Absences pour raisons de santé – Le rôle prépondérant des conditions de travail

Depuis longtemps, l’absentéisme a fait l’objet d’intenses recherches, alimentées par de nombreuses données statistiques, souvent motivées par la volonté de le réduire, chacun ayant conscience qu’il représente un coût aussi bien pour les salariés que pour les entreprises et pour la société tout entière. Dans cette somme d’études, l’une d’entre elles, réalisée en 2013 par la direction de la recherche (Dares) du ministère du Travail, a fait date en démontrant le fort impact des conditions de travail sur le nombre de salariés absents pour raisons de santé.

Traditionnellement, l’analyse des causes de l’absentéisme passe par la prise en compte de nombreuses variables démographiques, sociales, etc. L’étude réalisée en 2013 par la Dares n’y fait pas exception en questionnant le rôle joué par l’âge, le sexe, la situation familiale, le secteur d’activité, la catégorie socio-professionnelle, etc.

Le statut familial plutôt que le sexe.

Elle a ainsi permis de confirmer le rôle joué par l’âge des travailleurs. En effet, parmi les 20-24 ans, 2,9 % des salariés sont absents pour des raisons de santé tandis que cette proportion atteint 5,4 % parmi les 55-59 ans. D’autres observations sont moins intuitives : ainsi, malgré “la présence d’un jeune enfant dans le foyer, les femmes en couple n’ont pas une propension plus importante que les hommes à s’absenter pour maladie”. Lire la suite

Les journées de travail à rallonge augmentent le risque d’AVC

Une récente étude médicale démontre que s’imposer régulièrement des journées de travail de plus de 10 heures augmente significativement le risque d’être victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Un constat qui sonne comme une mise en garde pour les patrons de TPE-PME, coutumiers des journées à rallonge…

S’il est établi que les personnes ayant un emploi sont généralement en meilleure santé que celles qui en sont dépourvues, encore faut-il ne pas travailler trop. C’est ce que souligne une récente étude ayant établi une corrélation entre les trop longues journées de travail et l’augmentation du risque d’AVC(1)

Le risque d’AVC, 29 % plus élevé au-delà de 10 h de travail par jour

Après avoir suivi une cohorte de près de 150 000 personnes, les chercheurs ont en effet constaté que le risque de faire un AVC est supérieur de 29 % chez les personnes travaillant plus de dix heures par jour, au moins 50 jours par an. Pis :lorsque cette situation perdure au-delà de dix ans, le risque augmente carrément de 45 % ! “Il ne s’agit pas pour autant d’être alarmiste. Le risque demeure faible :il passe de 0,8 à 0,93 %”, tempère le Pr Alexis Descatha, spécialiste des pathologies liées au travail à l’hôpital Raymond-Poincaré à Garches et coauteur de l’étude(2). Lire la suite

Succès de la prévention – Les accidents du travail à leur plus bas niveau depuis 70 ans

Avec une moyenne de 33,4 accidents du travail pour 1000 salariés en 2017, la sinistralité en la matière est une nouvelle fois en baisse et atteint son niveau le plus bas depuis 70 ans, d’après les statistiques de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).

Elle était de 120 accidents pour 1000 salariés dans les années 1950. Les travailleurs français sont donc désormais 3,5 fois moins de se blesser au travail que dans l’immédiat après-guerre.

Adaptation aux nouveaux risques

Si ce succès s’explique bien sûr en partie par la transformation d’un tissu économique dans lequel la part du secteur tertiaire, par nature moins accidentogéne, il est bien sûr aussi à porter au crédit des progrès accomplis par la prévention des risques professionnels. Ceux qui en douteraient peuvent se reporter à l’exposition que l’INRS consacre aux affiches réalisées de 1947 à nos jours pour sensibiliser les travailleurs aux risques. Elle donne en effet une vision saisissante du chemin parcouru tant ces documents sont de fidèles marqueurs de l’évolution de la société et du monde du travail. Lire la suite

Accidents du travail et maladies professionnelles : toutes les entreprises concernées

“Au fil de l’année 2018, 73 % des entreprises interrogées ont recensé au moins un accident du travail avec arrêt, 47 % au moins un accident de trajet avec arrêt et 43 % au moins une maladie professionnelle.”

“Les risques professionnels restent synonymes d’enjeux sociaux et financiers importants pour une majorité d’entreprises. ”C’est l’un des enseignements de l’édition 2018 du baromètre de la gestion des accidents du travail et des maladies professionnelles réalisé pour BDO France et le cabinet Fayan-Roux, Bontoux et associés par la Junior ESSEC Conseil qui souligne aussi la recrudescence des cas de reconnaissance d’affections psychiques au titre d’accidents du travail et de maladie professionnelle.

Certes, comme l’affirmait en novembre dernier l’Assurance Maladie, la fréquence globale des accidents du travail et des nouvelles maladies professionnelles est à son niveau le plus bas depuis 70 ans. Toutefois, cette bonne nouvelle démontrant l’efficacité des efforts de prévention ne doit nullement conduire à considérer que les entreprises seraient par nature moins exposées aux risques professionnels.

85 % des entreprises frappées par un accident  ou une maladie professionnelle Lire la suite

Un employé sur cinq présenterait un risque de trouble psychique

Dépression, troubles anxieux, trouble obsessionnel compulsif, troubles bipolaires, schizophrénie, addictions…

Après une enquête portant sur un échantillon représentatif de 3200 actifs français, la Fondation Pierre Deniker pour la recherche et la prévention de la santé mentale, a établi que 20 %d’entre eux présentent une détresse “orientant vers un trouble mental”. Ils seraient ainsi plus sujets à des pathologies comme “la dépression, les troubles anxieux, le trouble obsessionnel compulsif, les troubles bipolaires, la schizophrénie mais aussi les addictions”. Les résultats ont permis de dresser des profils à risque. Il semblerait ainsi que les femmes (26 %) sont plus exposées que les hommes (19 %). De même que les actifs travaillant plus de 50 heures par semaine (35 % contre 21 %), ceux sans bureau fixe (33 % contre 22 %), les personnes ayant un revenu annuel inférieur à 15.000 euros (30 %), celles passant plus d’une heure et demie dans les transports (28 %) et les actifs aidants de personnes handicapées ou en perte d’autonomie (28 %). Le travail de nuit est aussi un facteur défavorable (29 %). Parallèlement, l’étude a également permis d’identifier des facteurs de résilience :“travail valorisant, soutien des collègues et de la hiérarchie, bonne communication au travail”ou encore “confiance en son avenir professionnel”.

Pour aller plus loin : étude téléchargeable sur www.fondationpierredeniker.org