Mieux prévenir les risques pour la santé du travail assis

“Le travail est le vecteur principal des postures sédentaires, devant les loisirs (regarder la télé depuis le canapé…) et les transports (être assis dans le bus ou le train…). ”

On a longtemps cru qu’en favorisant l’essor du travail de bureau et même désormais le télétravail à domicile, la tertiarisation et la numérisation de l’économie auraient un effet positif sur la santé des travailleurs. C’est hélas une illusion, de nombreuses études démontrant que le travail assis peut avoir des conséquences très négatives sur la santé lorsqu’elle qu’elle est maintenue dans le temps. Voilà pourquoi, comme le souligne une récente brochure de l’INRS (ED 6494 téléchargeable sur www.inrs.fr), les employeurs sont tenus de mieux évaluer et prévenir le risque professionnel insidieux représenté par les postures sédentaires.

1) – Comment identifier une posture sédentaire à risque ?

Une posture sédentaire se caractérise par une posture assise ou allongée maintenue dans le temps et associée à une très faible dépense énergétique, inférieure ou égale à 1,5 fois celle du métabolisme de base.

Avant tout, le travail assis

Comme le précise, Kévin Desbrosses, responsable d’études, à l’INRS, “dans le cadre professionnel, il est très majoritairement question de posture assise. En effet, lorsqu’un salarié s’allonge pour réaliser une tâche, celle-ci est la plupart du temps associée à une dépense énergétique élevée comme lors de travaux de réparation automobile.” Toutefois, cette observation ne signifie pas que seuls les métiers du tertiaire soient concernés. En effet, de nombreux métiers autrefois réputés physiques, notamment dans l’industrie, se pratiquent désormais par la médiation d’écrans d’ordinateurs, de tablettes voire de smartphones. Si bien que les postures sédentaires sont de plus en plus courantes dans le domaine professionnel.

Une question de durée

“Les professionnels dont le métier impose majoritairement ces postures sédentaires y sont confrontés, en moyenne, pendant plus de 6 h par jour”, précise Laurent Kerangueven, expert d’assistance-conseil à l’INRS. Le temps passé assis est le second facteur à prendre en compte. Il faut l’évaluer selon deux critères à croiser : la durée cumulée journalière en postures sédentaires mais aussi le caractère ininterrompu des périodes passées de la sorte.

Promotion de l’activité physique : une fausse solution

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9 CONSEILS DE PROS pour tirer le meilleur du télétravail

« 43 % des managers estiment que le télétravail a “complexifié leur posture managériale” en raison de la diminution des échanges informels, des périls pesant sur la cohésion des équipes et de la nécessité de gérer la fragilité des collaborateurs. »

Après deux années de confinement/déconfinement/reconfinement, force est de constater que le télétravail a été plus expérimenté en 24 mois qu’en 20 ans ! C’est donc une opportunité unique pour en tirer des enseignements”, estime la Fédération des Intervenants en Risques Psychosociaux (FIRPS). À l’issue de ce vaste retour d’expérience, ces professionnels publient un livre blanc dans lequel ils mettent en garde les dirigeants d’entreprise et les salariés : le télétravail n’est pas la solution à tous les problèmes car comme toute forme d’organisation du travail, le télétravail présente des avantages, des inconvénients et des risques professionnels spécifiques. Voici une synthèse des conseils qu’ils donnent pour “co-construire un télétravail qui préserve la santé, favorable aux équilibres de vie, à l’épanouissement professionnel et à la performance des organisations”.

 1 – Garantir l’équité des règles d’accès au télétravail

Aujourd’hui encore, le télétravail reste un objet de désir et de fantasmes pour de nombreux salariés. Afin de ne pas susciter de ressentiment chez ceux qui ne peuvent pas en bénéficier, il convient de poser des règles d’accès au télétravail claires, objectives et équitables. “Les facteurs que l’employeur doit prendre en compte sont ceux de l’organisation du travail” expliquent les experts de la FIRPS. Ils précisent avec raison que cette réflexion doit être menée métier par métier et même poste par poste “en envisageant toutes les situations de travail et en prenant en compte le contenu du travail et la variété des tâches concernées”. En effet, “un jardinier par exemple, dont le travail est par essence sur site, peut aussi avoir des tâches administratives rendant le télétravail possible quelque(s) jour(s) par mois”.

2 – Fonder le télétravail sur un volontariat réciproque

La FIRPS souligne la nécessité de considérer le télétravail comme une solution librement choisie par l’employeur et le salarié : le télétravail doit être fondé sur un volontariat réciproque. Les employeurs doivent en effet être conscients que “certains salariés ne disposent pas, à domicile, de conditions leur permettant de télétravailler”, si bien qu’“il est primordial, pour éviter tout risque, que le télétravail soit une possibilité et non une obligation”. Les membres de la FIRPS rapportent que, lors des confinements, ils ont suivi de nombreux salariés en situation de détresse en raison du télétravail forcé.

3 – Se permettre de changer d’avis

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Des travailleurs en quête de sens

Près de quatre travailleurs français sur dix envisageraient de changer d’emploi si cela leur permettait de trouver plus de sens à leur travail.

