Les enjeux de l’impression 3D sur la santé et la sécurité au travail

Autonomie ou assujettissement à une plateforme ? Travail plus créatif ou plus routinier ? Isolement professionnel croissant ou renforcement des liens de coopération ?

Très à la mode dans le domaine de l’innovation et le secteur de la création, les imprimantes 3D sont en passe de changer de statut : autrefois méthode futuriste utilisée exclusivement par des passionnés d’informatique et des industries de haute technologie, elles deviennent peu à peu un outil grand public adapté aux particuliers et aux petites entreprises intéressées par une production flexible. C’est la raison pour laquelle l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a réalisé une étude visant à évaluer ses effets potentiels sur la santé et la sécurité au travail.

Risques chimiques

Très complète, l’étude examine d’abord les risques physiques induits par cette technologie. Ceux-ci résultent essentiellement des produits chimiques plastiques utilisés pour réaliser les objets : polyamide sous forme liquide ou en poudre, résines époxydes, etc. Selon les experts consultés, ces matériaux nécessitent des précautions particulières, notamment en raison des risques d’émanations toxiques et allergènes qui y sont associés. D’où un appel à “mettre en place une réglementation et une certification appropriées de ces matériaux synthétiques”.

Transformation du travail

Mais les auteurs ne s’en sont pas tenus là. Conscients que les imprimantes 3D s’inscrivaient dans la promesse d’une “nouvelle révolution industrielle”, ils ont cherché à imaginer ses conséquences sur nos façons de travailler. S’agissant des employeurs, ils soulignent notamment que cette technologie devrait favoriser l’essor de nouvelles générations de travailleurs pour lesquels “le temps libre et le développement personnel sont plus appréciés que l’argent et la sécurité de l’emploi”.

Questions en suspend

De façon parallèle, l’étude anticipe un fort essor du nombre de travailleurs indépendants en rappelant les nombreux débats qu’ils suscitent. Autonomie ou assujettissement à une plateforme ? Travail plus créatif ou plus routinier ? Isolement professionnel croissant ou renforcement des liens de coopération ? Nouveaux gisements d’emplois ou précarisation de ceux qui existaient auparavant ? Meilleure gestion du temps ou accélération des cadences ?

Impossible de trancher tant la digitalisation du travail dont participe l’impression 3 D n’en est qu’à ses débuts. Mais l’attention est de mise !

Pour aller plus loin :

“Impression 3 D et fabrication additive : quelles conséquences pour la santé et la sécurité au travail”, étude librement téléchargeable sur : www.osha.europa.eu.