“Le coût de l’absentéisme n’est jamais comptabilisé, ni dans les comptes de résultat, ni dans les budgets. C’est un coût caché »

Les économistes Laurent Cappelletti et Henri Savall ont récemment réalisé une étude portant sur “les coûts cachés de l’absentéisme au travail” pour notre pays. Leurs résultats donnent le vertige : selon leurs calculs, la facture s’élèverait en effet à quelque 108 milliards d’euros, soit 4,7% du PIB… “C’est presque l’équivalent du budget du ministère de l’éducation nationale qui part en fumée tous les ans”, s’alarment-ils en recommandant aux employeurs d’adopter un management plus soucieux des conditions de travail.

“Le coût de l’absentéisme n’est jamais comptabilisé, ni dans les comptes de résultat, ni dans les budgets. C’est un coût caché”, déplorent Henri Savall et Laurent Cappelletti, chercheurs à l’Institut de socio-économie des entreprises et des organisations (Iséor). Grâce à leur récente étude, ce coût est maintenant connu : il s’élèverait, chaque année, à environ “108 milliards d’euros qui manquent aux entreprises, à l’État et, en bout de course, à la croissance française.”

L’absentéisme n’est pas une fatalité

Or, selon leurs travaux, cette facture pour le moins salée ne relèverait nullement de la fatalité. Certes, il existe bien une part d’absentéisme incompressible : “Par exemple, les épidémies de grippes sont d’inévitables facteurs d’absentéisme dans les organisations. Prendre des mesures contre cet absentéisme aux causes exogènes est inutile pour les organisations” admettent-ils. Mais cette part ne représenterait qu’un tiers de l’absentéisme global. Reste donc deux tiers d’absence sur lesquels il est possible d’agir avec succès.

Les auteurs ont la conviction que “l’absentéisme évitable a pour cause, dans le privé comme dans le public, dans 99 % des cas, des défauts de management” provoquant une dégradation de la qualité de vie au travail. Leur solution ? Utiliser tous les leviers à disposition pour améliorer celle-ci, en commençant bien sûr par l’amélioration des conditions de travail. Salutaire rappel : veiller à la sécurité, à la santé et au bien-être de ses salariés n’est pas un coût, mais un investissement potentiellement très rentable.

Pour aller plus loin : “Le coût caché de l’absentéisme au travail”, novembre 2018, librement téléchargeable sur www.institutsapiens.fr