Du bon usage des exosquelettes

Les exosquelettes suscitent de grands espoirs en termes d’amélioration des conditions de travail, notamment pour réduire les troubles musculosquelettiques (TMS). Toutefois, deux récentes études réalisées l’une par l’INRS, l’autre par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) invitent à ne pas les considérer comme des solutions miracles.

Autrefois futuristes, les exosquelettes ont fait leur entrée dans le monde du travail, aussi bien dans l’industrie que dans le secteur des services, avec toujours une promesse alléchante : combiner réduction des troubles musculosquelettiques et gains de productivité sur fond de vieillissement de la population active.

De l’homme augmenté à l’homme préservé

Deux études réalisées par l’INRS et l’UEOSHA incitent toutefois à la prudence(1). En effet, même si “le fantasme de l’exosquelette de science-fiction, visant à créer un homme ‘augmenté’, s’est effacé au profit de la recherche de dispositifs permettant avant tout de préserver le travailleur et de réduire sa fatigue”, des doutes subsistent quant à l’ergonomie de nombreux matériels. “Les exosquelettes peuvent soulager certaines contraintes musculaires locales mais ne réduisent pas la répétitivité des gestes. Il existe également un risque de déplacer ces contraintes sur d’autres parties du corps”, met en garde Laurent Kerangueven, ergo  nome à l’INRS. Un avis partagé par les experts de l’UE-OSHA qui soulignent “l’incertitude qui entoure leurs effets à long terme sur la santé et la nécessité de réaliser des études plus complètes”. Lire la suite

TMS et facteurs psychosociaux au travail

Par de l’European Trade Union Institute –  www.etui.org/fr

Comment expliquer que, malgré les importants efforts de prévention accomplis, les troubles musculo-squelettiques (TMS) ne cessent de progresser en Europe au point que leur coût pourrait atteindre 2 % du produit national brut de l’Union européenne ?

Dans un récent rapport réalisé pour le compte de l’European Trade Union Institute (ETUI), Yves Roquelaure, professeur de médecine en santé au travail et d’ergonomie au CHU d’Angers, envisage l’hypothèse d’un problème mal abordé. “La prévention des TMS repose depuis plusieurs années pour l’essentiel sur des interventions en milieu de travail visant à réduire l’exposition des travailleurs aux sollicitations physiques intenses et/ou répétitives par des mesures techniques ou organisationnelles”, explique-t-il. Or, si louable soit-elle, cette façon de faire ignore le rôle déterminant joué par les facteurs psychosociaux dans le développement des TMS. `

Pour surmonter cet écueil, le rapport suggère de promouvoir de nouvelles formes de management car “l’augmentation des marges de manœuvre des travailleurs, lorsqu’elle leur permet de déployer compétences et savoir-faire liés à leur métier et d’effectuer un travail de qualité, est un facteur de prévention des risques de TMS”. On ne saurait mieux souligner combien la prévention des risques mérite une approche globale plutôt que seulement technique et juridique !



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Prévenir le syndrome du canal carpien

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Syndrome du canal carpien

Syndrome du canal carpien

La Carsat Alsace Moselle a réalisé un site Internet afin d’aider les salariés et les employeurs à prévenir le déclenchement du syndrome du canal carpien (SCC), l’un des troubles musculo-squelettiques les plus répandus.

Il y a quelques années, j’avais des douleurs au poignet droit, je me suis dit : ce n’est pas grave, cela va passer… Je suis vendeuse au rayon charcuterie, j’effectue de nombreuses manipulations de produits… Depuis quelque temps, je ressens une douleur au niveau du coude qui se prolonge jusqu’à l’épaule…”, explique Agnès, 46 ans. C’est l’un des témoignages présentés par le site Internet spécialement consacré au syndrome du canal carpien (SCC) par la Carsat Alsace Moselle.

Le syndrome du canal carpien “fait partie des pathologies du type troubles musculo-squelettiques (TMS) reconnu comme maladies professionnelles dans le cadre du tableau57”. Sa compréhension exige un détour par l’anatomie.

“Dans le poignet, le nerf médian et les tendons fléchisseurs des doigts traversent un ‘tunnel’ nommé canal carpien. Ce canal est relativement restreint. Toute condition qui réduit cet espace, une inflammation par exemple, entraîne une compression du nerf médian.” Lire la suite

Les lombalgies représentent 20 % des accidents du travail

lombaire posEn 2015, les lombalgies ont représenté 167.000 accidents du travail, soit 19 % du nombre total d’accidents du travail. Les lom­balgies coûteraient ainsi à la branche AT/MP près d’un milliard d’euros par an. Un coût prohibitif qui s’explique notamment par le fait qu’une lombalgie sur cinq donne lieu à un arrêt de travail, et que ces pathologies représentent 30 % des arrêts de travail de plus de six mois.

La citation du mois

L’augmentation de la lombalgie semble liée principalement au développement des services à la personne. Ces structures d’aide à domicile emploient des salariés- souvent femmes – qui peuvent être amenés à réaliser de la manutention de personnes âgées ou de malades. Et donc à porter des niveaux de poids que l’on ne rencontre plus ou presque plus dans l’industrie.

Michel Niezborala, médecin inspecteur du travail, entretien accordé à La Dépêche, (www.ladepeche.fr), 21/11/16

TMS dans le secteur du soin à la personne

Deux initiatives de prévention présentées en vidéo par l’Inrs

“En milieu de soin, les troubles musculosque­lettiques (TMS) constituent un problème récurrent, mais certainement pas une fatalité.” C’est le message qu’entend faire passer l’INRS dans deux nouveaux reportages visant à inci­ter les professionnels à “devenir acteurs de leur prévention”.

Risque TMS INRSLes employeurs mobilisés

Le premier film présente la démarche de pré­vention accomplie par un service de soins à domicile, “en insistant sur les questions d’organi­sation du travail et sur les bénéfices induits par la formation et l’implication des équipes et de l’encadrement”. Le second relate les initiatives prises par un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) en soulignant “le nécessaire engagement de la direction et de la hiérarchie dans la mise en œuvre et le suivi de la démarche de prévention”.

L’enjeu est de taille tant le secteur médico-so­cial présente une forte sinistralité liée à l’acti­vité physique. Ainsi, “dans les EHPAD, 68 % des accidents du travail sont dus aux manutentions, essentiellement de personnes, et 735 des 836 ma­ladies professionnelles reconnues sont des TMS”.

Pour aller plus loin : ces vidéos sont consultables en ligne sur la chaîne YouTube de l’Inrs et sur www.inrs.fr