Pour 82 % des salariés, l’entreprise est “responsable de leur bonheur”

Les Français attendent décidément beaucoup de leur travail. Selon un récent sondage Ifop, ils seraient 82 % à considérer que “l’entreprise est responsable de leur bonheur”.

Pas question toutefois d’en déduire qu’il faudrait d’urgence recruter un « chief happiness officer » ou installer un flipper dans la salle de repos… Car les ressorts du bien-être professionnel sont plus traditionnels.

Outre l’indispensable rémunération, ils placent en tête “la satisfaction du travail bien fait” (37 %), “la reconnaissance de la valeur de leur travail” (30 %). Enfin, preuve d’un certain bon sens, ils sont 35 % à penser que la raison d’être de l’entreprise, c’est avant tout de “servir ses clients” contre 12 % qui pensent qu’elle a d’abord vocation à “rendre le monde meilleur”. Autant de réponses qui tendent à penser que les entreprises soucieuses du bonheur de leurs salariés doivent avant tout leur offrir les conditions nécessaires à l’accomplissement d’un travail de qualité.

Pour aller plus loin : “Bonheur, sens du travail et raison d’être : le regard des salariés français sur l’entreprise”, sondage Ifop pour Philonomist, janvier 2020.

PME : près d’un patron sur cinq en risque de burn-out

Selon une étude récemment publiée par la Revue française de gestion, quelque 17,5 % des patrons de PME seraient exposés au risque de burn-out (1).


Pour ses auteurs, chercheurs en gestion de l’université de Montpellier, la santé des dirigeants d’entreprise représente un double enjeu, à la fois sanitaire et économique.

Depuis de nombreuses années, l’impact du travail sur la santé a fait l’objet de nombreuses études. Mais, comme le remarquent Olivier Torrès et Charlotte Moysan-Kinowski, les dirigeants de PME sont le plus souvent exclus de ses recherches, pour la simple raison que, n’étant fréquemment pas salariés, ils ne sont pas suivis par la médecine du travail. Pour remédier à cette lacune, ces chercheurs à l’université de Montpellier ont lancé une vaste enquête visant à déterminer leur risque de faire un burn-out.

35 % des artisans menacés de burn-out

Lire la suite

Radiographie des violences en milieu de santé

“Angoisse, frustration, démoralisation, épuisement moral, lassitude, stress, peur…”


Tels sont quelques-uns des termes utilisés par les professionnels de santé pour décrire leur ressenti face aux violences dont ils sont victimes dans l’exercice de leur métier, le plus souvent de la part de patients ou des personnes qui les accompagnent. Preuve de l’ampleur prise par le phénomène, depuis 2005 celui-ci est suivi par un organisme dédié : l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) qui vient de publier son rapport 2019 (1).

Une large palette de violences

En 2018, l’ONVS a reçu plus de 23 000 signalements de violences de la part de 426 établissements de santé. Loin d’être exhaustive cette base de données permet toutefois de dresser une typologie des violences subies. En l’occurrence, 20 % visent les biens et 80 % les personnels. Depuis les incivilités jusqu’aux agressions caractérisées, la palette des situations vécues par les personnels est vaste. Un verbatim permet de s’en faire une idée : “Patient de 16 ans, admis pour une plaie à l’arme blanche dans le dos. Agressif, refusant tous les soins, violent, il essaie de nous frapper, insultant, nous crache dessus à plusieurs reprises.” ; “Deux individus armés de couteaux entrent dans les Radiographie des violences en milieu de santé urgences à la recherche d’une personne suite à une rixe dans la rue, pour ‘finir le travail’ sur un patient arrivé plus tôt pour plaie par couteau” ; “Un patient est venu avec son groupe d’amis au sein du service des urgences. Ces derniers sont montés dans l’ambulance privée stationnée dans le hangar et ont fait sonner la sirène du véhicule. Par la suite un des amis urine de la rambarde et devient agressif et insultant quand une infirmière lui fait remarquer son incivilité.”, etc. Lire la suite

Explosion des cas de burn-out recensés en Suisse

Beaucoup d’organisations ont conçu leur transformation numérique autour de l’expérience client.

Encore trop peu équilibrent ces investissements par une attention soutenue à l’expérience travailleur.

Selon une récente enquête du quotidien zurichois Neue Zürcher Zeitung s’appuyant sur les données recueillies par deux assureurs, les arrêts de travail prescrits pour des causes psychologiques ont littéralement explosé dans la confédération helvétique depuis 2012.

Les absences liées à des problèmes de santé mentale auraient ainsi augmenté de 70% depuis 2012 parmi les assurés de PK Rück, tandis que l’assurance-maladie Swica aurait, quant à elle, enregistré une augmentation de près de 50 % du nombre d’arrêts liés à une maladie mentale en 6 ans.

Comme en France, la majorité des cas recensés sont des dépressions et des épuisements professionnels qui donnent lieu à des arrêts de travail de 18 mois en moyenne, soit une durée deux fois plus importante que pour les autres maladies. En Suisse, le coût des absences, pertes de production et rentes d’invalidité dues au stress était déjà estimé en 2012 à plus de 9 milliards d’euros par an par le Secrétariat d’État à l’économie.

Pour aller plus loin : “Burnout: Arbeitsausfälle steigen auf Rekordhoch”, NZZ am Sonntag, 11/01/20

Les télétravailleurs, pas plus heureux que leurs collègues ?


Le télétravail a fortement progressé ces dernières années. Parmi les cadres du secteur privé non agricole, 11,1 % le pratiquent régulièrement et 5,2 %, appelés “télétravailleurs intensifs”, au moins deux jours par semaine. Or, comme le révèle une étude de l’Insee, contrairement à une idée reçue, il ne se traduit pas nécessairement par un surcroît de bien-être professionnel(1).

“Le télétravail n’est ni bénéfique ni néfaste par nature. Comme tout type d’organisation du travail, il présente des avantages mais aussi des inconvénients qui, à l’instar de tous les risques professionnels, doivent faire l’objet d’une évaluation et d’actions de prévention permettant d’en tirer le meilleur parti.”

Exposition aux risques professionnels

Les télétravailleurs intensifs effectuent souvent des journées de travail plus longues. Ils sont “deux fois plus nombreux à travailler plus de 50 heures par semaine”. Surtout,  “leurs horaires sont plus atypiques”. Ils sont deux fois plus nombreux à travailler entre 20 h et minuit, six fois plus nombreux à avoir des horaires variables d’un jour à l’autre. Lire la suite