Relations causales entre santé et travail – Un regard d’économistes

Aimer son travail“Le travail c’est la santé !”, professe un dicton bien connu. Les recherches menées par les économistes Thomas Barnay (université Paris-Est-Créteil) et Florence Jusot (université Paris-Dauphine) tendent à la compléter en soulignant que la préservation de la santé profite à la dynamique du marché du travail.

Le travail renforce la santé…

Les données françaises et internationales qu’ils ont compilées dans Travail et santé, paru aux Presse de Sciences Po en mars dernier soulignent d’abord que le travail a un grand impact sur la santé, aussi bien pour le pire (accidents et maladies professionnelles) que pour le meilleur. Ainsi, “un doublement des revenus est associé à une réduction de 43 % de la probabilité de décéder dans l’année” : les personnes disposant d’un emploi sont généralement en meilleure santé que celles qui en sont privées. Un constat qui résulte certainement des effets bénéfiques du travail sur la santé mais aussi du lien existant, dans notre pays, entre travail et accès aux soins. “Outre le revenu qu’il engendre, l’emploi permet de bénéficier plus facilement d’une assurance-santé”, rappellent les auteurs. Lire la suite

Syndicalisme et santé au travail

Comment les syndicats se positionnent-ils face aux enjeux de santé au travail ? C’est à cette question, plus délicate qu’on ne le croit, que répond cet ouvrage collectif.

“La santé au travail a toujours été une préoccupation des associations ouvrières […]. Mais la place de la santé dans les revendications syndicales n’a cessé de varier au cours de l’histoire”, écrit Jean-Pierre Durand, directeur de la Nouvelle Revue du Travail. Il rappelle ainsi que durant les Trente Glorieuses ont été dominées par un “syndicalisme du chéquier” ayant intégré le pacte fondateur du taylorisme : “les syndicats ont en général échangé les mauvaises conditions de travail contre des augmentations de salaires immédiates à travers des négociations locales”.

Pour les contributeurs de l’ouvrage, c’est l’émergence des nouvelles formes d’organisation du travail qui a sonné le glas de cette posture, à mesure que “les problématiques de santé glissaient des risques physiques vers un questionnement sur le mal-être au travail”. Cette mutation est aujourd’hui encore source de divergences entre ceux qui souhaitent repolitiser les enjeux de santé et ceux qui, dans une démarche pragmatique, préfèrent tirer parti des dispositifs de prévention pour faire avancer leurs revendications. En revanche, les auteurs notent que la plupart des centrales s’accordent sur la nécessité de “prêter davantage d’attention à la parole des salariés”. Au-delà de son caractère militant, cet ouvrage a le grand mérite de souligner combien les transformations du travail obligent l’ensemble des acteurs de la santé à évoluer dans leurs discours et leurs pratiques pour coller au réel.

Sous la direction de Lucie Goussard et Guillaume Tiffon, Éditions du Croquant, octobre 2017, 275 p., 15 €.

Prise en charge d’une hémorragie externe en entreprise : les premières minutes.

Cet article de l’INRS (à télécharger ci-dessous) synthétise des données issues, notamment de référentiels afin de définir le rôle des deux premiers intervenants que sont le sauveteur secouriste du travail (SST) et l’infirmier (-ière) en santé au travail. La ré-introduction, depuis 2017, du garrot dans les gestes de secours effectués par le sauveteur secouriste du travail est également abordée.



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Mieux vieillir au travail

“Les tendances démographiques actuelles, associées aux politiques visant à l’allongement de la vie professionnelle, participent à l’augmentation de la proportion de salariés âgés dans les entreprises en France.

Dans ce contexte, permettre à chacun de bien vieillir au travail et de trouver sa place tout au long de son parcours en entreprise est devenu un enjeu de taille”, notent les contributeurs du dernier dossier du magazine Travail & Sécurité. Dès lors, la prévention des risques professionnels et l’amélioration des conditions de travail deviennent stratégiques puisqu’elles peuvent permettre aux travailleurs de conserver leurs capacités à travailler en bonne santé sur le long terme. Les experts consultés proposent ainsi de “prendre des mesures spécifiques ciblant des métiers et des fonctions à risques ou viser des populations précises en fonction de leur âge, leur sexe, leur qualification, etc.”

Toutefois, comme le note Philippe Biélec, ingénieur conseil à la Cnam, “mettre en place ce type de mesures correctives est un premier pas, mais une politique de prévention efficace se doit d’être structurelle afin d’agir à tous les niveaux de l’entreprise. En progressant vers des actions proactives qui anticipent l’évolution des métiers et des conditions de travail, il devient possible d’élaborer des parcours professionnels qui tiennent compte du vieillissement et se révèlent gratifiants pour l’ensemble des effectifs d’une entreprise.” Lire la suite

Prévention des risques professionnels – Les petites entreprises en quête de partenaires

« Les cabinets privés externes semblent bénéficier d’une confiance croissante de la part des MPE. En 2015, 9 % des entreprises de 10 à 49 salariés y ont fait appel contre seulement 3 % cinq ans auparavant. « 

Selon un sondage réalisé en 2015 par Viavoice pour l’INRS, lorsque les en­treprises de 10 à 49 salariés cherchent un conseil en santé et sécurité au travail (SST), seules 17 % se tournent vers les orga­nismes de prévention. Et ce n’est même le cas que de 2 % des entreprises comptant de 1 à 9 salariés. Afin d’élucider ce faible recours des micro et petites entreprises (MPE) aux acteurs institutionnels de la SST, les auteurs d’une récente étude, pu­bliée dans la dernière livraison de la revue Hygiène et sécurité du travail, ont constitué des groupes de travail auxquels ont été conviées toutes les parties concernées.

Un paysage institutionnel trop complexe et mal compris Lire la suite