Les nuisances sonores dopées par l’essor du télétravail

“Les actifs pratiquant le télétravail sont significativement plus nombreux que la moyenne à avoir cherché des conseils concernant leur audition : 25% de ceux concernés par le télétravail à temps plein, et 20 % à temps partiel” contre 14 % de la population globale.


Longtemps, le télétravail a été présenté comme une solution aux nuisances so­nores que les travailleurs doivent affronter, no­tamment lorsqu’ils sont assignés à un bureau paysager ou partagé. Hélas, la dernière édition du baromètre IFOP-Journées nationale de l’au­dition douche cet espoir (1).

Usage excessif du casque et des écouteurs

Bien sûr, de nombreux télétravailleurs ont dé­couvert que les membres de leurs familles ou leurs voisins peuvent être aussi bruyants que leurs collègues de travail… Quelque 38 % des télétravailleurs sondés disent avoir éprouvé une gêne de compréhension de la parole lors de différentes visioconférences en raison du bruit. Une situation qui explique certainement leur recours souvent excessif aux casques et aux écouteurs. En effet, 23 % des télétravail­leurs à temps plein utilisent un casque ou des écouteurs minimum 2 heures par jour et 65 % indiquent que cette durée d’écoute quoti­dienne s’est intensifiée avec la crise sanitaire. Conséquence : un tiers des télétravailleurs quotidiens affirme “avoir déjà ressenti souvent des troubles auditifs suite à l’usage de ces appa­reils”, soit presque le triple de la moyenne. Lire la suite

Je t’aime, moi non plus ! Les sentiments très ambivalents des Français à l’égard du travail

« Contrairement à une idée reçue, nos compatriotes sont, parmi les Européens, ceux qui manifestent le plus grand attachement au travail, 70 % d’entre eux affirmant qu’il est “très important” contre 40 % des Britanniques et 50 % des Allemands. »


Une étude, récemment publiée par le mi­nistère du Travail, au sujet des “conflits de valeurs” révèle que 54 % des travailleurs français déplorent de “ne pas pouvoir faire du bon travail et de sacrifier la qualité”. Elle souligne aussi que seuls 26 % “éprouvent la fierté du travail bien fait” et 27 %, “l’impres­sion de faire quelque chose d’utile aux autres”. On pourrait légitimement s’alarmer de ces résultats et en ti­rer la conclusion que notre pays se distingue par de piètres performances en matière de qualité de vie au travail. Mais ce serait com­mettre un contresens.

Une haute idée du travail…à ne pas décevoir !

En effet, cette étude ne porte pas sur les conditions de travail objectives des travail­leurs mais sur leur ressenti. Leur sincérité n’est bien sûr pas en cause : les personnes qui ont déclaré “ne pas pouvoir faire du bon travail” pensent certainement ce qu’elles disent. Mais en exprimant leur malaise, elles révèlent aussi leur haut niveau d’exigence à l’égard de leur travail. Or, cette exigence est un trait distinctif de notre pays. Lire la suite

Le télétravail peut être un levier de performance et de qualité de vie au travail.

Entretien avec Carole Gouiran et Lucie Czap


Carole Gouiran et Lucie Czap sont respectivement psychologue du travail et ergonome. Au sein du cabinet Impact Prévention, elles accompagnent de nombreuses PME dans le déploiement du télétravail, notamment sous la forme de sensibilisations délivrées aux salariés et managers concernés.

Fortes de cette expérience, elles estiment que le télétravail peut contribuer à l’engagement et à l’épanouissement des salariés mais mettent toutefois en garde : le télétravail obéit à des règles de fonctionnement spécifiques à bien connaître pour en tirer le meilleur au service de l’entreprise et de ses membres.

À l’occasion de la crise sanitaire, les en­treprises ont recouru massivement au té­létravail. Peut-on tirer des enseignements de cette expérience en termes de qualité de vie au travail ?

