Visage changeant de la main-d’œuvre – Enjeux et impacts pour la santé et la sécurité au travail

Le vieillissement de la population s’accélère, entraînant d’importants enjeux de disponibilité de la main-d’œuvre

“Le marché du travail est de plus en plus marqué par l’évolution du contexte sociodémographique. Le vieillissement de la population s’accélère, entraînant d’importants enjeux de disponibilité de la main-d’œuvre. Pour y faire face, diverses avenues sont envisagées dont le maintien ou le retour au travail de travailleurs expérimentés. Mais présence plus soutenue des jeunes travailleurs est également anticipée ainsi qu’un recours accru à de la main-d’œuvre étrangère”, rappellent les membres de l’IRSST le principal centre de recherche canadien en santé et sécurité au travail, en introduction d’un colloque visant à anticiper l’impact de cette évolution sur la prévention des risques professionnels.

De nouveaux enjeux de prévention des risques

Les différentes interventions offrent un panorama global des nouveaux enjeux créés par de nouveaux profils de travailleurs. De nombreuses observations se signalent par leur originalité. Ainsi, s’agissant des jeunes travailleurs, le professeur Mircea Vultur a souligné “la dissociation croissante entre la formation des jeunes et les métiers qu’ils exercent effectivement”, ce qui peut bien sûr impliquer une moindre connaissance des risques associés à leur activité et renforce la nécessité de les former à la sécurité lors de leur intégration. Lire la suite

Les enjeux de l’impression 3D sur la santé et la sécurité au travail

Autonomie ou assujettissement à une plateforme ? Travail plus créatif ou plus routinier ? Isolement professionnel croissant ou renforcement des liens de coopération ?

Très à la mode dans le domaine de l’innovation et le secteur de la création, les imprimantes 3D sont en passe de changer de statut : autrefois méthode futuriste utilisée exclusivement par des passionnés d’informatique et des industries de haute technologie, elles deviennent peu à peu un outil grand public adapté aux particuliers et aux petites entreprises intéressées par une production flexible. C’est la raison pour laquelle l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a réalisé une étude visant à évaluer ses effets potentiels sur la santé et la sécurité au travail.

Risques chimiques

Très complète, l’étude examine d’abord les risques physiques induits par cette technologie. Ceux-ci résultent essentiellement des produits chimiques plastiques utilisés pour réaliser les objets : polyamide sous forme liquide ou en poudre, résines époxydes, etc. Selon les experts consultés, ces matériaux nécessitent des précautions particulières, notamment en raison des risques d’émanations toxiques et allergènes qui y sont associés. D’où un appel à “mettre en place une réglementation et une certification appropriées de ces matériaux synthétiques”.

Transformation du travail Lire la suite

Les transformations du travail dans la fonction publique

La fonction publique connaît actuellement des transformations profondes. Elle ne semble plus à l’abri des courants réformateurs qui traversent la vie publique française. Mais comment ces mutations modifient-elles l’organisation du travail et les conditions d’exercices des métiers des agents ?”

Pour répondre à ces questions, la dernière édition de la Revue des conditions de travail a donné la parole à des chercheurs, des syndicalistes, des directeurs d’administration, des sociologues, des experts de la prévention des risques professionnels et des spécialistes de l’accompagnement du changement.

Comme le précise Richard Abadie, directeur général de l’Anact, si antagonistes soient-elles parfois, ces contributions croisées adoptent toutes “un prisme ras de terre assumé”: “Il s’agit de parler du terrain et de ce qui s’y fait concrètement au fil des événements qui ponctuent le cours quotidien de l’activité et du service rendu au public. Lire la suite

L’INRS met en garde contre les systèmes de masquage sonore dans les open-space

Le bruit constitue une nuisance majeure dans le milieu professionnel. Il peut provoquer des surdités mais aussi stress et fatigue qui, à la longue, ont des conséquences sur la santé du salarié et la qualité de son travail.

Pour réduire les nuisances sonores notamment dans les bureaux collectifs, certains fabricants font actuellement la promotion de nouveaux systèmes de masquage sonore. L’INRS met en garde les entreprises et les salariés contre ces dispositifs qui ne réduisent pas le volume sonore mais au contraire, diffusent un bruit supplémentaire

Une récente étude de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) dans un bureau ouvert d’une grande entreprise du secteur bancaire a montré que, suite à l’installation d’un système de masquage, les salariés ressentaient une augmentation de la gêne sonore occasionnée par des bruits d’équipement (ordinateurs, imprimantes, ventilations). En outre, aucune baisse de la gêne liée aux bruits des conversations n’a été constatée.
Si la publicité réalisée autour de ces systèmes de masquage parle de « bulle de silence », « contre-son » ou « contre-bruit » pour décrire leur effet, ce ne sont que des arguments commerciaux.

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Conditions de travail : l’anti-modèle américain

« La dégradation des conditions de travail provoquerait, aux États-Unis 120.000 morts par an, dont 50.000 liées à l’absence d’assurance-maladie, 35.000 liées au chômage et 30.000 à l’insécurité de l’emploi ».

Dans un récent ouvrage, Jeffrey Pfeffer, professeur de management à l’université de Stanford dresse un tableau alarmant de la dégradation des conditions de travail résultant aux États-Unis des nouvelles formes d’organisation du travail. En soulignant les coûts exorbitants qui en résultent pour l’économie américaine, il souligne, par effet de contraste, les vertus du modèle économique et social européen. Un ouvrage à lire pour s’interroger sur la pertinence de certains virages à l’œuvre de ce côté de l’Atlantique.

Aux États-Unis, la dégradation des conditions de travail pèse à la fois sur la santé des employés et sur la performance des entreprises. Telle est la thèse défendue par Jeffrey Pfeffer, reconnu comme l’un des meilleurs théoriciens du management contemporain, dans son dernier ouvrage.

120.000 morts par an

Contempteur des “faits et foutaises dans le management” dont il avait déjà dénoncé la toxicité dans un précédent livre, ce professeur de Stanford dénonce cette fois les “pollutions sociales” que représentent le culte du résultat à court terme, l’extension du travail précaire ou encore l’empiétement croissant de la sphère professionnelle sur la sphère privée. Mixées aux lacunes du système de protection sociale américain, ces lubies managériales auraient des conséquences dramatiques. Lire la suite