5 bienfaits de la prévention sur la performance de l’entreprise

“Souvent perçue comme une contrainte, voire un coût, la prévention peut, si elle est intégrée à la marche de l’entreprise, contribuer à l’amélioration de sa productivité et de sa performance.”

C’est la conviction défendue par un récent dossier de la revue Hygiène et sécurité du travail, publiée par l’INRS. Pour les experts consultés, la prévention des risques ne permet pas seulement d’éviter les coûts directs et indirects liés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. Elle relève, plus globalement, d’une démarche de progrès continu bénéfique à la performance globale de l’entreprise. Voici une synthèse de leurs arguments.

➤Réduire le coût des indemnisations et cotisations AT-MP

En évitant les accidents du travail et les maladies professionnelles, les actions de prévention des risques professionnelles permettent de réduire les coûts directs qu’ils entraînent. Comme le précise

Pierre Canetto, chargé de mission à l’INRS, il s’agit des “dépenses liées aux indemnités journalières, à l’indemnisation des victimes à la suite du sinistre, et celles liées aux soins”. Or, même mutualisées entre les entreprises d’un secteur professionnel, comme c’est le cas pour les entreprises de moins de 20 salariés, ces dépenses ne sont pas du tout anodines. Chargés de mission TPE-PME à l’INRS,

Patrick Laine et Marc Malenfer, soulignent ainsi que “pour l’activité de maçonnerie, le taux de cotisation AT-MP, autour de 8 % de la masse salariale, est comparable à la marge dégagée par l’entreprise”.

➤Éviter l’absentéisme et la perturbation du fonctionnement Lire la suite

Évolution des conditions de travail de 2013 à 2016

L’agence Santé publique France a publié, le 22 mai dernier, les premiers enseignements de l’enquête Conditions de travail et risques psychosociaux 2016.

Menée auprès de 21.000 salariés, cette enquête menée depuis 1978 permet une vision dynamique de thèmes tels que les horaires et l’organisation du temps de travail, l’organisation et les rythmes de travail, les pénibilités, les risques et leur prévention, les contraintes psychosociales, les relations avec le public ou encore la violence au travail. De la sorte, elle révèle les sujets qui doivent faire l’objet d’une attention particulière de la part des managers et des professionnels de la prévention des risques. Voici une synthèse de ces premiers enseignements.

➤Stabilisation du rythme de travail

“Après l’augmentation observée entre 2005 et 2013,l’exposition aux contraintes de rythme de travail s’est stabilisée à un niveau élevé : en 2016 comme en 2013, 35 % des salariés subissaient au moins trois contraintes de rythme de travail”, notent les auteurs. Les contraintes le plus souvent citées par les salariés sont : les demandes extérieures exigeant une réponse immédiate (58 %), les normes de production à satisfaire en une journée (48 %, dont 29 % en une heure), un contrôle ou un suivi informatisé (35 %), les contraintes ou la surveillance permanente exercée par la hiérarchie (31 %).

➤Diminution de la charge mentale Lire la suite

Hausse continue des arrêts de travail depuis 2014

Après une hausse de 3,7 % en 2015, 4,6 %en 2016, les dépenses d’indemnités journalières ont encore augmenté de 4,4 % en 2017, pour atteindre 10,3 milliards d’euros.

Or, comme le précise l’Assurance-maladie, cette tendance s’accélère encore en 2018 : de janvier à mai, les versements d’indemnités journalières sont en hausse de 5,7 %. Comme le relève Le Figaro, cette dynamique “est en partie liée à la réforme des retraites de 2010, qui a fait reculer progressivement l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans”. En effet, “la probabilité d’être en arrêt, et la durée moyenne d’un arrêt, croît en effet avec l’âge: la durée moyenne d’un arrêt indemnisé est de 76 jours pour les 60 ans et plus, contre 52 jours pour les 55-59 ans, et 35 jours pour l’ensemble de la population en 2016. Résultat, la part des personnes âgées d’au moins 60 ans dans le montant total a crû de 3 points entre 2010 (4,8 %) et 2016 (7,9 %)”.

La réduction du nombre d’indemnités journalières constitue dès à présent un enjeu économique et financier colossal. Rien que pour le mois de mai 2018, elles représentent une dépense de 904 millions d’euros qui pèse sur la performance économique française. Pour les experts, ces chiffres confirment que la prévention des risques professionnels et l’amélioration des conditions de travail représentent des enjeux majeurs dans un contexte de vieillissement de la population active.

La formation à la sécurité, antidote aux accidents du travail

2 fois moins d’accidents recensés chez les jeunes formés

Une étude épidémiologique réalisée par l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) établit que “les jeunes de moins de 25 ans formés en santé et sécurité au travail pendant leur scolarité ont 2 fois moins d’accidents du travail que les autres”. Au-delà, elle démontre aussi l’efficacité des formations “sauveteurs secouristes du travail”.

➤ Les jeunes davantage exposés aux accidents du travail

Selon les statistiques de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAM-TS), “dix jeunes de moins de 25 ans sur cent se blessent au travail, alors que la fréquence annuelle pour l’ensemble des salariés est d’environ 4 pour 100”.Afin de remédier à cette situation, un enseignement de la santé et sécurité au travail (S&ST) a été intégré, depuis 1993, dans la plupart des diplômes du secteur de l’industrie et de la construction, grâce à un partenariat entre le ministère de l’Éducation nationale et la CNAM-TS. L’étude épidémiologique lancée par l’INRS visait à évaluer l’efficacité de ce dispositif.

➤ L’impact majeur de la formation sur les comportements Lire la suite

Parcours professionnels et conditions de travail

Une étude du ministère du Travail établit un lien entre carrières précaires et conditions de travail dégradées.

“Les conditions de travail auxquelles sont exposées les personnes ne sont pas identiques selon leur parcours professionnel. ”C’est la conclusion d’une étude réalisée par le ministère du Travail.

Des parcours professionnels très différenciés

Dans un univers professionnel devenu plus instable, les parcours professionnels des individus ont tendance à diverger fortement. Les données recueillies permettent ainsi de distinguer trois cas de figure :

– les salariés qui ont des parcours “stables” avec peu ou pas de changement d’emploi et une catégorie sociale stable dans le temps (35,4 %) ;

– les parcours “dynamiques” avec une progression professionnelle ainsi que de nombreux changements d’emploi (38 %) ;

– et les parcours “précaires” caractérisés par un déclassement ou des aléas de carrière (26,6 %). Lire la suite