Les risques psychosociaux, cause majeure d’absentéisme

“Plus la dépression est sévère et plus les indicateurs deviennent importants et ce, en particulier pour les comportements hostiles : 22 % des salariés qui sont en dépression légère déclarent des comportements hostiles, 35 % pour ceux qui sont en dépression modérée, 54 % en dépression forte et 71 % en dépression sévère”.

“Souffrance au travail et absentéisme sont intimement liés. ”C’est ce qu’a établi une étude publiée, en décembre dernier, par la revue Références en santé au travail(1). En exploitant les résultats de l’enquête enquête SUMER (surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels) de 2017, les auteurs ont notamment mis en évidence que les effets délétères des “comportements hostiles”, de la “tension au travail ”et du “manque de reconnaissance” sur la santé et l’engagement des travailleurs. Ils confirment ainsi que la prévention des risques psychosociaux (RPS) contribue de façon décisive à la performance globale des organisations.

Stress, burn-out, dépression… Depuis une dizaine d’années, la souffrance psychologique liée à la vie professionnelle fait l’objet d’une attention plus soutenue de la part des acteurs de la santé au travail, mais les données manquaient pour saisir l’ampleur du phénomène. La dernière édition de l’enquête SUMER, réalisée à très grande échelle par la médecine du travail, comble cette lacune en établissant que, loin de se limiter à un phénomène médiatique, les risques psychosociaux représentent bel et bien une réalité vécue par un très grand nombre de travailleurs. Lire la suite

Les risques psychosociaux deuxième motif d’arrêt de travail

“Les risques psychosociaux (RPS) constituent le deuxième motif des arrêts de travail. ”C’est ce qu’a établi une édition spéciale du Baromètre de l’absentéisme publié par Malakoff Humanis en juin 2020.

Fait remarquable, pour la première fois, les RPS ont dépassé les troubles musculo-squelettiques (TMS), et ce sur toute la période étudiée : 11 % vs 9 % en mars, 9 % vs 6 % en avril, 12 % vs 8 % en mai, et 11 % vs 9 % en juin.

Selon le groupe de protection sociale, “cette situation peut en partie être attribuée à la Covid qui a renforcé l’anxiété liée au contexte sanitaire et économique, au confinement…”Directeur d’Impact Prévention, un cabinet spécialisé dans la prévention des RPS, Philippe Mège confirme : “La crise sanitaire a considérablement aggravé les risques psychosociaux. En effet, au-delà de la crainte de contracter la maladie, de nombreux travailleurs ont dû s’adapter dans l’urgence à des situations de travail nouvelles, par nature déstabilisantes puisqu’elles effaçaient les anciens repères. Certains ont fait face à un surcroît de travail, d’autres se sont sentis inutiles. Des salariés, placés en télétravail contraint, ont été soudainement privés de leurs équipes et ont éprouvé un fort sentiment d’isolement…” Lire la suite

Covid-19 : prévenir une “troisième vague psychiatrique”

“La troisième vague psychiatrique est là”, alertent les psychiatres Rachel Bocher,  Serge Hefez, Marion Leboyer et Marie-Rose Moro, conjointement avec la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury. Pour se protéger de cette vague, les entreprises sont incitées à prévenir plus activement les risques psychosociaux (RPS).

Chacun peut le vérifier dans son entourage personnel et professionnel : si les Français avaient plutôt bien encaissé le choc du premier confinement, l’annonce du second leur a porté un très sévère coup au moral.

21 % des Français en état dépressif

Selon l’enquête nationale CoviPrev qui suit l’état psychologique de la population, à la mi-septembre, quelque 21 % des Français présentaient un état dépressif.  Bien sûr, cette dégradation frappe plus particulièrement les populations les plus fragilisées par la crise sanitaire, mais, comme le souligne Serge Hefez, psychiatre à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris, “tout le monde peut basculer ”car le mal-être est général.

Le monde du travail n’est bien sûr pas épargné. “L’entreprise se retrouve en première ligne car aux craintes pour la santé qui dominaient lors de la première vague épidémique, s’ajoutent maintenant une forte anxiété économique bien compréhensible”, analyse Philippe Mège, président d’Impact Prévention, une société spécialisée dans la prévention des risques psychosociaux (RPS). Lire la suite

Risques psychosociaux : une préoccupation au quotidien

Fiche pratique.

Dans tous les établissements, sous l’influence des médias ou sous la pression des événements, des thèmes tels que le stress professionnel, le surmenage, le burn-out, la violence au travail… sont devenus des sujets de préoccupation, de conversation, voire de négociation.

Ces risques psychosociaux (RPS) existent, il est donc préférable de les prévenir plutôt que de les laisser déstabiliser les travailleurs et désorganiser les structures.

RÉGLEMENTATION

Comme l’impose la réglementation, les risques psychosociaux (RPS) doivent être pris en compte au même titre que les autres risques professionnels. Ainsi, il est nécessaire de les évaluer, de planifier des mesures de prévention adaptées pour les réduire voire les supprimer et de donner la priorité aux mesures susceptibles de les éviter le plus en amont possible.

Plus précisément, le cadre législatif concernant les RPS est le suivant :

⇒ Les obligations de santé et de sécurité du Code du travail (articles L4121-1 à L4121-5) :

  • responsabilité du chef d’établissement d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses travailleurs ;
  • responsabilité de tous les employés qui ont pour obligation de prendre soin de leur santé, de leur sécurité (en fonction de leur formation et selon leurs possibilités) et de celle de leurs collègues concernés par leurs actes ou leurs omissions au travail.

⇒ Les jurisprudences sur la santé et la sécurité au travail qui peuvent notamment mettre en cause le manquement de l’employeur à son obligation de sécurité de résultat et de réparation au civil pour la violation de son obligation générale de prévention des risques professionnels. Lire la suite

Santé au travail – Les nouveaux risques et nouvelles aspirations, nés dans la crise sanitaire

“86 % des salariés expriment le souhait que leur entreprise intègre durablement les questions liées à la santé des salariés dans sa stratégie.”


Les entreprises se préparent à affronter une deuxième vague épidémique actuellement décrite comme plus violente que prévu. Dans ce contexte, il n’est pas inutile de se livrer à un rapide examen des effets que la première vague épidémique a eu sur la santé des salariés français. C’est ce que permet une récente enquête réalisée par l’Ifop pour le compte du groupe de protection sociale, Malakoff Humanis. En voici les principaux enseignements.

  1. Des salariés éprouvés physiquement et psychologiquement par la crise

Alors que les entreprises françaises s’apprêtent à affronter une deuxième vague épidémique, elles doivent savoir que leurs employés ont déjà été fortement éprouvés par les derniers mois et le confinement du printemps. En effet, si seuls 12 % des salariés déclarent que “leur santé s’est dégradée pendant la crise”, quelque 45 % s’estiment toutefois “plus fatigués physiquement et psychologiquement”.

  1. Un fort impact de la crise sur les conditions de travail

Selon l’enquête, cette fatigue s’explique aisément. Quelque 22 % estiment avoir “subi une surcharge de travail pendant la crise”. Une proportion qui atteint 29 % parmi les cadres et 28 % chez les managers. Et s’agissant du rythme de travail, le contraste est encore plus fort : 40% des salariés déclarent que leur rythme de travail s’est accéléré à l’occasion de la crise, 13 % estimant qu’il s’est “beaucoup accéléré”. Lire la suite