L’ergonomie au travail

Fiche Pratique.

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent la première cause de maladie professionnelle. « Ils sont à l’origine de huit millions de jours d’arrêt de travail et représentent un coût annuel moyen de 800 millions d’euros pour les entreprises », selon la CRAMIF.

Si tous les salariés sont potentiellement concernés, la prévalence augmente avec l’âge et avec l’ancienneté dans l’entreprise. Dans ce contexte, l’ergonomie est une discipline qui se développe progressivement. De nombreux projets émergent pour accompagner les entreprises dans leurs démarches de prévention.

REGLEMENTATION

L’ergonomie n’apparaît pas dans le Code du travail en tant que telle mais son évocation est sous-entendue au détour de plusieurs articles :

– Article L4121-3 : « Évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs : choix des équipements de travail, aménagement ou réaménagement des lieux de travail ou des installations, définition de poste de travail. »

– Article R4541-4 : « Lorsque la nécessité d’une manutention manuelle de charge ne peut être évitée, l’employeur prend les mesures d’organisation appropriées ou met à la disposition des moyens adaptés… »

– Article R4541-5 : « Organiser les postes de travail de façon à éviter ou à réduire les risques, notamment dorsolombaires, en mettant à disposition des aides mécaniques ou des accessoires de préhension… »

L’ergonomie apparaît également à travers plusieurs normes :

– NF X 35‐109 : « Ergonomie. Manutention manuelle de charge pour soulever, déplacer et pousser/tirer. Méthodologie d’analyse et valeurs seuils. »

– NF EN 1005-4 (X 35-106-4) : « Sécurité des machines – Performance physique humaine – Partie 4 : évaluation des postures et mouvements lors du travail en relation avec les machines. » Lire la suite

Du bon usage des exosquelettes

Les exosquelettes suscitent de grands espoirs en termes d’amélioration des conditions de travail, notamment pour réduire les troubles musculosquelettiques (TMS). Toutefois, deux récentes études réalisées l’une par l’INRS, l’autre par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) invitent à ne pas les considérer comme des solutions miracles.

Autrefois futuristes, les exosquelettes ont fait leur entrée dans le monde du travail, aussi bien dans l’industrie que dans le secteur des services, avec toujours une promesse alléchante : combiner réduction des troubles musculosquelettiques et gains de productivité sur fond de vieillissement de la population active.

De l’homme augmenté à l’homme préservé

Deux études réalisées par l’INRS et l’UEOSHA incitent toutefois à la prudence(1). En effet, même si “le fantasme de l’exosquelette de science-fiction, visant à créer un homme ‘augmenté’, s’est effacé au profit de la recherche de dispositifs permettant avant tout de préserver le travailleur et de réduire sa fatigue”, des doutes subsistent quant à l’ergonomie de nombreux matériels. “Les exosquelettes peuvent soulager certaines contraintes musculaires locales mais ne réduisent pas la répétitivité des gestes. Il existe également un risque de déplacer ces contraintes sur d’autres parties du corps”, met en garde Laurent Kerangueven, ergo  nome à l’INRS. Un avis partagé par les experts de l’UE-OSHA qui soulignent “l’incertitude qui entoure leurs effets à long terme sur la santé et la nécessité de réaliser des études plus complètes”. Lire la suite

Mesurer avec plus de précision l’exposition au bruit et aux vibrations des cloueuses

Mesurer avec plus de précision l’exposition au bruit et aux vibrations des cloueuses

L’IRSST (Québec) vient de publier les résultats d’une recherche qui propose des pistes pour simplifier les méthodes d’évaluation du bruit et des vibrations émis par les cloueuses fréquemment utilisées par les charpentiers et les couvreurs, dans le but de réduire leur exposition dans le cadre de leur travail. Ces outils émettent du bruit et des vibrations à des niveaux qui mettent les usagers à risque de surdité professionnelle ou du syndrome vibratoire main-bras.

Les chercheurs ont testé en laboratoire et sur le terrain les niveaux sonores et vibratoires de 8 modèles de cloueuses pour déterminer lesquels de ces outils sont les plus bruyants et ceux qui génèrent le plus de vibrations. Des tableaux récapitulatifs de ces évaluations sont inclues dans le rapport. Les chercheurs ont également identifié trois mécanismes de génération du bruit et des vibrations : 1) le bruit de l’échappement d’air des cloueuses pneumatiques; 2) le rayonnement du bruit provenant du corps de la cloueuse; 3) le bruit et les vibrations générés par la pièce en bois qui est clouée.

Les résultats de cette étude financée par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) peuvent être consultés sans frais ici.

Mal au dos : un dépliant de l’INRS

Les lombalgies sont des affections très courantes caractérisées par des douleurs localisées en bas du dos. Elles résultent généralement d’un effort excessif, d’un mouvement brutal ou extrême, d’une chute… Le plus souvent, la douleur est provoquée par des lésions uniquement musculaires.

Les contraintes professionnelles peuvent jouer un rôle déterminant dans la survenue de tels accidents. La manutention, les vibrations et le travail physique lourd sont des facteurs de risque avérés. Par ailleurs, les accidents de plain-pied (chutes, trébuchements, glissades…) sont à eux seuls responsables d’un quart des lumbagos reconnus comme accidents du travail (AT).

Ce dépliant, qui s’adresse à tous les salariés, présente 4 idées fortes pour gérer sa lombalgie

Document original : Dépliant 3 volets, format 21 x 29,7

Référence INRS : ED 6040



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Prévenir le syndrome du canal carpien

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Syndrome du canal carpien

Syndrome du canal carpien

La Carsat Alsace Moselle a réalisé un site Internet afin d’aider les salariés et les employeurs à prévenir le déclenchement du syndrome du canal carpien (SCC), l’un des troubles musculo-squelettiques les plus répandus.

Il y a quelques années, j’avais des douleurs au poignet droit, je me suis dit : ce n’est pas grave, cela va passer… Je suis vendeuse au rayon charcuterie, j’effectue de nombreuses manipulations de produits… Depuis quelque temps, je ressens une douleur au niveau du coude qui se prolonge jusqu’à l’épaule…”, explique Agnès, 46 ans. C’est l’un des témoignages présentés par le site Internet spécialement consacré au syndrome du canal carpien (SCC) par la Carsat Alsace Moselle.

Le syndrome du canal carpien “fait partie des pathologies du type troubles musculo-squelettiques (TMS) reconnu comme maladies professionnelles dans le cadre du tableau57”. Sa compréhension exige un détour par l’anatomie.

“Dans le poignet, le nerf médian et les tendons fléchisseurs des doigts traversent un ‘tunnel’ nommé canal carpien. Ce canal est relativement restreint. Toute condition qui réduit cet espace, une inflammation par exemple, entraîne une compression du nerf médian.” Lire la suite