L’inquiétant surmenage des blouses blanches

“L’anxiété affecte 66 % des sondés, la dépression 28 %, les idées suicidaires 24 % dont 6 % dans le mois précédant l’enquête”.

À l’initiative de l’Intersyndicat national des internes (ISNI), plusieurs syndicats repré­sentant les jeunes et futurs médecins ont réalisé une enquête auprès de 21 768 étu­diants, internes et des chefs de clinique. Or, comme le relève, dans le quotidien La Croix (04/07/17), la neurochirurgienne hospita­lière Anne-Laure Boch, les résultats sont in­quiétants. “L’anxiété affecte 66 % des sondés, la dépression 28 %, les idées suicidaires 24 % dont 6 % dans le mois précédant l’enquête”.

Comme expliquer ce profond malaise ? “Il y a certainement des causes essentielles, qui tiennent au contact quotidien avec des per­sonnes en détresse physique, morale ou sociale. Malgré les immenses gratifications apportées par l’exercice de la médecine, la fréquentation de la souffrance peut induire chez les soignants une douleur morale”, admet cette praticienne hospitalière.

Toutefois d’autres facteurs, comme la dégra­dation des conditions d’exercice de la méde­cine jouent certainement aussi. Un exemple : “Parmi les facteurs possibles, l’enquête pointe en particulier la surcharge horaire, responsable de fatigue, voire d’épuisement. 46 % des internes et chefs de clinique ne peuvent pas respecter le repos de sécurité après leurs gardes. Plus de 40 % d’entre eux déclarent travailler entre 49 et 60 heures par semaine, 28 % entre 61 et 80 heures et 5 % plus de 80 heures.” Ces données démontrent que, pour évaluer les risques professionnels, il ne faut jamais s’en tenir à la consultation des fiches de poste mais examiner le travail réel des acteurs de l’organisation.

Pour aller plus loin : Enquête Santé mentale Jeunes médecins, consultable sur le site internet de l’ISNI : www.isni.fr

Evaluer et prévenir les risques pour réduire l’absentéisme

Absentéisme : « 27 % des arrêts de travail auraient une cause professionnelle. Un score en augmentation de 7 points par rapport à 2016. »

L’absentéisme est en hausse et il a de plus en plus des causes professionnelles. Tels sont les deux principaux ensei­gnements d’un récent baromètre sur les arrêts de travail réalisé par l’institut BVA auprès de 302 DRH et 1497 salariés (1).

Hausse régulière de l’absentéisme

Au cours de l’année 2016, 40 % des sala­riés français ont été arrêtés au moins une fois. En moyenne, les salariés ont eu 14,2 jours d’arrêts. Cela se traduit par un taux d’absentéisme de 3,9 % pour l’année 2016 dans les entreprises de plus de 50 salariés en France. Parmi l’ensemble des arrêts posés, les ar­rêts courts sont majori­taires : l’enquête recense 39 % d’arrêts de 1 à 3 jours, 25 % d’arrêts de 4 jours à 1 semaine. 29 % ont une durée d’une semaine à 3 mois et 7 % sont des arrêts longs d’une durée supé­rieure à 3 mois.

Le tableau ainsi brossé est d’autant plus in­quiétant que, selon l’enquête, une propor­tion conséquente de salariés ne pose pas d’arrêt dans des situations qui, pourtant, le nécessiterait : 31 % se rendent à leur tra­vail et 10 % préfèrent poser un congé (y compris RTT). Une démarche qui va à l’en­contre des idées reçues et qui s’explique, par la volonté de ne pas voir leurs revenus baisser ainsi que par leur charge de travail. Lire la suite

Comment mieux accompagner les salariés malades du cancer ?

Cancer et travailEn France, chaque jour, 1000 personnes ap­prennent qu’elles ont un cancer et parmi elles, 400 travaillent.

Une enquête réalisée par l’Institut OpinonWay pour les entreprises du réseau Cancer@Work permet de mieux cer­ner la façon dont la maladie est perçue dans l’entreprise.

