20 ans de baisse des risques professionnels : accentuons l’effort de prévention !

« Pour bien exercer leur métier, les acteurs de la prévention des risques doivent impérativement être au fait des changements réglementaires mais aussi des risques émergents. »

“Dans le secteur privé, la plupart des expositions des salariés aux contraintes physiques ont baissé entre 1994 et 2017,à l’exception du bruit.” C’est ainsi que la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail présente les résultats de l’édition 2017 de l’enquête Sumer qui, depuis 1994, évalue l’exposition des salariés aux différents risques professionnels (1).

S’adapter aux mutations du tissu productif

Comme le relèvent les auteurs de cette étude, ce résultat n’est pas sans lien avec la mutation de l’économie française. En effet, “la structure professionnelle des salariés s’est beaucoup modifiée entre 1994 et 2017 : hausse de la part des cadres et professions intellectuelles supérieures, tertiarisation, etc.” Et bien sûr, “ces changements contribuent, dans une certaine mesure, à quelques-unes des évolutions des expositions professionnelles observées”. En effet, il n’est pas neutre, en matière de santé et de sécurité, que la part des salariés de l’industrie soit passée de 26 % à 17 %,ni que celle des salariés de l’agriculture ait été divisée par trois depuis 1994 pour atteindre 2 % des salariés en 2017. Lire la suite

L’entreprise face à la toxicomanie

De nombreuses entreprises s’alarment de l’augmentation de la consommation de drogue sur le lieu de travail et de ses conséquences sur la santé et la sécurité des salariés.

“La consommation de cannabis est aujourd’hui presque banale pour toute une partie de la population, puisqu’on estime que 1,2 million de Français en fument régulièrement, particulièrement les jeunes. De telle sorte que la substance a fait son entrée dans l’entreprise avec le rajeunissement des salariés.”

“Il est fréquent que je fume un joint de cannabis après le déjeuner, et encore un autre l’après-midi pendant ma pause. Pour moi, c’est aussi naturel que de prendre une cigarette.” Relaté par le Parisien Économie, le comportement de Paul, employé dans un centre de tri postal, est loin d’être marginal. Selon une récente enquête menée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), près d’un tiers des DRH des entreprises de plus de 50 personnes jugent de plus en plus préoccupant les problèmes de cannabis au travail. Lire la suite

L’absentéisme au travail- De l’analyse à l’action

Pour bien résoudre un problème, il faut d’abord le cerner dans toutes ses dimensions. Partant de ce constat, Denis Monneuse, chercheur en Ressources Humaines et sociologue spécialisé dans les questions de santé au travail, propose un état des lieux complet de l’absentéisme en France. Après avoir défini le phénomène et passé en revue ses diverses causes – aussi bien endogènes qu’exogènes au monde du travail -, il propose une méthodologie pour combattre ce phénomène ruineux. Au cœur de sa démarche, figure la conviction qu’un absentéisme supérieur à la norme est toujours “une cocréation de l’entreprise”. Une affirmation qui bien sûr ne vise pas à mettre en accusation mais à rompre avec tout fatalisme. Pour Denis Monneuse, les solutions existent, à condition de porter un regard neuf sur les erreurs commises en matière d’ergonomie, d’organisation et de conditions de travail.

 L’absentéisme au travail- De l’analyse à l’action, par Denis Monneuse, Éditions Afnor, février 2015, 180 p., 28 €.



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QVT et document unique – Deux démarches liées

Alors que se déroule, du 17 au 21 juin 2019, la Semaine de la Qualité de vie au travail (QVT), de nombreux articles, rencontres et débats sont consacrés, dans la presse généraliste et spécialisée, à cette démarche novatrice.

Libérer la QVT des gadgets ludiques

C’est l’occasion de rappeler que la QVT ne saurait être assimilée à des actions aussi dérisoires que la mise à disposition des travailleurs d’un baby-foot, de salles de sport, de séances de massages ou de conseils diététiques. En effet, ces initiatives, si sympathiques puissent-elles être – lorsqu’elles ne résultent pas du pur artifice de communication – passent totalement à côté du sujet.

En effet, comme le rappelle l’Accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 portant sur la QVT, celle-ci se définit comme “un sentiment de bien-être au travail perçu collectivement et individuellement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, les conditions de travail, le sentiment d’implication, le degré d’autonomie et de responsabilisation, l’égalité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué.” La QVT ne relève donc nullement d’une quelconque culture du “fun”. Elle ne concerne pas les “afterworks” ni les à-côtés du travail mais le travail lui-même dans le but premier d’améliorer aussi bien les conditions de travail que l’efficacité des équipes. Lire la suite

Flex-offices : un choix à mûrement réfléchir

 » L’homme un besoin physiologique de marquer un territoire, de fixer des repères »

Les employeurs qui envisagent de succomber à la mode des flex-offices, cet aménagement de l’espace de travail dans lequel les salariés ne disposent plus d’un bureau attitré devraient y réfléchir à deux fois. C’est du moins la conviction de Laurent Assouly, ethnologue et salarié du fabricant de meuble de bureau Howe, qui, dans la dernière livraison du magazine Travail & Sécurité pointe les risques et inconvénients qui peuvent en résulter pour les entreprises et leurs salariés.

Fort d’une expérience de 20 ans dans l’aménagement des espaces tertiaires, Laurent Assouly estime que ces espaces au design souvent contemporain et soigné ne tiennent pas toujours leurs promesses.

Inflation des mails et déclin de la communication

Ainsi, les “perspectives d’amélioration de la socialisation, de la communication orale et, par voie de conséquence, de la productivité” ne sont pas toujours au rendez-vous car, dans des bureaux ouverts, la crainte de déranger ses collègues conduit les salariés à privilégier les mails, même pour s’adresser aux personnes qui se trouvent dans la même pièce. Lire la suite