Des TICS aux RPS

“Près de 25 % du temps de travail d’une entreprise tertiaire moyenne sont consacrés au traitement d’e-mails, soit 500 équivalents temps plein dans une entreprise de 2500 salariés !”

Un récent colloque met en garde contre les risques psychosociaux associés à un usage mal maîtrisé des technologies numériques.

À l’occasion d’un colloque international récemment organisé par Eurogip, les experts ont mis en garde les entreprises contre un usage non raisonné des technologies de l’information et de la communication (TIC). Ils estiment que “les risques psychosociaux liés aux TIC constituent un thème émergent” et que “beaucoup reste à faire” pour les prévenir.

“C’est une déception, dans le sens où après des années d’informatisation dans différentes entreprises, associations, etc., j’ai senti monter une vague de doléances qui peut se résumer dans la phrase : « Je n’ai pas le temps, je suis débordé », relate Thierry Venin., directeur de l’Agence départementale du numérique des Pyrénées-Atlantiques et auteur d’une thèse sur le lien entre TIC et RPS.

Tyrannie de l’immédiateté Lire la suite

La souffrance des entrepreneurs

On oppose souvent la situation des salariés à celle des dirigeants de PME, des artisans, des commerçants, des professions libérales et agricoles”, constatent Marc Binnié, Jean-Luc Douillard et Marick Fèvre, coordinateurs de cet ouvrage.

Respectivement greffier auprès d’un tribunal de commerce, psychologue clinicien et responsable prévention auprès d’une mutuelle, ils ont été témoins de la souffrance des entrepreneurs et estiment, au contraire, qu’il faut “insister sur ce qui rapproche l’ensemble de ces travailleurs lorsqu’ils sont confrontés aux risques psychosociaux liés à leur travail, aux difficultés financières et à la perte de leur emploi”.

Or, la souffrance des entrepreneurs est trop souvent niée ou ignorée. Elle l’est d’abord par le système institutionnel de santé au travail qui, pour des raisons historiques, s’est focalisé sur les risques pesant sur les salariés. “La prise en compte des problèmes de santé des commerçants, artisans, professions libérales, dirigeants d’entreprises est le chaînon manquant de la santé publique de notre pays”, écrit avec raison Michel Debout, professeur de médecine légale et de droit de la santé. Mais cette souffrance est souvent mise de côté par les entrepreneurs eux-mêmes. “La souffrance et l’épuisement constituent aussi une surprise pour l’entrepreneur : d’invincible, il se découvre vulnérable ; de protégé, il devient exposé. Acteur répétant en toute saison ‘ça va, ça va !’, le voilà dépassé. Ça va jusqu’à l’effondrement. Il découvre trop tard que repousser les limites pour réussir, c’est parfois dépasser celles du raisonnable.”

Ce livre a pour objectif de favoriser une prise de conscience collective pour que les risques pesant sur la santé des entrepreneurs soient mieux prévenus.

La souffrance des entrepreneurs, sous la direction de Marc Binnié, Jean-Luc Douillard et Marick Fèvre, Presses de l’EHESP, août 2018, 342 p., 17 €.

Évolution des conditions de travail de 2013 à 2016

L’agence Santé publique France a publié, le 22 mai dernier, les premiers enseignements de l’enquête Conditions de travail et risques psychosociaux 2016.

Menée auprès de 21.000 salariés, cette enquête menée depuis 1978 permet une vision dynamique de thèmes tels que les horaires et l’organisation du temps de travail, l’organisation et les rythmes de travail, les pénibilités, les risques et leur prévention, les contraintes psychosociales, les relations avec le public ou encore la violence au travail. De la sorte, elle révèle les sujets qui doivent faire l’objet d’une attention particulière de la part des managers et des professionnels de la prévention des risques. Voici une synthèse de ces premiers enseignements.

➤Stabilisation du rythme de travail

“Après l’augmentation observée entre 2005 et 2013,l’exposition aux contraintes de rythme de travail s’est stabilisée à un niveau élevé : en 2016 comme en 2013, 35 % des salariés subissaient au moins trois contraintes de rythme de travail”, notent les auteurs. Les contraintes le plus souvent citées par les salariés sont : les demandes extérieures exigeant une réponse immédiate (58 %), les normes de production à satisfaire en une journée (48 %, dont 29 % en une heure), un contrôle ou un suivi informatisé (35 %), les contraintes ou la surveillance permanente exercée par la hiérarchie (31 %).

➤Diminution de la charge mentale Lire la suite

“Les situations de fragilité des salariés” – Une étude du Comptoir Malakoff-Médéric de la nouvelle entreprise

“Stress, pression, divorce, parent à charge, maladies graves et risques psychosociaux, handicap…

le monde de l’entreprise est loin d’être à l’abri des fragilités de ses collaborateurs”, diagnostique une récente étude réalisée par l’institut Harris Interactive pour le Comptoir MalakoffMédéric de la nouvelle entreprise.

56 % des salariés concernés

Selon les données recueillies, 56 % des salariés sont concernés. 37 % d’entre eux vivent au moins une fragilité d’origine personnelle comme “des difficultés financières”(14 %), “un rôle d’aidant”(9 %) ou “une maladie grave” (8 %), tandis que 38 % vivent une fragilité d’origine professionnelle comme “des conditions de travail éprouvantes physiquement ou psychiquement” (23 %), “un sentiment de perte de sens au travail”(23 %) ou encore “des difficultés à concilier vie professionnelle et vie privée”.

Des dirigeants conscients et engagés

Les employeurs sont bien conscients du phénomène : “91% de dirigeants d’entreprise déclarent employer au moins un salarié dans une telle situation et 91 % de dirigeants d’entreprise déclarent employer au moins un salarié dans une telle situation”. Lire la suite

Télétravail : des avantages plébiscités et… des risques à ne pas négliger !

Aujourd’hui, près d’un quart des salariés pratique déjà le télétravail sous des formes et des durées variables.

Afin de mieux comprendre les avantages qu’ils en retirent et les inconvénients qu’ils y expérimentent, le Comptoir Malakoff-Médéric de la nouvelle entreprise a confié une enquête à l’Institut Ifop. Ses résultats méritent d’autant plus d’être pris en compte que 40 % des travailleurs interrogés estiment que le télétravail se développe encore dans leur entreprise.

➤ Des avantages largement plébiscités

Les télétravailleurs interrogés estiment que cette pratique garantit une meilleure autonomie (90 %) et une plus grande efficacité (87 %) dans leur travail. De même le télétravail aurait, selon eux, des effets bénéfiques sur l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle (87 %) et permettrait une diminution de la fatigue (86 %),et un plus grand épanouissement dans le travail (78 %). Plus globalement, ils affirment que le télétravail contribue à jouir d’une meilleure santé (81 %).

De leur côté, les employeurs ne sont pas moins enthousiastes. “L’engagement des salariés (82 %) ainsi que la responsabilisation et l’autonomie (80 %) arrivent en tête des bénéfices cités par les dirigeants. 39 % des dirigeants indiquent également la baisse de l’absentéisme”, relatent les auteurs de l’étude. De façon moins attendue, 68 % des employeurs signalent un gain en termes d’image. Un chiffre qui s’explique peut-être par l’attrait qu’exerce le télétravail chez les travailleurs qui ne le pratiquent pas encore : “56 % d’entre eux aimeraient pouvoir bénéficier de cette possibilité, pour aménager leurs horaires (66 %),réduire leur temps de trajet hebdomadaire (58 %) et bénéficier d’un cadre de travail plus calme (49 %).” Lire la suite