Les nouvelles frontières du travail à l’ère numérique

Par Patrice Flichy, Le Seuil, septembre 2017, 432 p. 24 €.

Digitalisation, numérisation, robotisation et bien sûr “ubérisation”… Tels sont les termes généralement utilisés pour dé­crire la révolution numérique qui boule­verse nos façons de vivre et de travailler, suscitant aussi bien des craintes exagé­rées ou des espoirs démesurés. Tandis que certains y voient la cause principale de la précarisation du travail, d’autres annoncent la fin du salariat, voire du tra­vail lui-même sans que l’on sache d’ail­leurs bien s’il s’agit d’un rêve ou d’un cauchemar.

Le mérite de Patrice Flichy est de ne pas borner sa réflexion sur ces phéno­mènes à leur dimension technologique. Professeur de sociologie à l’université de Marne-la-Vallée, il perçoit en effet que les évolutions en cours résultent aussi d’une mutation des valeurs et aspira­tions de nos contemporains, notamment s’agissant de leur rapport au travail.

Il remarque ainsi que “de plus en plus d’hommes et de femmes souhaitent gagner en autonomie, se singulariser, valoriser leur réputation, se réaliser dans ce qu’ils font. Le numérique leur fournit la possibilité de rapprocher leur travail et leurs passions, de mobiliser leurs ressources personnelles pour inventer des formes d’activités à travers les­quelles ils puissent se définir”. Autant de remarques qui doivent absolument être intégrées dans la nécessaire réflexion sur le bonheur au travail sous peine de passer à côté de ce que l’auteur nomme une “révolution silencieuse”.

Le site www.preventionpenibilite.fr fait (partiellement) sa mise à jour

« Tout savoir sur vos droits et démarches liés au Compte professionnel de prévention »

Compte-professionnel-prévention

Le mot pénibilité disparaît très largement du contenu du site qui par ailleurs mentionne les changements intervenus depuis le 1er octobre 2017. En revanche il est toujours fait mention du « Fond Pénibilité » et l’adresse du site reste inchangée :  http://www.preventionpenibilite.fr/

A ce jour, le décret précisant les facteurs de risques et les seuils n’est pas encore paru.

La prévention des risques, antidote à l’absentéisme

Prevention-des-risques-absenteismePour lutter contre l’absentéisme, la meilleure méthode consiste, encore et toujours, à prévenir les risques et améliorer les conditions de travail. C’est l’un des enseignements du 9e Baromètre de l’Absentéisme Ayming, présenté le 13 septembre dernier.

L’absentéisme des salariés du secteur privé fait preuve d’une étonnante stabi­lité. Selon le baromètre établi par la société de conseil Ayming avec AG2R La Mondiale, “ces salariés se sont, en moyenne, absentés 16,8 jours l’an dernier pour des arrêts maladie ou des accidents du travail”, contre 16,6 jours en 2015. Très logiquement, le taux d’absen­téisme qui rapporte apporte le temps d’ab­sence au temps de présence, est lui aussi quasi stable, à 4,59 % contre 4,55 % en 2015.

Cependant, cette moyenne cache comme souvent d’importants écarts. Ainsi le taux d’absence est plus fort dans les services (5,48 %) et dans la santé (5,04 %) que dans l’industrie et le BTP (3,43 %). Comme l’in­dique Le Figaro (06/09/17), “ces résultats sont a priori contre-intuitifs, les métiers industriels et de chantier étant perçus comme plus pénibles”. Mais pour les experts d’Ayming, cette vision reflète un préjugé dépassé car “l’industrie et le BTP ont mis en place depuis des années des plans de prévention qui portent leurs fruits”. Lire la suite

Un site web pour prévenir et signaler les piqûres de tiques

Piqure_de _tiques« Chacun est invité à déclarer sa piqûre ou celle de son animal domestique »

Le gouvernement a lancé l’année dernière un plan national de lutte contre la maladie de Lyme. Il doit permettre de mieux sensibi­liser et dépister cette infection encore trop méconnue. Parmi les initiatives prise, on note le lancement de “Signalement-tique”, un site web et une application pour smartphone mis en place par l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’envi­ronnement et du travail (Anses), avec le mi­nistère de la Santé. Cet outil est le vecteur d’une collecte collaborative d’information sur la présence des tiques, principal vecteur de la maladie. Concrètement, chacun est invité à déclarer sa piqûre ou celle de son animal domestique, la géolocaliser, trans­mettre une photo, voire envoyer les tiques aux équipes scientifiques. Des informations sur la prévention ou la méthode pour enle­ver une tique sont également proposées. La maladie de Lyme est inscrite au tableau 5 bis des maladies professionnelles dans le régime agricole pour certains travaux.

Pour aller plus loin : http://ephytia.inra.fr/fr/P/159/Signalement_TIQUE

La concurrence des sentiments. Une sociologie des émotions

« Le bonheur pro­fessionnel dépend grandement des émo­tions que l’on ressent au travail. »

Par Julien Bernard, Éditions Métaillé, mai 2017, 253 p. 20 €.

Longtemps, les émotions sont restées à la porte de l’entreprise. Ou plutôt, on souhaitait qu’elles y restent, parce qu’on les jugeait dangereuses pour la belle mécanique des organisations. Heureuse­ment, cette vision erronée s’efface pro­gressivement à mesure que l’on admet que l’entreprise est avant tout une com­munauté humaine. Désormais, on tend plutôt à considérer les émotions et les passions comme de potentielles alliées. C’est notamment l’idée que développe Julien Bernard, enseignant et chercheur à l’université Paris Nanterre, dans sa récente “sociologie des émotions”, en sou­lignant notamment que le bonheur pro­fessionnel dépend grandement des émo­tions que l’on ressent au travail.

Ces observations ne sont pas neutres pour les entreprises qui souhaitent agir pour la qualité de vie au travail. Elles sou­lignent en effet que le bien-être profes­sionnel de leurs membres dépend aussi de la capacité de l’organisation à “diver­sifier les sources de satisfaction au fil du temps” car “au fur et à mesure de la socia­lisation professionnelle, on découvre que les situations d’émotions positives fortes pour lesquelles on s’était engagé sont rares et que le métier a bien d’autres facettes moins amusantes, administratives par exemple”. Avec pour conséquence, un sentiment d’ennui, signe précurseur d’un désenga­gement progressif.