Risques psychosociaux : les agents de la fonction publique en première ligne

Contrairement à une idée reçue, les risques psychosociaux ne sont nullement l’apanage d’un secteur marchand soumis aux dures lois de la concurrence.

Selon une récente étude du ministère de l’Action et des Comptes publics, les agents publics y seraient même davantage exposés que les salariés du privé.

Des agents publics plus exposés que les salariés du privé

Selon les différents employeurs de la fonction publique, 56,3 % des agents publics travaillent dans des établissements dans lesquels au moins 10 % des salariés sont exposés par “la nécessité de travailler dans l’urgence”, ce qui n’est le cas pour 30,4 % des salariés du secteur marchand et associatif. Or ce décalage se vérifie dans la quasi-totalité des facteurs de mal-être psychique au travail comme le “sentiment de ne pas pouvoir faire un travail de qualité”(46,6 % contre 16,6 %) ou une “charge de travail trop importante”(43,7 % contre 18,4 %). De même, les tensions inhérentes à la vie professionnelle semblent plus vives dans la fonction publique. C’est vrai des “tensions avec le public” (41,3 % contre 18,1) mais aussi des “tensions avec la hiérarchie” (26,5 % contre 8,6 %) et des “tensions entre collègues”(33,8 % contre 10 %). Si bien que “la seule exception porte sur la crainte du chômage” qui ne concerne pas les agents titulaires de la fonction publique.

Une prévention des RPS encore trop peu formalisée Lire la suite

« Bullshit Jobs » Par David Graeber

Après le succès mondial rencontré par son article sur “le phénomène des jobs à la con”, l’anthropologue David Graeber, professeur à la London School of Economics, consacre à ce sujet une vaste enquête. En puisant dans les nombreux témoignages qu’il a reçus, il dresse un inventaire des métiers et fonctions inutiles qui, selon lui, proliféreraient dans les organisations contemporaines rendant malades ceux qui les exercent.

Même si l’auteur s’abstient de cerner précisément ces jobs, cette plongée en apnée dans les abysses bureaucratiques des entreprises et administrations contemporaine contribue à éclairer le phénomène du bore-out, cette pathologie psychique frappant les personnes qui s’ennuient mortellement au travail. Lire la suite

La Belgique lance un vaste projet pilote de lutte contre le burn-out

« Il faut sortir de l’affrontement stérile entre, d’un côté, ceux qui utilisent les risques psychosociaux pour mettre en accusation les employeurs prétendument insensibles et cyniques et, de l’autre côté, ceux qui rejettent la faute sur la prétendue fragilité des salariés en souffrance.”

Doté d’un budget de 2,5 millions d’euros, ce programme révèle les débats persistants entre les tenants d’une approche thérapeutique et les promoteurs d’une approche organisationnelle.

Le 17 janvier dernier, la ministre belge de la Santé a donné le coup d’envoi de plusieurs projets pilotes contre le burn-out. Ils prévoient notamment un trajet d’accompagnement spécifique pour les travailleurs en souffrance des secteurs hospitalier et bancaire particulièrement exposés aux risques psychosociaux. D’autres secteurs suivront si les résultats s’avèrent concluants.

Accompagnement des travailleurs en souffrance

Cet effort sans précédent dans le royaume résulte d’une prise de conscience de l’importance du phénomène. Selon l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami) “quelque 36 % des 400.000 arrêts de travail de plus d’un an recensés en Belgique résultent de pathologies psychiques comme le stress, la dépression et le burn-out”. Lire la suite

TMS et facteurs psychosociaux au travail

Par de l’European Trade Union Institute –  www.etui.org/fr

Comment expliquer que, malgré les importants efforts de prévention accomplis, les troubles musculo-squelettiques (TMS) ne cessent de progresser en Europe au point que leur coût pourrait atteindre 2 % du produit national brut de l’Union européenne ?

Dans un récent rapport réalisé pour le compte de l’European Trade Union Institute (ETUI), Yves Roquelaure, professeur de médecine en santé au travail et d’ergonomie au CHU d’Angers, envisage l’hypothèse d’un problème mal abordé. “La prévention des TMS repose depuis plusieurs années pour l’essentiel sur des interventions en milieu de travail visant à réduire l’exposition des travailleurs aux sollicitations physiques intenses et/ou répétitives par des mesures techniques ou organisationnelles”, explique-t-il. Or, si louable soit-elle, cette façon de faire ignore le rôle déterminant joué par les facteurs psychosociaux dans le développement des TMS. `

Pour surmonter cet écueil, le rapport suggère de promouvoir de nouvelles formes de management car “l’augmentation des marges de manœuvre des travailleurs, lorsqu’elle leur permet de déployer compétences et savoir-faire liés à leur métier et d’effectuer un travail de qualité, est un facteur de prévention des risques de TMS”. On ne saurait mieux souligner combien la prévention des risques mérite une approche globale plutôt que seulement technique et juridique !



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Risques psychosociaux : mieux vaut prévenir que guérir !

“Les consultations spécialisées dans la souffrance au travail sont saturées”, s’alarme Le Monde (10/01/19) dans une récente enquête consacrée au “fléau de la souffrance au travail”.

Directeur de l’Association de santé au travail interservices (ASTI), Christophe Maneaud confie: “Nous faisons face à des situations de plus en plus compliquées, qui peuvent mettre la vie en jeu, avec toujours plus d’arrêts maladie longs, des burn-out…”. En 2018, cet organisme fédérant huit services de santé au travail d’Occitanie a reçu 1600 personnes contre 1400 l’année précédente. Cette situation résulte d’une progression globale des pathologies psychiques liées au travail. “Selon l’Assurance Maladie, 10 000 troubles psychosociaux (dépression, état de stress posttraumatique…, en lien avec un événement déclencheur) et, sans doute, autant de non déclarés comme tels, ont été reconnus au titre des accidents du travail en 2016, ainsi que 600 maladies psychiques liées au travail.” Directeur d’Impact Prévention, une société proposant notamment des prestations d’accompagnement des salariés en souffrance psychologique, Philippe Mège estime toutefois que “la meilleure façon de résoudre l’engorgement des services dédiés consiste à traiter le mal à la racine en renforçant les actions d’évaluation et de prévention des risques psychosociaux”. Lire la suite