Les entreprises mobilisées contre le risque routier professionnel

A l’occasion des Journées de la sécurité routière au travail qui se tiendront du 9 au 13 mai 2022 (1), de nombreuses entreprises s’engagent contre le risque routier professionnel.

Le sujet est d’importance car, selon les chiffres agrégés par la sécurité routière, quelque 38 % des accidents corporels ayant lieu sur la route sont liés au travail. Or, comme le précisent les experts, les accidents de la route ne sont nullement une fatalité et peuvent être fortement réduits par des politiques de sensibilisation et de prévention efficaces.

Le risque routier professionnel, cause majeure mais sous-estimée des accidents de travail graves

En 2020, année pourtant marquée par une baisse significative des déplacements routiers en raison de la crise sanitaire, 49 828 personnes ont été victimes d’un accident de la route lié au travail. Plus précisément, 11 656 ont eu un accident alors qu’ils étaient sur la route en mission, tandis que 38 172 l’ont eu lors d’un trajet entre le domicile ou le lieu de déjeuner et le travail.

Un coût humain et économique exorbitant

Ces accidents de la route représentent 11 % des accidents du travail mais 31 % des accidents du travail mortels. En 2020, 356 travailleurs sont morts sur la route, 91 lors d’un accident de mission et 265 lors d’un accident de trajet.

La gravité des accidents qui se produisent sur la route se répercutent sur la durée des arrêts de travail qu’ils occasionnent. Alors qu’en France, la durée moyenne de l’ensemble des arrêts de travail est de 87 jours, celle des arrêts consécutifs à des accidents de la route atteint 96 jours. Le risque routier professionnel a ainsi provoqué, sur la seule année 2020, la perte de 4,8 millions journées de travail, soit l’équivalent de près de 18 000 salariés arrêtés toute une année !

Un risque sous-estimé par les patrons et les salariés

Or, ce risque majeur reste profondément sous-estimé par le monde de l’entreprise. Selon une étude réalisée en 2021 par l’Ifop pour l’assureur MMA, seuls 32 % des actifs effectuant des trajets professionnels et 17 % des dirigeants de TPE-PME savent que le risque routier est l’une des toutes premières causes de mortalité au travail. Lire la suite

Florent Noël : “Pour les professionnels de la montagne, la prévention des risques est une seconde nature.”

« Je sais que certains dirigeants d’entreprise considèrent encore la réalisation du Document unique comme une contrainte. Pour mes collègues et moi-même, il relève plutôt de l’évidence et du bon sens ! »

Florent Noël a exercé pendant 15 ans les fonctions de pisteur secouriste artificier dans des Alpes françaises avant de rejoindre, en qualité de technicien agent de maîtrise et de chef de chantier, Neocen (1), une société spécialisée dans les travaux de terrassement et d’entretien de canalisations en haute montagne. Elle intervient notamment sur les centrales hydroélectriques d’EDF. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il souligne combien cette double expérience de la montagne a façonné son rapport à la sécurité et à la prévention des risques

Si vous deviez caractériser d’un seul mot la façon particulière dont les professionnels de la montagne envisagent les risques inhérents à leur activité, lequel choisiriez-vous ?

Je crois que ce serait “l’humilité”. La montagne apprend l’humilité à ceux qui la fréquentent parce qu’elle est plus forte que nous. On ne peut pas la dominer, il faut composer avec elle et avec les dangers qu’elle recèle. La montagne se joue des têtes brûlées et des matamores. Dans un tel environnement, il faut commencer par reconnaître que l’on n’est pas invincible et agir en conséquence. Lorsque l’on effectue une sortie ou une intervention en montagne, il faut donc s’y préparer minutieusement. On ne part jamais à l’improviste, il faut d’abord réfléchir aux risques, les évaluer soigneusement et prendre toutes les mesures nécessaires pour les prévenir. Pour toute personne qui a travaillé en montagne, la prévention des risques devient ainsi une sorte d’évidence et de seconde nature.

De quelle façon évaluez-vous les risques avant une intervention ? Lire la suite

Document unique pour les entreprises de moins de 11 salariés : les obligations évoluent.


Document unique pour les entreprises de moins de 11 salariés

Document unique pour les entreprises de moins de 11 salariés


Document Unique d’Evaluation des Risques professionnels : les effets de la nouvelle réglementation sur les entreprises de moins de 11 salariés au 31 mars 2022

Document unique pour les entreprises de moins de 11 salariés

Le décret n°2022-395 du 18 mars 2022, pris pour l’application de la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 « pour renforcer la prévention en santé au travail » apporte quelques changements à la réglementation concernant le Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels.

L’article R4121-2 du code du Travail est désormais ainsi rédigé :

La mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels est réalisée :

1° Au moins chaque année dans les entreprises d’au moins onze salariés ;

2° Lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail ;

3° Lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque est portée à la connaissance de l’employeur.