C’est l’un des enseignements d’une enquête récemment réalisée auprès d’un échantillon de plus de 1000 actifs par Opinion Way pour l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact). Inquiétant dans une période marquée par les difficultés de recrutement, ce résultat doit toutefois être tempéré car, dans le même temps, plus de huit actifs sur dix estiment aujourd’hui que leur travail actuel a du sens. Comme l’explique Richard Abadie, directeur général de l’Anact, “ces données – qui peuvent apparaître au premier abord contradictoires – ne font que souligne l’aspiration largement partagée à pouvoir bien réaliser son travail”.

Utilité, concordance des valeurs et épanouissement professionnel

Mais avec quels critères les salariés jugent-ils que leur travail a ou non du sens ? Les travailleurs interrogés mettent en avant trois dimensions essentielles :

  • le sentiment d’utilité d’un métier, qu’il s’agisse de se sentir utile à la société, à la population, aux clients, ou à l’entreprise ;
  • la concordance entre valeurs personnelles et professionnelles ;
  • la capacité du travail à contribuer au développement de chacun : possibilité de s’exprimer au travail, d’apprendre, de progresser, d’évoluer professionnellement, l’esprit d’équipe constructif, les aspects relationnels…

Pour des démarches de qualité de vie et conditions de travail

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Risques professionnels et conditions de travail – Divergences persistantes entre hommes et femmes

Depuis une dizaine d’années, un nombre croissant d’études portent sur l’influence du genre sur les conditions de travail. La dernière en date, réalisée par l’Insee, démontre sans surprise qu’il existe bel et bien des “métiers d’hommes” et des “métiers de femmes”.

De façon plus surprenante – et plus opérationnelle pour les professionnels de la prévention -, elle révèle aussi qu’au sein d’un même métier, les risques divergent fortement entre les hommes et les femmes.

1 – Des “métiers d’hommes” et des “métiers de femmes”

Les différences de conditions de travail entre hommes et femmes s’expliquent d’abord par la persistance de métiers dans lesquels un sexe ou l’autre sont significativement prédominants. En effet, si les hommes ou les femmes ne sont, individuellement, prédestinés à aucune carrière, un grand nombre de métiers restent toutefois fortement masculins ou féminins.

Ainsi, pour ne prendre que quelques exemples, certains métiers du service sont très féminisés. C’est notamment le cas des agents d’entretien (71 % de femmes), des aides à domicile et des aides ménagères (95 %). De même, les femmes sont surreprésentées parmi les enseignants (66 %), les aides-soignants (90 %) ou encore, dans certains métiers de bureau : 97 % des secrétaires sont des femmes.

À l’inverse, d’autres métiers accueillent une faible proportion de femmes. Sans surprise, c’est le cas des ouvriers de la construction et de l’agriculture qui ne comptent que 8 % de femmes, des ouvriers de l’industrie et du tertiaire (23 %), ainsi que de certaines professions de bureau comme les ingénieurs de l’informatique (18 %) ou encore les ingénieurs et cadres techniques de l’industrie (26 %). Il existe aussi des métiers mixtes, dans lesquels hommes et femmes sont représentés à parité, comme les cadres des services administratifs, comptables et financiers (53 %de femmes) ou les cadres de la fonction publique de catégorie A (50 %) mais, ils ne représentent que 21 % des emplois.


“Les hommes sont davantage présents dans les métiers les plus soumis à la pénibilité physique, tandis que les femmes sont plus exposées aux risques psychosociaux.”

À chaque métier ses risques professionnels

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Exposition aux rayonnements ionisants : une tendance à la stabilité

Le domaine des activités médicales et vétérinaires restant majoritaire, suivi de l’industrie nucléaire. Les travailleurs de ce dernier secteur et les personnels navigants exposés à la radioactivité naturelle (rayonnement cosmique) présentent les valeurs de dose moyenne les plus élevées (jusqu’à 1,2 mSv en moyenne, dans le secteur du nucléaire).

Après une tendance à l’augmentation, entre 2015 et 2019, le bilan 2020 de la surveillance des expositions professionnelles aux rayonnements ionisants pour l’effectif suivi (près de 390 000 travailleurs) et celui de la dose individuelle moyenne affichent une diminution.

Si la baisse de cette dernière est essentiellement due à la crise sanitaire, pendant laquelle certaines activités ont été reportées voire annulées, la part de l’effectif exposé est relativement stable depuis 2018. Cet effectif comprend principalement des travailleurs des activités civiles et des installations et activités intéressant la Défense, dans le secteur public ou privé. Il concerne aussi des travailleurs exposés à la radioactivité naturelle. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) constate que la répartition des effectifs entre les domaines d’activité est globalement stable par rapport aux années précédentes, le domaine des activités médicales et vétérinaires restant majoritaire, suivi de l’industrie nucléaire. Les travailleurs de ce dernier secteur et les personnels navigants exposés à la radioactivité naturelle (rayonnement cosmique) présentent les valeurs de dose moyenne les plus élevées (jusqu’à 1,2 mSv en moyenne, dans le secteur du nucléaire).
Rappelons qu’une surveillance de l’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants est mise en œuvre dès lors que ceux-ci sont susceptibles d’être exposés au-dessus d’un certain seuil de rayonnements ionisants d’origine naturelle ou artificielle (articles R.4451-1 et suivants du Code du travail). Préalablement à l’affectation au poste de travail, l’employeur doit évaluer l’exposition individuelle des travailleurs (article R.4451-52).

Pour en savoir plus : https://expro.irsn.fr

Retrouvez cet article dans le numéro 440 de la revue d’information et d’analyse PREVENSCOPE : «La Prévention des Risques en Entreprise »



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