Succès de la prévention – Les accidents du travail à leur plus bas niveau depuis 70 ans

Avec une moyenne de 33,4 accidents du travail pour 1000 salariés en 2017, la sinistralité en la matière est une nouvelle fois en baisse et atteint son niveau le plus bas depuis 70 ans, d’après les statistiques de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Elle était de 120 accidents pour 1000 salariés dans les années 1950. Les travailleurs français sont donc désormais 3,5 fois moins de se blesser au travail que dans l’immédiat après-guerre.

Adaptation aux nouveaux risques

Si ce succès s’explique bien sûr en partie par la transformation d’un tissu économique dans lequel la part du secteur tertiaire, par nature moins accidentogéne, il est bien sûr aussi à porter au crédit des progrès accomplis par la prévention des risques professionnels. Ceux qui en douteraient peuvent se reporter à l’exposition que l’INRS consacre aux affiches réalisées de 1947 à nos jours pour sensibiliser les travailleurs aux risques. Elle donne en effet une vision saisissante du chemin parcouru tant ces documents sont de fidèles marqueurs de l’évolution de la société et du monde du travail. Lire la suite

Accidents du travail et maladies professionnelles : toutes les entreprises concernées

“Au fil de l’année 2018, 73 % des entreprises interrogées ont recensé au moins un accident du travail avec arrêt, 47 % au moins un accident de trajet avec arrêt et 43 % au moins une maladie professionnelle.”

“Les risques professionnels restent synonymes d’enjeux sociaux et financiers importants pour une majorité d’entreprises. ”C’est l’un des enseignements de l’édition 2018 du baromètre de la gestion des accidents du travail et des maladies professionnelles réalisé pour BDO France et le cabinet Fayan-Roux, Bontoux et associés par la Junior ESSEC Conseil qui souligne aussi la recrudescence des cas de reconnaissance d’affections psychiques au titre d’accidents du travail et de maladie professionnelle.

Certes, comme l’affirmait en novembre dernier l’Assurance Maladie, la fréquence globale des accidents du travail et des nouvelles maladies professionnelles est à son niveau le plus bas depuis 70 ans. Toutefois, cette bonne nouvelle démontrant l’efficacité des efforts de prévention ne doit nullement conduire à considérer que les entreprises seraient par nature moins exposées aux risques professionnels.

85 % des entreprises frappées par un accident  ou une maladie professionnelle Lire la suite

Un employé sur cinq présenterait un risque de trouble psychique

Dépression, troubles anxieux, trouble obsessionnel compulsif, troubles bipolaires, schizophrénie, addictions…

Après une enquête portant sur un échantillon représentatif de 3200 actifs français, la Fondation Pierre Deniker pour la recherche et la prévention de la santé mentale, a établi que 20 %d’entre eux présentent une détresse “orientant vers un trouble mental”. Ils seraient ainsi plus sujets à des pathologies comme “la dépression, les troubles anxieux, le trouble obsessionnel compulsif, les troubles bipolaires, la schizophrénie mais aussi les addictions”. Les résultats ont permis de dresser des profils à risque. Il semblerait ainsi que les femmes (26 %) sont plus exposées que les hommes (19 %). De même que les actifs travaillant plus de 50 heures par semaine (35 % contre 21 %), ceux sans bureau fixe (33 % contre 22 %), les personnes ayant un revenu annuel inférieur à 15.000 euros (30 %), celles passant plus d’une heure et demie dans les transports (28 %) et les actifs aidants de personnes handicapées ou en perte d’autonomie (28 %). Le travail de nuit est aussi un facteur défavorable (29 %). Parallèlement, l’étude a également permis d’identifier des facteurs de résilience :“travail valorisant, soutien des collègues et de la hiérarchie, bonne communication au travail”ou encore “confiance en son avenir professionnel”.

Pour aller plus loin : étude téléchargeable sur www.fondationpierredeniker.org

Panorama des principaux risques professionnels

Entre 2010 et 2014, le nombre des accidents du travail (AT) s’est réduit de 5,7 %”. L’indice de fréquence, calculant le nombre d’accidents pour 1 000 salariés poursuit lui aussi une baisse régulière.

Rendu public voici quelques semaines, le Bilan 2017 Conditions de travail réalisé par le ministère du Travail présente notamment un état des lieux des principaux risques professionnels et de leur évolution. En mettant ainsi à jour des tendances lourdes à l’œuvre dans le monde du travail, ces chiffres constituent de précieux indicateurs pour les professionnels désireux d’orienter leurs démarches de prévention des risques.

33,6 accidents pour 1000 salariés en 2017 contre 36 en 2010

632 918 accidents du travail ont été recensés en 2017 contre 626 227 en 2016. Toutefois, pour les experts, cette légère augmentation ne remet pas en cause la tendance générale à la baisse depuis une petite dizaine d’années. “Entre 2010 et 2014, le nombre des accidents du travail (AT), s’était réduit de 5,7 %”. Et surtout, l’indice de fréquence, calculant le nombre d’accidents pour 1 000 salariés poursuit, quant à lui, sa baisse régulière. En 2017, on comptait 33,6 accidentés du travail pour 1 000 salariés, contre 33,8 en 2016, 33,9 en 2015 et 34 en 2014 et même 36 en 2010. Une nouvelle preuve que les efforts d’évaluation et de prévention des risques paient ! Lire la suite

Qu’est-ce que la culture de prévention ?

Sources des chiffres : rapports annuels successifs de l’Assurance Maladie – Risques Professionnels

« Le résultat concret est sans appel : depuis la mise en œuvre du décret « Document Unique » l’indice de fréquence des accidents du travail a chuté en France de près d’un quart depuis 2002, passant de 43 accidents pour 1 000 salariés à moins de 34 en 2016.

L’expression « Culture de Prévention » a fait son entrée au cours de l’été 2018 dans deux documents majeurs publiés sur la politique française de prévention des risques professionnels. Le « Rapport Lecocq » remis au 1er Ministre, intitulé Santé au travail, vers un système simplifié pour une prévention renforcée et le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les maladies professionnelles dans l’industrie.

Mais qu’est-ce que la culture de prévention ?

Les accidents du travail et les maladies professionnelles ont été longtemps considérés en France comme des fatalités et traités sous le seul angle de la réparation du préjudice subi par la victime. Depuis la loi du 8 avril 1898, le salarié victime d’un accident survenu « par le fait ou à l’occasion du travail » était en droit d’obtenir une indemnisation forfaitaire, sans qu’il soit nécessaire de démontrer la faute de l’employeur.

Le traitement a posteriori des accidents du travail est resté en vigueur en France pendant près d’un siècle. En substance, il fallait qu’un accident survienne pour que ses causes soient analysées. Peu à peu, l’idée de prévenir les accidents de travail a fait son chemin. On s’est alors attaché à supprimer les causes immédiates des accidents et des « quasi accidents », c’est-à-dire les situations dans lesquelles tous les éléments sont réunis pour qu’un accident ait lieu, sauf l’accident lui-même. Lire la suite