Actions de promotion de la santé des salariés : priorité à la prévention des risques professionnels !

“Pour les salariés français, une entreprise soucieuse de promouvoir leur santé doit avant tout se concentrer sur la prévention des risques professionnels.”

L’édition 2017 de l’Observatoire Entreprise et Santé réalisée par Viavoice pour Harmonies Mutuelles confirme une prise de conscience de plus en plus forte des enjeux de santé dans l’entreprise. Dirigeants et salariés plébiscitent de concert les actions en faveur de la santé des membres de l’entreprise, mais en affirmant conjointement une préférence pour les initiatives relevant de la prévention des risques professionnels par rapport aux actions assurantielles centrées par exemple sur les complémentaires santé.

Promouvoir la santé de ses salariés : un nouveau rôle de l’entreprise

Désormais 86 % des salariés et 89 % des dirigeants estiment que “contribuer à la bonne santé de ses salariés est un rôle de l’entreprise”. En 2015, seuls 80 % des salariés et 84 % des diri­geants étaient de cet avis. Pour les analystes de Viavoice, cette évolution résulte probable­ment en partie de l’accord national interpro­fessionnel (ANI) qui a généralisé les mutuelles d’entreprise début 2016, poussant ainsi de nombreuses entreprises à investir des enjeux de santé qui leur étaient jusqu’ici étrangers. Quelque 56 % des dirigeants estiment en tout cas que l’ANI a “amélioré la prise de conscience des entreprises sur l’importance des enjeux de santé” Lire la suite

Evaluer et prévenir les risques pour réduire l’absentéisme

Absentéisme : « 27 % des arrêts de travail auraient une cause professionnelle. Un score en augmentation de 7 points par rapport à 2016. »

L’absentéisme est en hausse et il a de plus en plus des causes professionnelles. Tels sont les deux principaux ensei­gnements d’un récent baromètre sur les arrêts de travail réalisé par l’institut BVA auprès de 302 DRH et 1497 salariés (1).

Hausse régulière de l’absentéisme

Au cours de l’année 2016, 40 % des sala­riés français ont été arrêtés au moins une fois. En moyenne, les salariés ont eu 14,2 jours d’arrêts. Cela se traduit par un taux d’absentéisme de 3,9 % pour l’année 2016 dans les entreprises de plus de 50 salariés en France. Parmi l’ensemble des arrêts posés, les ar­rêts courts sont majori­taires : l’enquête recense 39 % d’arrêts de 1 à 3 jours, 25 % d’arrêts de 4 jours à 1 semaine. 29 % ont une durée d’une semaine à 3 mois et 7 % sont des arrêts longs d’une durée supé­rieure à 3 mois.

Le tableau ainsi brossé est d’autant plus in­quiétant que, selon l’enquête, une propor­tion conséquente de salariés ne pose pas d’arrêt dans des situations qui, pourtant, le nécessiterait : 31 % se rendent à leur tra­vail et 10 % préfèrent poser un congé (y compris RTT). Une démarche qui va à l’en­contre des idées reçues et qui s’explique, par la volonté de ne pas voir leurs revenus baisser ainsi que par leur charge de travail. Lire la suite

Fortes Chaleurs : les précautions à prendre par les employeurs et les salariés

L’épisode caniculaire que traverse actuellement la France est l’occasion de rappeler que les fortes chaleurs doivent impérativement être prises en compte dans la prévention des risques professionnels. En effet, comme le souligne l’institut national de veille et de sécurité (INRS), “la canicule ou des conditions inhabituelles de chaleur sont à l’origine de troubles pour la santé voire d’accidents du travail dont certains peuvent être mortels”. Lorsque le thermomètre monte de façon importante, employeurs et salariés sont donc tenus de prendre des précautions pour réduire les risques que cela entraîne.

Le rôle de l’employeur : adapter l’organisation du travail

Les fortes chaleurs constituent un vrai danger pour la santé. Le Code du travail fait donc obligation aux employeurs de prendre en compte les fac­teurs météorologiques dans leurs actions de prévention des risques, et ce dès la rédaction du document unique. C’est, du reste, la meilleure façon d’être prêt à prendre les mesures nécessaires lorsque le thermomètre grimpe. Car dans ces circonstances, il est du ressort de l’employeur de :

