Focus sur les cancers professionnels

Les 8 principaux agents CMR chimiques, rencontrés en 2010 en milieu de travail, étaient les gaz d’échappement diesel, les huiles minérales entières, les poussières de bois, la silice cristalline, le formaldéhyde, le plomb et ses dérivés, l’amiante et les phtalates.

Un rapport de l’Assurance maladie dresse un état des lieux des cancers liés au travail. Parmi d’autres enseignements, il révèle que si le nombre de cancers liés à l’utilisation passée de l’amiante commence à décroître, ceux liés à d’autres agents cancérigènes augmentent dans les mêmes proportions, si bien que le nombre de cancers professionnels reste, hélas, stable. Le combat n’est donc pas gagné, exigeant une poursuite vigoureuse des efforts d’évaluation et de prévention de ces risques.

- 1 840 cancers professionnels recensés chaque année. Sur la période 2013-2017, l’Assurance Maladie-Risques professionnels a reconnu, en moyenne 1 840 cancers d’origine professionnelle par an, soit 0,5 % des nouveaux cas de cancers recensés en France et 3,68 % des quelque 50 000 maladies professionnelles reconnues par an. En 20 ans, le nombre total de cancers professionnels a été multiplié par 3,6 : il est passé de 540 cas en 1998 à 1 940 cas en 2017.

- 80 % des cancers professionnels liés à une exposition à l’amiante. Sur la période 2013-2017, 8 cancers professionnels reconnus sur dix ont été causés par une exposition à l’amiante. En 2017, leur nombre a toutefois baissé pour atteindre 1 400 cas, mais cette baisse a hélas été compensée par une hausse du nombre de cancers hors amiante qui a, lui, augmenté de 12,2 % en 2017 par rapport à 2016. Ces derniers représentent désormais 23 % des cancers professionnels en 2017 quand ils n’en représentaient que 17 % en 2013.

- Les poussières de bois, le benzène et les “produits noirs” en accusation. Hors amiante, une quarantaine d’agents d’exposition sont à l’origine de 90 % des cancers professionnels reconnus. Parmi ces agents, les poussières de bois, le benzène et les produits noirs (goudrons, bitumes, asphaltes…) représentent à eux seuls la moitié des cas concernés.

- Les hommes beaucoup plus exposés que les femmes. Les hommes sont beaucoup plus concernés par les cancers professionnels (96 %) en raison de la spécificité de leurs emplois. À titre de comparaison, toutes causes de cancers confondues, les hommes représentent seulement 55 % des cas dans la cartographie des cancers de toutes origines. Parmi les hommes victimes de cancers professionnels, 80 % sont par ailleurs des ouvriers.

- Forte prépondérance des cancers du poumon. Du fait de la prédominance des cancers liés à l’amiante, la majorité des cas reconnus sont des cancers du poumon (57 %). Viennent ensuite les cancers de la plèvre (21 %) et de la vessie (11 %). Les cancers liés à l’amiante sont des cancers du poumon dans 70 % des cas et des mésothéliomes dans 30 % des cas.

10 % des salariés exposés à au moins un produit cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR). Selon une enquête menée en 2010, 10 % des salariés, soit 2,2 millions personnes, étaient exposés à au moins un produit CMR, les cancérigènes représentant 90 % de ces expositions. Parmi les salariés exposés, 30 % avaient eu au moins une double exposition.

- Les principaux CMR présents en milieu de travail. Les 8 principaux agents CMR chimiques, rencontrés en 2010 en milieu de travail, étaient les gaz d’échappement diesel (676 300 salariés exposés), les huiles minérales entières (472 700), les poussières de bois (337 300), la silice cristalline (284 000), le formaldéhyde (122 500), le plomb et ses dérivés (105 000), l’amiante (70 900) et les phtalates (54 570).

- Certaines  activités  particulièrement  exposées.  En 2010, les secteurs d’activité les plus concernés par les CMR étaient principalement, pour les hommes, le bâtiment et les travaux publics, la maintenance, le travail des métaux, les transports et la réparation automobile, et pour les femmes, les professions de santé (infirmières, sages-femmes et aides-soignantes), la coiffure, l’esthétique et les industries de process.

- Un coût annuel total d’1,2 milliard d’euros. La prise en charge des cancers par la branche AT/MP représente environ 1,2 milliard d’euros par an à la charge des entreprises, principalement en lien avec des rentes viagères. Seuls 20 % des bénéficiaires de rentes liées à des cancers professionnels sont les personnes directement touchées par le cancer. 80 % des rentes sont versées aux ayants droit, majoritairement aux conjoints des personnes décédées de leur cancer.