La Commission d’enquête sur les maladies professionnelles dans l’industrie veut doper le recours au document unique

La commission d’enquête sur les maladies professionnelles dans l’industrie a présenté son rapport mercredi 25 juillet dernier. Ses 43 propositions s’articulent autour de la trilogie “connaître, reconnaître et prévenir”.

L’évaluation des risques figure donc au cœur du dispositif envisagé. La proposition 41 propose ainsi de “créer une commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) dans toute entreprise industrielle d’au moins 50 salariés à risque statistique élevé d’AT-MP[…]en impliquant les représentants des salariés dans la mise à jour du document unique”, plutôt que de confier, comme c’est le cas aujourd’hui, sa réalisation au seul employeur. De façon à renforcer la prise en compte de ce diagnostic opérationnel, le rapport préconise aussi que “les évolutions du DUER soient consignées auprès du service public de prévention des risques professionnels, de manière historicisée, de façon à être tenues à la disposition des salariés, des membres du CSE, du médecin du travail, de l’inspecteur du travail et des agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale ainsi que des inspecteurs publics”.

Pour aller plus loin : Rapport n° 181, consultable sur www.assemblee-nationale.fr

SAUV life : une communauté de sauveteurs géolocalisés

Les arrêts cardiaques sont la cause de 40 à 50.000 morts par an.

SAUV life est une application gratuite qui géolocalise les sauveteurs volontaires à proximité de la victime et les dirige vers elle. Le temps ainsi gagné est précieux car les chances de survies diminuent de 10% pour chaque minute passée sans massage cardiaque. Actuellement le taux de survie n’est que de 5%.

Concrètement, quand le SAMU reçoit un appel,  il envoie les secours et déclenche l’application SAUV life. Si un volontaire se fait connaître, le service d’urgence lui donne des instructions pour la réalisation des gestes d’urgences. Ainsi, les salariés formés au secourisme (la formation de sauveteur secouriste du travail comprend une formation au massage cardiaque) peuvent valoriser leurs connaissances dans le cadre d’une chaine de solidarité.   le site SAUVlife

5 bienfaits de la prévention sur la performance de l’entreprise

“Souvent perçue comme une contrainte, voire un coût, la prévention peut, si elle est intégrée à la marche de l’entreprise, contribuer à l’amélioration de sa productivité et de sa performance.”

C’est la conviction défendue par un récent dossier de la revue Hygiène et sécurité du travail, publiée par l’INRS. Pour les experts consultés, la prévention des risques ne permet pas seulement d’éviter les coûts directs et indirects liés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. Elle relève, plus globalement, d’une démarche de progrès continu bénéfique à la performance globale de l’entreprise. Voici une synthèse de leurs arguments.

➤Réduire le coût des indemnisations et cotisations AT-MP

En évitant les accidents du travail et les maladies professionnelles, les actions de prévention des risques professionnelles permettent de réduire les coûts directs qu’ils entraînent. Comme le précise

Pierre Canetto, chargé de mission à l’INRS, il s’agit des “dépenses liées aux indemnités journalières, à l’indemnisation des victimes à la suite du sinistre, et celles liées aux soins”. Or, même mutualisées entre les entreprises d’un secteur professionnel, comme c’est le cas pour les entreprises de moins de 20 salariés, ces dépenses ne sont pas du tout anodines. Chargés de mission TPE-PME à l’INRS,

Patrick Laine et Marc Malenfer, soulignent ainsi que “pour l’activité de maçonnerie, le taux de cotisation AT-MP, autour de 8 % de la masse salariale, est comparable à la marge dégagée par l’entreprise”.

➤Éviter l’absentéisme et la perturbation du fonctionnement Lire la suite

Des TICS aux RPS

“Près de 25 % du temps de travail d’une entreprise tertiaire moyenne sont consacrés au traitement d’e-mails, soit 500 équivalents temps plein dans une entreprise de 2500 salariés !”

Un récent colloque met en garde contre les risques psychosociaux associés à un usage mal maîtrisé des technologies numériques.

À l’occasion d’un colloque international récemment organisé par Eurogip, les experts ont mis en garde les entreprises contre un usage non raisonné des technologies de l’information et de la communication (TIC). Ils estiment que “les risques psychosociaux liés aux TIC constituent un thème émergent” et que “beaucoup reste à faire” pour les prévenir.

“C’est une déception, dans le sens où après des années d’informatisation dans différentes entreprises, associations, etc., j’ai senti monter une vague de doléances qui peut se résumer dans la phrase : « Je n’ai pas le temps, je suis débordé », relate Thierry Venin., directeur de l’Agence départementale du numérique des Pyrénées-Atlantiques et auteur d’une thèse sur le lien entre TIC et RPS.

Tyrannie de l’immédiateté Lire la suite

Les horaires de travail atypiques en hausse

Rapport Pénibilité 26 mai 2015 “Travailler le soir, la nuit, le samedi ou le dimanche – en horaires dits ‘atypiques’ en comparaison des horaires standards en journée, du lundi au vendredi – ne constitue pas des situations marginales”, observe une récente étude de la Dares.

En 2017, en France, quelque 44 % des salariés, soit 10,4 millions de personnes sont, au cours d’un mois, soumis à au moins un horaire de travail atypique. Le travail le samedi est le plus répandu avec 35 %des salariés concernés. Mais le travail dominical n’est pas non plus exceptionnel : 19 % des salariés ne sont pas systématiquement en repos le dimanche. Enfin, 9 % des salariés, soit 2,2 millions de personnes, travaillent de nuit. L’étude souligne aussi que les travailleurs non-salariés sont encore plus exposés aux horaires atypiques. “Au total, au cours du mois considéré, 76 % des non-salariés sont soumis à au moins un des quatre horaires atypiques”. Ces données ne sont pas neutres en termes de risques professionnels. En effet, selon l’enquête Conditions de travail – Risques psychosociaux de 2016, “les salariés soumis à au moins un horaire atypique ont une organisation de leurs horaires de travail plus contraignante que les autres salariés. Leurs horaires sont davantage contrôlés par un dispositif (pointeuse, badge, fiche horaire…). Ils sont plus souvent astreints dans leur organisation quotidienne (9 % ont une journée de travail morcelée en deux périodes séparées par 3 heures ou plus) et hebdomadaire (24 % ne disposent pas de 48 heures consécutives de repos au cours de la semaine).”

Pour aller plus loin : Dares Analyses, n° 30, juin 2018