  • Modifier le rythme et l’organisation de travail de façon, notamment, à privilégier le travail durant les heures les moins chaudes de la jour­née, à augmenter la fréquence des pauses de récupération, à limiter le temps d’exposition au soleil grâce, par exemple, à une rotation des tâches, lorsque cela est possible, et à limiter drastiquement le travail isolé.
  • Réduire les efforts physiques en laissant plus de latitude aux salariés pour adopter leur rythme de travail, en reportant à plus tard les tâches les plus dures et en recourant le plus possible aux aides mécaniques à la manutention. Lire la suite

12 % des actifs exposés à au moins une nuisance cancérogène

 Selon un récent bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), environ 2,6 millions de travailleurs, soit 12 % des actifs, “ont été exposés à leur poste de travail à au moins une nuisance cancérogène chimique ou non”. La population masculine s’est avérée plus expo­sée aux “émissions de moteurs diesel, aux huiles minérales entières, aux poussières de bois et de silice cristalline”, notamment dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics de la mainte­nance, du travail des métaux, des transports et de la réparation automobile. De leur côté, les femmes sont davantage concernées par l’impact du travail de nuit sur le rythme bio­logique. Elles endurent aussi l’exposition aux rayonnements ionisants, au formaldéhyde et aux médicaments cytostatiques. Tous sexes confondus, “757 000 salariés présentaient une exposition à au moins deux cancérogènes”. Au fur et à mesure que les connaissances médicales progressent, de nouveaux cancers sont rajou­tés au tableau des maladies professionnelles, Ainsi, par décret du 5 mai 2017, deux cancers résultant de l’exposition à des substances polluantes ont rejoint la liste des maladies professionnelles. Le premier est le carcinome hépatocellulaire provoqué par l’exposition au chlorure de vinyle de monomère. Un compo­sant employé dans la production de matières plastiques déjà connu pour provoquer des angiosarcomes. Le second est la leucémie myéloide chronique liée à l’exposition au 1.3 butadiène, un gaz toxique pour la santé utilisé dans la fabrication de caoutchouc, de résine ou encore de latex et de néoprène.

Nuisance cancérogène : pour aller plus loin : BEH n°13, 13/06/17 ; décret n° 2017-812 paru au JO du 5 mai 2017

Performance de l’entreprise : 7 effets positifs de l’évaluation et de la prévention des risques

prevention-des-risques-professionnelsLongtemps, la prévention des risques professionnels a été envisagée comme une obligation légale ou morale ayant un coût impactant négativement la productivité du travail et la compétitivité de l’entreprise. Comme en témoigne une récente étude de l’INRS réalisant un “panorama des points de vue sur les liens entre prévention et performance de l’entreprise”, cette vision n’est plus de mise. Les professionnels de la prévention mais aussi du management et de la gestion s’accordent désormais avec la plupart des chefs d’entreprise pour affirmer que l’évaluation et la prévention des risques ont des effets bénéfiques non seulement sur la santé des salariés mais également sur celle de l’entreprise.

Voici une recension non exhaustive de ces bienfaits pour la performance.

1 – Réduction de la désorganisation liée aux accidents ou à la maladie

Le premier effet de la prévention des risques est bien sûr de contribuer à réduire les accidents du travail qui génèrent inévitablement une désorganisation plus ou moins longue du fonctionnement de l’entreprise. “Dans sa grille d’appréciation du coût non assuré d’un accident, la Carsat Alsace Moselle prend en compte le temps perdu (par la victime et ses collègues), les coûts immédiats (sécurisation, nettoyage), le temps et les dépenses de gestion de l’évènement (enquête, réunions), le temps et le coût de réparation des dommages (équipements…), de remplacement (organisation…), et de perte de production”. La prévention des risques protège les salariés mais aussi le fonctionnement de l’entreprise.

2 – Baisse durable de l’absentéisme

L’amélioration des conditions de travail permise par la prévention des risques permet de réduire durablement l’absentéisme. Selon une étude de la Dares, “l’absentéisme augmente fortement avec le niveau d’exposition aux contraintes physiques et psychosociales. En ce qui concerne l’exposition aux contraintes physiques, seuls 2,5 % des salariés non exposés à ces risques connaissent une absence totale ou partielle pour cause de maladie ou accidents, contre 5,5 % des salariés cumulant 3 contraintes ou plus. La différence est encore plus marquée dans le cas de l’exposition aux contraintes psychosociales : seulement 2,5 % des salariés non exposés s’absentent pour des raisons de santé contre 7,5 % parmi les salariés exposés à trois contraintes psychosociales ou plus”. La prévention des risques est le premier levier dont dispose les entreprises pour réduire l’absentéisme. Lire la suite