Mieux conduire : jour de stage en pratique

«   Nos formations ne visent pas à culpabiliser les conducteurs mais à les rendre plus conscients des risques auxquels ils sont exposés »

L’erreur est humaine, surtout au volant, puisque ce facteur intervient dans plus de 90 % des accidents. Pour pallier ce risque, les entreprises peuvent prescrire à leurs salariés des stages de conduite, quel que soit leur secteur d’activité. Qu’y apprend-on ? Pour le savoir, nous avons suivi un jour de stage sur le site d’un organisme de formation agréé.

 Neuf heures du matin, ce vendredi du mois de janvier, l’asphalte du circuit Jean-Pierre-Beltoise, dans les Yvelines, brille de manière inhabituelle. Les températures glaciales et l’humidité de la nuit ont recouvert les 2 500 mètres de piste d’une fine mais solide couche de glace. Les stagiaires frémissent moins de froid qu’à l’idée de prendre le volant dans ces conditions. Pas les moniteurs de l’organisme de formation Beltoise Évolution qui trouvent, eux, dans la météo une alliée providentielle pour faire prendre conscience à leurs élèves d’un jour que la route a toujours le dernier mot. Malgré l’expérience acquise ou l’aptitude reconnue de chacun, la seule manière de conduire en sécurité consiste à anticiper le pire et à se ménager suffisamment de marge de manœuvre pour l’éviter ou, du moins, pour en minimiser les conséquences éventuelles. Une préconisation frappée au coin du bon sens et pourtant pas si facile à entendre par les 12 000 à 13 000 conducteurs inscrits chaque année à ces stages, en France. Pour les faire changer d’avis, et surtout de comportement, leurs employeurs comptent sur la pédagogie de la méthode « Conduire juste » élaborée par l’ancien pilote de Formule 1 qui a aussi donné son nom au circuit. Reconverti dans la formation post-permis, à destination du grand public et des entreprises, il a fondé son école en 1986 avec l’idée qu’une conduite plus attentive et plus responsable valait mieux que la maîtrise du pilotage. Lire la suite

En Europe, jusqu’ à 40 % des accidents de la route mortels seraient liés au travail

Dans un rapport publié de mois-ci, l’European Transport Safety Council (ETSC) estime que jusqu’à 40 % des accidents mortels recensés en 2016 sur les routes européennes se sont produits à l’occasion de trajets professionnels.

En 2016, très exactement 25 671 per­sonnes ont trouvé la mort sur les routes européennes, selon le décompte réalisé par l’ETSC en compilant les données nationales des pays membres de l’Union européenne.

Stagnation du nombre d’accidents depuis 2013

Ce résultat traduit hélas un échec relatif des politiques de prévention actuellement me­nées au niveau européen. En effet, en 2010, l’Union européenne s’était fixé l’objectif de diminuer par deux le nombre de tués sur les routes en 10 ans. Or, alors que les trois premières années ont été marquées par une baisse significative et régulière des accidents mortels, depuis 2013, on observe une sta­gnation.

Un levier de progrès : réduire le risque routier professionnel

Pour les experts de l’ETSC, d’importants pro­grès pourraient être obtenus en renforçant la prévention du risque routier professionnel. En effet, si le nombre exact d’accidents survenant lors de trajets liés au travail est difficile à éta­blir en raison de l’absence de définition com­mune à l’échelle européenne, les différentes analyses réalisées au sein des pays membres incitent les auteurs du rapport à estimer que 40 % des accidents mortels surviennent dans un cadre professionnel.

Déficit de sensibilisation

Pour remédier à cette situation, l’ETSC plaide pour un renforcement de l’action publique. À l’en croire, un vaste chantier : “seuls 11 pays encouragent les employeurs à s’investir dans la prévention routière à travers des directives, des opérations de communication ou encore des partenariats”. Une lacune qui se vérifie à l’échelon européen, l’ETSC déplorant que “la directive-cadre sur la sécurité et la santé au travail (89/391/CEE) ne mentionne pas spécifiquement le risque routier.” Lire la suite

Le smartphone, ennemi n°1 de la sécurité routière en Europe

Smartphone au volantL’inattention est désormais considérée par les Européens comme la principale cause d’accidents mortels sur les routes, devant la conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants.