Un fort impact sur la vie professionnelle

Premier constat : le cancer est une réalité à laquelle de nombreuses entreprises sont déjà confrontées. En effet, “41 % des actifs déclarent connaître au moins un salarié touché par le can­cer (58 % dans les grands groupes). Près du quart d’entre eux a connu un cas de cancer dans son équipe (23 %)”. Le baromètre souligne com­bien la maladie a un fort impact sur la vie pro­fessionnelle des personnes atteintes et sur le fonctionnement de l’entreprise. 28 % des actifs ayant eu un cancer “estiment ne pas avoir re­trouvé leur place à l’issue de sa maladie” tandis que, dans 53 % des cas, “la personne malade n’a pas été remplacée et la charge de travail a été répartie sur l’équipe”. Lire la suite

La modernisation des Services de Santé au Travail en 7 points

Services de Santé au Travail

Services de Santé au Travail

La loi du 8 août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels a modifié le cadre juridique des Services de Santé au Travail Interentreprises (SSTI) est entrée en vigueur le 1er janvier dernier. Voici ce qu’elle implique pour les employeurs et les salariés.

  1. Le médecin du travail demeure au centre du dispositif avec un rôle renforcé

Il sera accessible à tout moment à la demande du salarié ou de l’employeur. Il disposera par ailleurs d’une liberté de décision accrue afin d’adapter le suivi individuel de l’état de santé des salariés à leurs besoins. Il peut lui-même organiser une visite médicale pour tout travailleur le nécessitant.

  1. Tous les salariés sont pris en charge dès l’embauche

La visite médicale d’embauche avec avis d’aptitude est destinée aux personnes dont la situation personnelle ou le poste présente des risques particuliers. Elle a lieu avant l’affectation au poste. Dans les autres cas une visite d’information et de prévention peut être réalisée par le médecin du travail, le collaborateur médecin, l’interne en médecine du travail ou l’infirmier. Ces différents professionnels de la santé, qui, à la fin de la visite, délivreront une attestation, interviendront sous l’autorité du médecin du travail. Cette visite devra être réalisée dans un délai qui n’excède pas trois mois à compter de la prise effective du poste de travail. Au moindre doute, le médecin du travail prendra la main. Lire la suite

La réforme de la médecine du travail est entrée en vigueur le 1er janvier 2017

Réforme de la médecine du travail / janvier 2017

La loi du 8 août 2016 et son décret d’application du 27 décembre 2016, modifient les modalités de suivi de l’état de santé des salariés.

A compter du 1er janvier 2017, tout travailleur bénéficie, dès l’embauche, d’un suivi individuel de son état de santé :

Lorsque le travailleur est affecté à un poste présentant des risques particuliers (liste définie par le décret du 27/12/2016), il bénéficie d’un suivi individuel renforcé. Ce suivi renforcé donne lieu à la délivrance d’un avis d’aptitude. Il comprend notamment un «examen médical d’aptitude à l’embauche ».

Dans les autres cas, il bénéficie dorénavant d’une visite d’information et de prévention réalisée par un « professionnel de santé ». La visite d’information et de prévention donne lieu à la délivrance d’une attestation de suivi.

Une « visite d’information et de prévention initiale » est prévue à l’embauche du travailleur, elle doit être organisée dans un délai qui n’excède pas trois mois à compter de la prise effective du poste de travail, elle aura notamment pour objet :

  • D’interroger le salarié sur son état de santé ;
  • De l’informer sur les risques éventuels auxquels l’expose son poste de travail ;
  • De le sensibiliser sur les moyens de prévention à mettre en œuvre ;
  • De s’assurer qu’il n’est pas atteint d’une affection dangereuse pour les autres travailleurs ;
  • D’identifier si son état de santé ou les risques auxquels il est exposé nécessitent une orientation vers le médecin du travail ;
  • De l’informer sur les modalités de suivi de son état de santé par le service et sur la possibilité dont il dispose, à tout moment, de bénéficier d’une visite à sa demande avec le médecin du travail.

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