Lucie Czap : Oui, car, pour la première fois, le télétravail a été pratiqué de façon mas­sive. On estime ainsi que, lors du premier confinement, 39 % des salariés du secteur privé ont pratiqué le télétravail et que la moitié d’entre eux l’expérimentait pour la première fois. Alors que, pour l’immense majorité de salariés, le télétravail ne repré­sentait jusque-là qu’une pratique marginale ou même un simple objet de désir, il est soudain devenu une réalité tangible, vécue au quotidien. Cette vaste expérimentation a bien évidemment fait évoluer la façon dont les employeurs et les travailleurs envisagent le télétravail.

Auparavant, on ne voulait voir que les bienfaits incontestables qu’il apporte : la réduction du temps passé dans les transports, l’accroissement de la flexibi­lité et de l’autonomie, la meilleure concilia­tion entre vie professionnelle et vie privée, voire une solution au désir d’installation hors des grandes métropoles… Désormais on comprend que, comme tout mode d’or­ganisation, le télétravail comporte aussi des risques qu’il s’agit de prévenir et de maîtri­ser. Lire la suite

Entretien avec un expert : Charles-Henri Besseyre des Horts

« Les vraies démarches de QVT ne consistent pas à materner, consoler ou cajoler les salariés, mais à les considérer comme des êtres responsables et capables. »


Président de l’Association francophone de gestion des ressources humaines (AGRH) et professeur émérite de management à HEC Paris, Charles-Henri Besseyre des Horts s’est très tôt intéressé aux questions de bien-être professionnel et de qualité de vie au travail (QVT). Co-auteur, d’un récent ouvrage consacré au “management par la confiance” (Éditions Eyrolles, 2020) il estime que les TPE-PME ont intérêt à valoriser les nombreux atouts dont elles disposent en la matière.

Les TPE et PME ont parfois l’impression qu’elles ne sont pas concernées par les questions de qualité de vie au travail (QVT) ? Comment l’expliquez-vous ?

Je comprends leur méfiance, voire leur agacement, parce que, dans les médias, la QVT a été souvent associée à des gadgets comme les salles de repos design, l’installation de baby-foot ou de fauteuils poufs colorés dans des salles de détente, etc. Mais, en réalité, il s’agit d’un malentendu, car la QVT ce n’est pas cela. La véritable QVT pose des questions beaucoup plus fondamentales. Elle s’intéresse au travail, à la façon dont il est organisé et accompli par les membres de l’entreprise. Elle cherche à créer les conditions optimales pour susciter l’épanouissement et l’engagement des salariés dans leur travail. La QVT s’affirme ainsi comme une lointaine déclinaison pratique des travaux du psychologue américain Frederick Irving Herzberg qui, dans les années 60, a travaillé sur les véritables ressorts de la motivation et du bonheur au travail. Lire la suite

Halte au maternalisme ! Les vrais ressorts du bonheur au travail

Conjuguer travail et bonheur ? L’idée est dans l’air du temps et correspond à une véritable demande de la part des salariés. Mais encore faut-il éviter l’écueil du maternalisme. Voici quelques conseils, dispensés par le cabinet de conseil en management Delta Lead*, pour agir sur les véritables ressorts du bonheur professionnel.

  1. Comprendre qu’au travail le bonheur vient du… travail !

“On nous a bassinés avec la réduction du temps de travail et l’avènement de la société des loisirs, mais c’est une illusion. Le travail reste au cœur de notre société”, s’exclame Alain d’Iribarne, économiste et directeur de recherche au CNRS (1). Un ouvrage piloté par la sociologue Dominique Méda souligne aussi “l’attachement particulier des Français au travail” (2). À rebours d’une idée reçue, nos compatriotes sont en effet, parmi les Européens, ceux qui manifestent le plus grand attachement au travail, 70 % d’entre eux affirmant qu’il est “très important” à leurs yeux, contre seulement 40 % des Britanniques et 50 % des Allemands. Un constat réjouissant qui se double cependant d’un autre : les travailleurs français se distinguent aussi par “leurs attentes extrêmement fortes en matière de réalisation et d’expression de soi dans le travail”. Lire la suite