Selon l’édition 2017 du Baromètre européen de la conduite responsable de la Fondation Vinci Autoroutes ils sont 57 %, et jusqu’à 75 % aux Pays-Bas, à l’identifier comme telle. Pourtant, dans le même temps, “les Européens sont nombreux à continuer de conduire en utilisant leur téléphone, leur smartphone ou en réglant leur GPS, alors que ces objets du quotidien, dont il semble qu’on ne puisse se séparer même au volant, sont la principale source de d’inattention”.

Selon les experts de la sécurité routière, la lutte contre ces comportements nécessite une mobilisation des entreprises car l’usage des outils connectés au volant se fait souvent pour des raisons professionnelles.

Les données recueillies par l’Institut Ipsos pour la Fondation Vinci Autoroutes auprès d’un échantillon représentatif de 12.429 automobilistes de onze pays européens sont alarmantes.

Toujours plus de coups de fil, courriels et emails au volant

➤ 43 % à téléphoner en utilisant le Bluetooth (jusqu’à 52 % en Italie mais 31 % au Royaume-Uni) ;

➤ 39 % à paramétrer leur GPS (jusqu’à 50 % en Allemagne mais 29 % en Espagne) ;

➤ 32 % à téléphoner sans kit mains libres (jusqu’à 54 % en Grèce mais 14 % au Royaume-Uni) ;

➤ 31 % à téléphoner avec une oreillette, un casque ou des écouteurs (jusqu’à 49 % en Grèce mais 16 % en France) ;

➤ 24 % à écrire et/ou lire des SMS ou des mails (jusqu’à 32 % en Italie mais 16 % aux Pays-Bas). Lire la suite

Somnolence au volant : un risque professionnel majeur à mieux prévenir

Somnolence au volant

Somnolence au volant

“La somnolence multiplie par 8 le risque d’accident de la route et représente la première cause d’accident mortel sur autoroute”

Le 11 janvier dernier, l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) et la Fondation VINCI Autoroutes pour une conduite responsable ont organisé une table ronde sur la somnolence au volant afin de plaider pour une meilleure prévention de ce risque pendant les déplacements professionnels et domicile travail. En s’appuyant sur de récentes enquêtes, les intervenants ont en effet estimé que la somnolence représentait un risque professionnel majeur auquel il convient de mieux sensibiliser les entreprises et leurs collaborateurs.

La plupart des entreprises sont désormais bien conscientes que les accidents de la route sont la principale cause de mortalité au travail. Comme le rappelait récemment la Sécurité routière, en 2015, quelque 359 personnes ont perdu la vie lors d’un trajet domicile-travail et 124 lors d’un déplacement professionnel.

La somnolence, cause majeure d’accidents de la route.

En revanche, il apparaît que le rôle joué par la somnolence au volant dans ces accidents est encore trop sous-estimé. Pourtant, comme l’ont souligné les intervenants, la somnolence est un facteur de risque majeur : “elle multiplie par 8 le risque d’accident de la route et représente la première cause d’accident mortel sur autoroute”. Lire la suite

Infractions routières : nouveau système répressif

Risques routiers en entreprise

Risques routiers en entreprise

Risques routiers en entreprise

« Le dirigeant paiera sur ses propres deniers une amende pénale et forfaitaire »

Votée le 17 octobre 2016 et déclarée conforme par le Conseil constitutionnel, le 18 novembre 2016, la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle traite pour partie des infractions routières. Mais elle pourrait sur ce plan, ne fût-ce que momentanément, compliquer la vie des entreprises et finir par accoucher d’une souris.

La loi de modernisation de la justice du XXIe siècle a été publiée au Journal officiel du 19 novembre 2016. S’agissant des infractions routières, leurs contrôles, traitements et sanctions sont modifiés. En conséquence, le Code de la route, le Code de procédure pénale et le Code des assurances sont complétés et modifiés.

Ces modifications ont pour objectif principal de permettre des retraits de points sur le permis de conduire du conducteur pour les infractions routières qui en prévoient. Sont visées les infractions sans interception, commises par des véhicules appartenant ou détenus par des entreprises. Sont également visés les véhicules particuliers dont le titulaire de la carte grise n’a pas de permis de conduire. Ainsi, tout conducteur pourra être identifié, sanctionné et se voir retirer des points. Lire la suite