Santé au travail – Les nouveaux risques et nouvelles aspirations, nés dans la crise sanitaire

“86 % des salariés expriment le souhait que leur entreprise intègre durablement les questions liées à la santé des salariés dans sa stratégie.”


Les entreprises se préparent à affronter une deuxième vague épidémique actuellement décrite comme plus violente que prévu. Dans ce contexte, il n’est pas inutile de se livrer à un rapide examen des effets que la première vague épidémique a eu sur la santé des salariés français. C’est ce que permet une récente enquête réalisée par l’Ifop pour le compte du groupe de protection sociale, Malakoff Humanis. En voici les principaux enseignements.

  1. Des salariés éprouvés physiquement et psychologiquement par la crise

Alors que les entreprises françaises s’apprêtent à affronter une deuxième vague épidémique, elles doivent savoir que leurs employés ont déjà été fortement éprouvés par les derniers mois et le confinement du printemps. En effet, si seuls 12 % des salariés déclarent que “leur santé s’est dégradée pendant la crise”, quelque 45 % s’estiment toutefois “plus fatigués physiquement et psychologiquement”.

  1. Un fort impact de la crise sur les conditions de travail

Selon l’enquête, cette fatigue s’explique aisément. Quelque 22 % estiment avoir “subi une surcharge de travail pendant la crise”. Une proportion qui atteint 29 % parmi les cadres et 28 % chez les managers. Et s’agissant du rythme de travail, le contraste est encore plus fort : 40% des salariés déclarent que leur rythme de travail s’est accéléré à l’occasion de la crise, 13 % estimant qu’il s’est “beaucoup accéléré”. Lire la suite

La crise sanitaire fait exploser l’absentéisme

“Signe que la pandémie a durablement fragilisé les salariés, dès le mois de mai, alors que le processus de déconfinement et de retour au travail était lancé, les risques psychosociaux (RPS) sont devenus le deuxième motif des arrêts de travail, devant les TMS.”


“Le nombre de jours d’arrêts de travail indemnisés, en constance progression depuis plusieurs années, est largement amplifié par la crise sanitaire”, établit une étude réalisée par Malakoff Humanis. En effet, au plus fort de la crise, la Covid-19 était à l’origine d’un quart des arrêts de travail. Et cet impact risque de perdurer, même en l’absence de seconde vague épidémique. En effet, dès juin dernier, 11 % des salariés affirmaient souhaiter de se faire prescrire un arrêt de travail pour éviter de devoir revenir dans leur entreprise…

Depuis des années déjà, la Caisse nationale d’Assurance maladie (CNAM) constate une augmentation régulière des indemnités journalières versées en cas d’arrêt maladie. Les versements ont ainsi augmenté de 6,3 % entre les périodes Avril 2018 / Mars 2019 et Avril 2019 / Mars 2020. Mais, comme le montre une étude réalisée par Malakoff Humanis, cette dérive structurelle des arrêts maladie a été fortement amplifiée par la crise Covid-19.

La Covid, premier motif des arrêts de travail

Preuve de l’impact de la pandémie, selon les derniers chiffres de l’Assurance maladie, de janvier à août 2020, les versements ont augmenté de 29,9 %.Ainsi, 13 % des salariés se sont vus prescrire un arrêt maladie pendant la seconde quinzaine de mars contre 8 % pendant la première quinzaine. Si l’on cumule les arrêts maladie concernant des cas de Covid confirmés ou suspectés, et les arrêts de travail dérogatoires liés à des contacts avec des personnes confirmées ou suspectées, la Covid est le premier motif des arrêts de travail de mars à juillet. “Le virus a été la cause de 26 % des arrêts en avril au plus fort de la crise et concernait toujours 19 % des arrêts en juin”, souligne la mutuelle. Or, ce surcroît risque d’être durable. En effet, comme le souligne de son côté Le Figaro, “malgré le déconfinement, la progression se chiffrait encore en août à 7,7 % par rapport à la même période de l’an dernier”.

Un report massif des soins au plus fort de la crise Lire la suite

Quelles mesures prendre pour favoriser le retour des salariés ?

