de logistique chargements/ déchargements : une étude a permis à l’entreprise d’optimiser le rangement de l’atelier et de diminuer les déplacements inutiles et le temps perdu qui généraient du stress pour les caristes. Dans le même temps, l’étude a permis de sécuriser les zones de déplacements nécessaires aux piétons et aux caristes.
✔ Boulangerie : l’atelier de confection a été entièrement repensé pour diminuer les déplacements et les manutentions avec les paniers de pains et les échelles de pâtisserie. Les salariés ont vu leurs douleurs liées aux manutentions diminuer et ont également trouvé d’autres bénéfices à l’étude ergonomique : facilitation des gestes pour les préparations, gains en rapidité et diminution du stress au travail.

LA QUESTION : Comment se passe une étude ergonomique ?


Une étude ergonomique se déroule en plusieurs temps et implique la participation active des acteurs concernés par l’étude (chef d’entreprise, salariés, RH…)
Dans un premier temps l’ergonome va recueillir les enjeux de chacun d’entre eux afin d’analyser la demande (quels sont les points à améliorer et les points forts). Car l’ergonome ne va pas s’intéresser uniquement à ce qui ne fonctionne pas mais aussi à ce qui fait consensus au sein de l’entreprise, dans le but de valoriser les points positifs et de pouvoir les réutiliser au moment des propositions d’amélioration.
Ensuite, vient l’analyse de l’activité à proprement parler où l’ergonome ira observer et questionner les salariés sur leur poste de travail.
Ces observations et ces recueils de données seront analysés par l’ergonome et présentés à tous les acteurs de l’étude sous forme de graphiques par exemple, où on pourra découvrir ce que nous appelons l’activité réelle, c’est-à-dire ce qui est vraiment effectué au décours d’une activité de travail.
La découverte de l’activité réelle permet souvent de trouver des solutions au sein des équipes, de se mettre d’accord sur telle ou telle façon de faire ou quel matériel se procurer. Les solutions retenues vont être consignées dans un programme d’actions de prévention, ainsi que leurs modalités (moyens financiers, personnes référentes, délais…).
Ensuite, l’ergonome accompagne l’entreprise dans la mise en place des solutions retenues et peut suivre les travaux de conception ou de transformation, se mettre en relation avec les organismes compétents, suivre l’achat des matériels…
Enfin une évaluation à l’aide de différents indicateurs de mesures peut être réalisée à la suite de l’intervention (indicateurs de performance, de santé, de qualité…).

Cette évaluation sera également l’occasion de rappeler les pistes de travail à poursuivre et trouvera naturellement sa place dans la prochaine mise à jour du DUERP.

Conclusion

Un atout à ne pas négliger

L’intervention d’un ergonome peut contribuer efficacement à la prévention, à l’amélioration des conditions de travail, et à l’amélioration de la qualité des services ou de la production de toutes les entreprises.