La mise à jour du programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail ou de la liste des actions de prévention et de protection mentionnés au III de l’article L. 4121-3-1 est effectuée à chaque mise à jour du document unique d’évaluation des risques professionnels, si nécessaire.

Cela ne signifie aucunement que les entreprises de moins de 11 salariés ne doivent plus mettre à jour leur document unique.

Cela signifie que, pour ces entreprises, le rythme calendaire annuel de mise à jour est remplacé par la nécessité, du fait d’un « aménagement important » ou d’une « information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque […] portée à la connaissance de l’employeur ». Aucun texte officiel ne précisant la nature exacte des aménagements et informations qui doivent provoquer la mise à jour, le patron de TPE est seul face à des choix qui engagent civilement et pénalement son entreprise et lui-même à titre personnel.

Contrainte supplémentaire pour la mise à jour du document unique des entreprises de moins de 11 salariés

Cet apparent assouplissement crée de fait une contrainte supplémentaire et une incertitude juridique pour l’employeur. Jusque-là, il se penchait au moins une fois par an sur l’évaluation des risques et lorsqu’il y travaillait c’était l’occasion de faire le point sur les informations intéressant l’évaluation d’un risque qu’il n’aurait pas forcément suivies en temps réel. Aujourd’hui il doit être à l’affut des informations « portées à sa connaissance » en temps réel sans plus attendre de les « recueillir » ainsi que la rédaction antérieure de cet article le prescrivait. L’origine de l’information et le moyen de la porter à sa connaissance sont tellement divers et variés qu’il est totalement impossible pour un patron de petite entreprise de suivre tout cela en temps réel, à moins d’être accompagné par un bon préventeur.

Document unique pour les entreprises de moins de 11 salariés  : incertitude juridique

Si rien n’a changé dans l’entreprise, ce qui se passe autour de l’entreprise évolue en permanence et peut justifier une mise à jour. Comment le savoir ? Comment l’employeur peut-il deviner que telle ou telle information aurait dû provoquer l’actualisation de son document unique ? A moins d’y consacrer une part déraisonnable de son temps il n’aura pas toutes ces informations. Lire la suite

L’INRS lance une étude pour mieux connaître l’activité des préventeurs internes

« D’une entreprise à l’autre, les préventeurs n’ont pas forcément des missions identiques. Certains font de l’animation, d’autres pas du tout. Certains réalisent l’évaluation des risques professionnels mais pour d’autres cette activité est laissée à l’attention des managers. Au final cette fonction de préventeur, on ne la connaît pas suffisamment.”


En matière de gestion des accidents du travail, les pratiques des préventeurs sur le terrain ont fait l’objet de très peu d’investigations. Responsable d’études à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), Julie Dréano (ci-contre) vient de lancer une étude sur le sujet avec l’objectif de mieux cerner les pratiques de terrain des préventeurs internes aux entreprises, en matière d’analyse des accidents du travail et d’évaluation des risques professionnels, ainsi que l’articulation de ces deux activités : si elle se fait, comment ? Si elle ne se fait pas, pourquoi ? Et, au-delà de ces questions, ce qui est mis en œuvre par la suite.

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Les risques humains – 1ère source de préoccupation des patrons de PME et ETI

“Parmi les PME, les risques les plus redoutés sont les accidents du travail (66 %), les arrêts maladie ou maladies professionnelles (62 %), devant les difficultés de recrutement (56 %) et la démission de collaborateurs clés (43 %).”

Interrogés par l’assureur QBE sur les principaux risques qui menacent leur entreprise, 79 % des dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME) et d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) citent les “risques humains” regroupant les accidents du travail, les arrêts maladies et les maladies professionnelles, ainsi que les difficultés de recrutement ou démission de collaborateurs clés.

Parmi les PME, les risques les plus redoutés sont les accidents du travail (66 %) et les arrêts maladie ou maladies professionnelles (62 %). Contrairement à une idée reçue, ces risques liés aux conditions de travail préoccupent bien davantage les dirigeants d’entreprise que les risques matériels (55 %) ou que les risques du marché (48 %). Et cette donnée est d’autant plus significative que les patrons interrogés placent la gestion des risques en tête des “éléments stratégiques pour la compétitivité des entreprises”, juste après la stratégie commerciale.

Ces résultats vont donc à l’encontre du lieu commun selon lequel les patrons de PME considéreraient avant tout les obligations qui leur incombent en matière de santé et de sécurité comme des contraintes. Ils révèlent que pour un nombre croissant de dirigeants de PME, la prévention des risques est, au contraire, un facteur déterminant du bon fonctionnement de l’entreprise.

Les patrons expriment donc une claire volonté de faire. Reste maintenant à leur en donner les moyens. Lire la suite