Les accidents routiers professionnels sont la première cause de mortalité au travail, avec près de 500 morts recensés chaque année en France.

C’est la raison pour laquelle, au début du mois, le gouvernement a publié, conjointement avec des organismes de mutuelle, l’Essentiel du risque routier professionnel, un document présentant les chiffres clefs associés à ce risque afin de sensibiliser les différents acteurs des entreprises.

Plus de 53.000 victimes d’accidents de la route liés au travail

Les accidents de la route sont un risque professionnel majeur. En 2017, année pour laquelle l’ensemble des données est disponible, quelque 53.616 personnes ont été victimes d’un accident de la route lié au travail et 480 sont décédées. 14.000 de ces accidents se sont produits lors d’un trajet de mission, lorsque le salarié est sous l’autorité de l’employeur. Les autres ont eu lieu lors du trajet entre le lieu de travail et le domicile de l’employé.

Plus de 4 millions de journées de travail perdues

En plus des drames humains qu’ils provoquent, ces accidents ont également des conséquences économiques très lourdes pour les entreprises et pour la société. Ainsi, en 2017, ils ont entraîné la perte de pas moins de 4,1 millions de journées de travail en raison des arrêts maladie prescrits, soit l’équivalent de 16.000 salariés qui seraient arrêtés toute l’année ! Les accidents de la route liés au travail sont en effet généralement plus graves que les autres accidents de travail. Ils débouchent en moyenne sur un arrêt de travail de 77 jours, soit 10 jours de plus que pour les autres accidents du travail.

L’obligation légale d’évaluer le risque routier

Comme le précise l’article L.411-1 du Code de la Sécurité sociale, un accident de la route se produisant lors d’un déplacement accompli par nécessité professionnelle est considéré comme un accident du travail. En effet, bien que le salarié soit alors en dehors des locaux de l’entreprise, il existe toujours entre lui et son employeur un lien de subordination. Le risque routier constitue donc bien pour le salarié en mission est un risque professionnel. Si bien que, conformément aux articles L. 4121-3 et R. 4121-1 du Code du travail, il doit donc faire, comme tout risque professionnel, l’objet d’une évaluation inscrite dans le document unique.

Une priorité nationale et managériale

Le risque routier professionnel a été identifié comme l’un des risques prioritaires du troisième plan santé au travail 2016-2020 et comme une priorité de la politique de la sécurité routière pour la période 2018-2022. En effet, il ne constitue nullement une fatalité et peut faire l’objet d’actions de prévention efficaces de la part des employeurs (voir encadré ci-dessous).

Pour aller plus loin : Le document “L’essentiel du risque routier professionnel” est téléchargeable sur le site du ministère du travail : www.travail-emploi.gouv.fr. Les entreprises qui souhaitent engager une démarche globale de gestion du risque routier professionnel peuvent aussi contacter la SEPR (Société d’édition et de protection route) qui, depuis plus de 60 ans, conseille les entreprises en matière de prévention routière : www.sepr-route.fr