Pas facile de se déconnecter de son travail et d’Internet… Surtout d’Internet !

« Pour certains salariés, loin de repré­senter un soulagement, la déconnexion représenterait une nouvelle contrainte »

Pour des millions de Français, les va­cances d’été approchent. Arriveront-ils pour autant à faire véritablement relâche et à se déconnecter de leur travail ? Un récent sondage, réalisé par la plateforme internet de recherche d’emploi Qapa.fr, incite à en douter (1). Quelque 61 % des personnes in­terrogées estiment en effet que “le travail est plus présent qu’avant pendant leurs congés”.

Addiction généralisée à la connexion

Cette difficulté croissante à maintenir une frontière entre vie privée et vie profes­sionnelle est bien sûre en grande partie liée aux nouveaux outils numériques qui nous permettent de rester joignables en toutes circonstances : le soir comme le week-end et bien sûr en vacances. “Selon différentes études, près de huit cadres sur dix affirment rester connectés en dehors de leurs horaires de bureaux. Ils sont presque aussi nombreux à considérer que cela augmente leur charge de travail, perturbe leur vie pri­vée et leur qualité de vie”, observe Cécile Désaunay, directrice d’études chez Futu­ribles (2).

Dès lors pourquoi décident-ils de rester connectés ? Pourquoi ne font-ils pas valoir leur “droit à la déconnexion”, récemment réaffirmé par la loi El Khomri mais déjà établi de longue date par la jurisprudence. Après tout, comme le rappelle Maître Lu­cien Flament dans Management, “en droit, les congés payés impliquent un repos effectif. Un salarié est donc fondé à refuser les solli­citations professionnelles pendant ses congés. Et si celles-ci lui sont néanmoins imposées, il peut réclamer la restitution des jours de congé entamés. (3)” Lire la suite

Evaluer et prévenir les risques pour réduire l’absentéisme

Absentéisme : « 27 % des arrêts de travail auraient une cause professionnelle. Un score en augmentation de 7 points par rapport à 2016. »

L’absentéisme est en hausse et il a de plus en plus des causes professionnelles. Tels sont les deux principaux ensei­gnements d’un récent baromètre sur les arrêts de travail réalisé par l’institut BVA auprès de 302 DRH et 1497 salariés (1).

Hausse régulière de l’absentéisme

Au cours de l’année 2016, 40 % des sala­riés français ont été arrêtés au moins une fois. En moyenne, les salariés ont eu 14,2 jours d’arrêts. Cela se traduit par un taux d’absentéisme de 3,9 % pour l’année 2016 dans les entreprises de plus de 50 salariés en France. Parmi l’ensemble des arrêts posés, les ar­rêts courts sont majori­taires : l’enquête recense 39 % d’arrêts de 1 à 3 jours, 25 % d’arrêts de 4 jours à 1 semaine. 29 % ont une durée d’une semaine à 3 mois et 7 % sont des arrêts longs d’une durée supé­rieure à 3 mois.

Le tableau ainsi brossé est d’autant plus in­quiétant que, selon l’enquête, une propor­tion conséquente de salariés ne pose pas d’arrêt dans des situations qui, pourtant, le nécessiterait : 31 % se rendent à leur tra­vail et 10 % préfèrent poser un congé (y compris RTT). Une démarche qui va à l’en­contre des idées reçues et qui s’explique, par la volonté de ne pas voir leurs revenus baisser ainsi que par leur charge de travail. Lire la suite

Brown-out : la maladie du travail absurde

Brown-out

Brown-out

À l’instar du burn-out et du bore-out, le brown-out frappe les personnes qui ne trouvent plus de sens à leur travail, notamment parce qu’elles ne peuvent y valoriser leurs compétences et leur talent.

Vous connaissiez déjà le burn-out et le bore-out. Il va maintenant falloir aussi compter avec le brown-out ! Comme le précise un récent article du site Cadremploi, “cette expression anglaise empruntée au do­maine de l’électricité désigne, pour les appareils électriques, une baisse volontaire ou involontaire de l’intensité pour éviter la surchauffe. Pour les êtres humains, elle exprime une baisse de l’en­gagement” (1).

Pas de quoi paniquer toutefois car, comme le souligne la revue Le Cercle Psy, “ces phé­nomènes relèvent un peu de la même constella­tion : le travail dépourvu de sens menant soit à l’épuisement, soit à un sentiment de vacuité ou d’absurdité” (2). Lire la suite

Prévention des risques : les défis spécifiques du recours à la main-d’œuvre étrangère

Migrants au travail“La gestion des pratiques SST en contexte de diversité ethnoculturelle devient un sujet incontournable.”

Une récente étude canadienne souligne que le recours à la main-d’œuvre étrangère entraîne des défis spécifiques dans la prise en compte des mesures de santé et de sécurité au travail. Des enseignements à méditer à l’heure où de plus en plus d’entreprises recourent à des travailleurs d’origines diverses

“Dans les sociétés qui misent sur l’embauche des travailleurs immigrants pour combler leurs besoins de main-d’œuvre, la gestion des pratiques SST en contexte de diversité ethnoculturelle devient un sujet incontournable.”

Fort de ce constat, les experts canadiens de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) ont mené l’enquête auprès d’entreprises de moins de 50 salariés constituée à des degrés divers de travailleurs étrangers. Leur objectif : identifier l’impact de la composition ethnique sur les pratiques de prévention des risques et mettre en exergue les bonnes pratiques qui permettent de remédier aux éventuelles défaillances.

« Une conception de la SST qui est “plus paternaliste que paritaire”.

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Maintien dans l’emploi des seniors : l’effet doublement positif de l’amélioration des conditions de travail

Emploi-des-seniors

Emploi des seniors

Une étude réalisée récemment par des chercheurs universitaires démontre que l’amélioration des conditions de travail a un double effet bénéfique sur le maintien dans l’emploi des seniors.

En effet, non seulement les actions entreprises dans ce domaine permettent aux salariés âgés de “pouvoir” rester actifs. Mais, de façon plus inattendue, elles les incitent aussi fortement à le “vouloir”. Une conclusion qui souligne une nouvelle fois combien l’amélioration des conditions de travail constitue une bonne pratique managériale.

Alors que la perspective du départ à la retraite des nombreux travailleurs issus du baby-boom se rapproche, de nombreuses entreprises engagent des stratégies visant à favoriser le maintien dans l’emploi de leurs salariés âgés. Or, selon la récente étude réalisée auprès d’entreprises bretonnes par Gwénaëlle Poilpot-Rocaboy, professeur à l’Université de Bretagne Sud, Natacha Pijoan, maître de conférences à l’Université Paul Valéry Montpellier 3 et Alain Chevance, chargé de mission à l’Aract de Bretagne, la réussite de ces initiatives repose fortement sur la capacité à améliorer les conditions de travail. Lire la suite