  1. Démontrer le sérieux des mesures de prévention adoptées face au Covid

L’entreprise doit avant tout démontrer que les mesures prises pour protéger leurs salariés contre le risque de contamination  sont  sérieuses  et  efficaces.  Le  respect  scrupuleux des règles édictées par le protocole national y contribuera. Toutefois, cela ne suffit pas : il faut aussi montrer aux salariés que les mesures prises sont le fruit d’une véritable réflexion et qu’elles prennent en compte les spécificités de l’entreprise, notamment grâce à la mise mise à jour du document unique. De même, un échange avec les salariés sur les mesures prises et leur éventuelle évolution peut permettre d’identifier des appréhensions à lever. Ce dialogue contribuera aussi à faire des salariés des acteurs de la prévention des risques.

  1. Renforcer la qualité de vie au travail

L’absentéisme ne s’explique pas seulement par la crainte de la contamination mais par la dégradation des conditions de travail entraînée par les mesures sanitaires nécessairement contraignantes : port du masque, distanciation sociale, etc. Il convient dès lors d’adopter une organisation du travail plus souple permettant de réduire ces désagréments (par exemple par l’instauration de pauses régulières permettant d’ôter son masque). Enfin, il faut aussi trouver de nouveaux moyens de préserver les liens humains l’agrément du travail sur site : moments de convivialité et d’échange, esprit d’équipe, etc. Lire la suite

Réussir sa reprise en promouvant la Qualité de vie au travail (QVT)

À l’occasion de semaine de la Qualité de vie au travail (QVT), de nombreux experts ont souligné combien la reprise d’activité était une période propice pour lancer des démarches d’amélioration des  conditions  de  travail.

Afin  d’épauler  ses  clients  dans  cette  réflexion  stratégique  le  cabinet Impact Prévention, partenaire du Groupe Pôle Prévention, a publié une série d’éclairages sur la QVT à l’heure de la reprise.

Aux yeux de nombreux dirigeants et travailleurs, la Qualité de vie au travail faisait  encore  figure  de  « mode  managériale”.

Il  semble  toutefois  que  le  confinement  ait modifié cette perspective. Comme l’a souligné la sociologue Dominique Méda, professeur à l’université Paris-Dauphine, cette expérience a conduit nombre de travailleurs à s’interroger sur la place du travail dans leur vie et sur ce qu’ils en attendent. Lire la suite

Crise sanitaire : les patrons de PME en forte souffrance psychologique

Selon une enquête de l’observatoire Amarok,  spécialisé  dans  l’étude  de  la  santé des dirigeants, le confinement a fortement affecté le moral des entrepreneurs français. 300 000 d’entre eux présenteraient même un risque élevé de burn-out.

Sur le plan physique, tout va bien. En raison du  confinement, nombre  de  patrons  ont abandonné leurs 50 à 55 heures de travail hebdomadaires. Condamnés au repos forcé, ils ont reconstitué leurs forces. En revanche, sur le plan psychologique, rien ne va plus !

Risque d’explosion des burn-out

“Rester à la maison et voir son entreprise brûler atteint la santé mentale”, commente Olivier Torrès, associé à Montpellier Business School et président  d’Amarok. Selon  l’enquête  réalisée auprès  d’un  éventail  de  1900  entrepreneurs, quelque 30,5 % redoutent en effet un dépôt de bilan. Contrairement au reste de la population, les patrons de PME et TPE affirment être davantage préoccupés par le risque de faillite que par celui de contracter la Covid-19.

Conséquence : le risque de burn-out est aujourd’hui présent chez 34 % des entrepreneurs contre 17,5 %, l’année dernière à la même période. Plus inquiétant encore, “9 % des dirigeants interrogés, soit 165 individus sur 1925, entrent en phase qui nécessiterait une aide ou une intervention extérieure. Si l’on extrapole avec les données macroéconomiques de la population française des travailleurs non salariés, ce sont près de 300 000 entrepreneurs  qui  sont  actuellement  en  risque sévère”. Lire la suite