“La troisième vague psychiatrique est là”, alertent les psychiatres Rachel Bocher,  Serge Hefez, Marion Leboyer et Marie-Rose Moro, conjointement avec la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury. Pour se protéger de cette vague, les entreprises sont incitées à prévenir plus activement les risques psychosociaux (RPS).

Chacun peut le vérifier dans son entourage personnel et professionnel : si les Français avaient plutôt bien encaissé le choc du premier confinement, l’annonce du second leur a porté un très sévère coup au moral.

21 % des Français en état dépressif

Selon l’enquête nationale CoviPrev qui suit l’état psychologique de la population, à la mi-septembre, quelque 21 % des Français présentaient un état dépressif.  Bien sûr, cette dégradation frappe plus particulièrement les populations les plus fragilisées par la crise sanitaire, mais, comme le souligne Serge Hefez, psychiatre à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, “tout le monde peut basculer ”car le mal-être est général.

Le monde du travail n’est bien sûr pas épargné. “L’entreprise se retrouve en première ligne car aux craintes pour la santé qui dominaient lors de la première vague épidémique, s’ajoutent maintenant une forte anxiété économique bien compréhensible”, analyse Philippe Mège, président d’Impact Prévention, une société spécialisée dans la prévention des risques psychosociaux (RPS).

La prévention des RPS, facteur de résilience

En effet, comme l’a montré une enquête réalisée par Malakoff Humanis, l’exposition des salariés aux RPS s’est considérablement aggravée lors de la crise sanitaire. Ainsi, “33 % des salariés estiment que leur travail est plus intense depuis la crise”(vs  12 % qui  estiment  qu’il  l’est  moins  qu’avant la crise). 23 % pensent qu’il “empiète davantage sur leur vie personnelle”(vs 13 %), et 14 % qu’ils subissent “plus de tensions au travail”(vs 3 %)”.

Enfin, facteur supplémentaire d’anxiété, 20% des salariés disent “avoir plus peur de perdre leur emploi depuis la crise”(vs 3 %). Pour éviter d’être frappées par la “troisième vague psychiatrique”, les entreprises devraient prêter une attention redoublée aux risques psychosociaux. Il en va de la santé de leurs salariés, mais aussi de leur capacité à surmonter une crise dont les effets risquent fort de se produire dans la durée.

Pour aller plus loin :

Les entreprises qui souhaitent lancer des actions de prévention des RPS peuvent se renseigner auprès d’Impact Prévention : www.impactprevention.fr.